15/02/2005

Equilibre ?

Mines quelque peu figées après des semaines de négociations, les interlocuteurs sociaux semblent s’être donné le mot pour juger « équilibré » le pré-accord tombé dans la nuit du 18 janvier. Doux euphémisme quand on met dans la balance les avantages que recevront les uns et les autres ; quand on met dans la balance les concessions faites par les uns et par les autres...

Deux points forts sont à  retenir de ce pré-accord :

 

 1° Une indéniable avancée pour le principe de flexibilité des travailleurs : les possibilités d’avoir recours aux heures supplémentaires sont doublées, passant de 65 à 130 heures. La FEB se réjouit de cette « amélioration » qui va favoriser la flexibilité. Elle a doublement raison car c’est un pas vers l’allongement de la durée du temps de travail (un recul indéniable pour les travailleurs) et surtout l’essentiel de cette mesure va être payée par l’Etat qui accordent aux employeurs des mesures d’allègements fiscaux. Naguère, les syndicats considéraient que les heures supplémentaires nuisaient à l’emploi : la concession n’en est que plus douloureuse. Quant aux 200.000 emplois promis par le gouvernement, cela reste du vent !

 

2° Un blocage des salaires en perspective : la norme salariale est ramenée à 4,5 % (elle était à 5,9 % en 1999-2000 ; 7 % en 2001-2002 ; 5,4 % en 2003-2004). Compte tenu de la hausse de l’index estimée à 3,3 %, cela laisse une marge d’à peine 1,2 % pour des hausses de salaires. Dérisoire ! Seuls les bas salaires seront sensiblement valorisés, mais une fois de plus... grâce à l’intervention de l’Etat.

 

Au total, cet accord coûtera quelque 252 millions € à l’Etat. Compte tenu des défiscalisations octroyées aux entreprises, ce sont essentiellement les petits et moyens contribuables (c’est-à-dire les travailleurs) qui le financeront. Cette mesure ne sera pas sans effet sur d’autres choix politiques, on pense au financement de la sécurité sociale, par exemple, qui lèseront exclusivement... les travailleurs.

 

Au fait, le Pacte de stabilité « imposé » par l’Europe bloque toute dépense pour des politiques sociales et publiques mais manifestement pas pour des cadeaux au patronat.

Ce résultat n’est pas né du hasard. Il répond logiquement à la stratégie de la droite libérale et du patronat vise à soulager les entreprises de toute contrainte qui risque de mettre en « péril »

la sacro-sainte compétitivité. Une stratégie qui sera scellée à jamais si d’aventure le projet de constitution ultra-libérale européenne est adopté.

Et que l’on cesse de nous bassiner en prétendant que c’est « pour sauver l’emploi ». La belle affaire ! Au moment même où le pré-accord entre partenaires sociaux se conclut, après la menace des astreintes, le piquet de grève d’AGC à Fleurus est démantelé manu-militari.

« Equilibre », disiez-vous ? Dans ce cas-ci aussi, la balance de la justice de classe a furieusement tendance à pencher favorablement du côté des liquidateurs d’emplois, des délocaliseurs, des forces de l’ordre.

 

Parti Communiste -19 janvier 2005

 

12:11 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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