18/05/2005

Les bas salaires aux enchères

   Les bas salaires aux enchères

En Allemagne, un site baptisé « jobdumping.de » met en compétition salariale des chômeurs à la recherche d’un emploi.. Voilà qui est présenté dans certains journaux d’outre-Rhin comme le sommet de l’innovation sociale. C’est assurément vrai en matière de dérégulation. De quoi s’agit-il ? Un employeur propose un travail en fixant une rémunération pour le boulot à effectuer. Un seuil à partir duquel les enchères peuvent alors s’engager sur Internet. Les chômeurs cliquent alors en proposant une rémunération moins élevée. Jusqu’à ce que tombe le marteau virtuel du commissaire-priseur.

Le patron du site, Fabian Löw, poursuit des études en …sciences sociales. Depuis un bout de temps puisqu’il affiche 31 ans au compteur. Mais il a parfaitement intégré les dogmes du moins d’Etat et de réglementation chère aux néolibéraux et au gouvernement allemand. Il suffit de l’entendre : « c’est par la baisse des salaires et des charges sociales que l’on parviendra à augmenter le nombre d’emplois. Il est important de faire confiance à la sagesse et sur l’initiative des citoyens plutôt que de continuer à réglementer et à bureaucratiser. »

 

Plus de 13 000 personnes auraient déjà participé à ce moderne marché aux esclaves. Essentiellement jusqu’ici pour décrocher de petits boulots. Mais sur la page d’entrée du site, l’essentiel des secteurs d’activités sont présents.

 

Les syndicats ont dénoncé une « fuite en avant dans le darwinisme social ». Petit problème : le salaire minimum garanti n’existe pas en Allemagne. Les négociations salariales dépendent des rapports entre patronats et syndicats. Avec l’accélération des réglementations engagées par le gouvernement SPD-vert, les accords de branche sont de plus en plus souvent contournés, avec à la clé, des revenus de moins en moins décents pour des millions de travailleurs. C’est Schröder lui-même qui encourage le dumping salarial avec sa récente réforme du marché du travail. Par exemple en obligeant les chômeurs à accepter n’importe quel emploi à n’importe quel prix. Le nec plus ultra ? Des jobs à un euro de l’heure pour des travaux d’utilité publique. Cet euro vient en sus des indemnisations de chômage. Ramenée, depuis la réforme à 350 euros par mois.

Maurice Magis - Extrait du Journal du Mardi.

13:44 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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