15/03/2005

L’Europe « bushée »… à l’émeri ?

L’Europe « bushée »… à l’émeri ?

 

Rarement un chef d’Etat américain aura autant étalé sa suffisance envers ses interlocuteurs européens, allant même traiter l’un d’entre eux - Chirac, en l’occurrence -, de "cow-boy".

 

Sur le plan politique, on cherche en vain ce qui permet à certains de ces édiles européens d’affirmer que la politique de Bush a changé. Les quelques sourires compassés du va-t-en-guerre texan à l’égard de ses hôtes ne contredisent même pas sa détermination à poursuivre sa politique impérialiste au mépris de la légalité internationale. Il menace la Syrie et l’Iran, il s’assied sur le protocole de Kyoto, il poursuit une politique de production d’armes de destruction massive, il donne des leçons de démocratie à qui veut l’entendre,… : hégémonie US dans toute sa dangereuse arrogance !

 

La pression populaire ne peut se relâcher pour que la volonté affichée par certains dirigeants européens d’être les partenaires incontournables des USA ne puisse se muer en  allégeance vis-à-vis de la super-puissance.

 

Un signe tangible d'indépendance eût été, notamment, que l’on condamne outre les pertes humaines, le coût financier de la guerre en Irak (nouvelle rallonge de 80 milliards de dollars), le budget de la défense US ( 400 milliards de dollars, soit 3 fois les budgets de la défense cumulés des 25 membres de l’Union européenne), le déficit des finances publiques américaines (près de 430 milliards en 2005), la politique d’austérité qui s’en suit. Voilà un « partenaire » dont on aurait tout lieu de se méfier, compte tenu du discours dominant en Europe. Mais c’est tellement plus « mode » de parler de lutte contre le terrorisme que de prendre énergiquement des mesures contre les inégalités sociales, pour l’Afrique qui crève de faim, pour sauver la planète qui se meurt,… C’est tellement

 

plus « mode » de stigmatiser certains pays pauvres que de prendre des mesures contre la dette du Tiers Monde, de préserver les peuples des catastrophes naturelles (cf. la prévention des tsunami), de travailler à un désarmement généralisé,…

 

Le discours européen se distingue si peu de celui des néo-conservateurs américains : promouvoir la croissance économique et la compétitivité, tel est le leitmotiv de la Commission et des gouvernements européens. C’est ce que ses partisans entendent sceller une bonne fois pour toute avec le projet de constitution européenne. A la grande satisfaction de l’administration américaine.

 

Une très bonne raison de dire non, mille fois non, à ce projet !


10:36 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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