20/04/2005

Intervention de Madame EL BOUREZGUI Malika

Intervention de
Madame EL BOUREZGUI Malika

 

(lettre adressée à Monsieur le Bourgmestre Jacques VAN GOMPEL), concernant la PREVENTION DE L'USAGE DE DROGUES ET DE SES EFFETS NOCIFS)

 

Comme partout ailleurs, notre ville n'échappe pas à la problématique de la toxicomanie et de ses dommages au niveau social, de la santé et de la sécurité.


 

Comme le constate les Fédérations bruxelloise francophone et wallonne des Institutions pour Toxicomanes (FEDITO) qui fédère des institutions actives dans la prévention, la réduction des risques et les soins relatifs aux assuétudes, la place qu' occupent les drogues dans notre société a de quoi faire réfléchir.  

 

En l'espace d'une génération, nous avons assisté à l'expansion "stupéfiante"  du marché des produits psychotropes en termes de consommation et de produits disponibles.  L'utilisation de drogues illégales s'est banalisée auprès de larges tranches de la population, s'ajoutant à la liste de drogues légales déjà disponibles dans le commerce. Il ne faut pas se voiler la face , les assuétudes concernent des pans entiers de la population et les personnes fréquentant les institutions spécialisées ne représentent que la pointe d'un grand iceberg.   Qu'on le veuille ou non, le cannabis, par exemple, est entré dans notre culture.

 

Il faut savoir que la consommation régulière ou abusive de cannabis est une des principales causes de décrochage scolaire et qu'à la prison de Lantin, près de 90 % des détenus sont consommateurs réguliers de drogues.  Aussi derrière chaque toxicomane, il y a un exploiteur de naïveté et de détresse humaine.

 

 Dans ce contexte, nous ne pouvons que saluer et soutenir les structures mises en place pour fournir assistance aux usagers problématiques de drogues et lutter contre la toxicomanie et ses dommages sur la vie urbaine que ce soit par la Ville via la division  "Prévention Drogue "  mise en place dans le cadre du Contrat de Prévention et de Sécurité dont l'un des objectifs porte sur la réduction des risques ou par des associations telles que l'asbl Transition - Diapason et Trempoline, entre autres.

 

Cependant,  il est évident que des moyens supplémentaires sont nécessaires pour renforcer, consolider ces structures, développer des synergies et faire face à des besoins croissants en matière de prévention, d'assistance et d'accompagnement pour la réinsertion sociale et professionnelle. Les travailleurs oeuvrant dans ces contexte particulier, devraient bénéficier de contrats à durée indéterminée permettant l' établissement de projets dans le long terme en vue d'une prévention de qualité.

 

L'asbl Transition, qui est un centre de sevrage et de crise subventionné en grande partie par l'INAMI, ne dispose que de 8 lits et il y a une liste d'attente de 6 mois. Trempoline ne dispose que d'une quarantaine de lits en post-cure, c'est-à-dire après sevrage complet.

Des lacunes sont également ressenties, comme par exemple, l'absence de centre de jour occupationnel pour les toxicomanes en traitement, un service de sevrage ambulatoire ainsi que des appartements supervisés comme cela existe à Bruxelles pour favoriser la réinsertion sociale.

 

Quant à la prévention, elle reste insuffisante alors qu'elle devrait être une priorité de santé publique.  Je suis de ceux et de celles qui pensent que plus on parlera publiquement de l'usage problématique des drogues, plus les consommateurs se remettront en question.

 

La consommation de drogue ne doit pas être banalisée car il existe un risque réel pour la santé. Il faut expliquer, informer des conséquences et des dangers que cela peut impliquer.

 

Ne pourrait-on pas se donner les moyens d'impulser une véritable campagne de prévention, de sensibilisation et d'information objective et claire qui soit visible dans l'espace publique, mener de façon systématique des projets d'information pédagogique sans dramatisation dans les écoles aussi bien à l'attention des élèves que des adultes ?

 

Les administrations, le CPAS, les écoles, les maisons de jeunes, les bibliothèques, le Palais de justice, etc ... pourraient être des espaces propices pour diffuser cette campagne d'information par des affiches, des brochures et autres.

 

D'autre part, en amont, une synergie devrait être développée avec les différents secteurs d'interventions psycho-sociales existant dont les acteurs sont amenés à rencontrer les familles et leurs enfants dans les différents moments de leur vie et qui pourraient observer, entendre ou dépister les situations à risque.

 

Au centre ville, le long de la Sambre, on peut constater au sol, la présence de nombreuses seringues utilisées pour l'injection de drogues, seringues que les éducateurs de rue n'ont de cesse de ramasser.  A ce sujet, la FEDITO préconise, dans le cadre de la politique de réduction des risques, le développement d'initiatives telles la création de salles d'injection et des campagnes de vaccination contre l'hépatite B, ciblant le groupe à risque que constituent les usagers de drogues par voie intraveineuse.

 

Quant aux agents de police qui sont appelés à gérer des situations de consommation problématique sur le terrain et à rencontrer des familles en détresse, sont-il bien formés à ce type d'intervention et informés des structures existant pour pouvoir les relayer ?

 

Malika, membre du Parti Communiste, élue sur la liste ECOLO

 


14:06 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.