12/10/2005

ILS L'ONT DIT !

ILS L'ONT DIT :

" La gauche doit se remettre en cause "

(Bernard Wesphaël, député wallon ECOLO)

 

  " Cette formidable victoire du 'non', c'est un signal politique très clair adressé à l'ensemble de la gauche européenne, socialiste comme écologiste. Le peuple français, surtout l'électorat de la gauche, s'est exprimé clairement, non pas contre l'Europe, mais contre l'Europe libérale qu'on nous propose. La gauche européenne doit tenir compte de ce signal, qui aura des répercussions bien au-delà de la France. La gauche doit réagir vite, sans attendre bien sûr le fin du processus de ratification par les autres pays ".

" Ce qui vient de se passer en France est l'aboutissement d'une trahison de la gauche , qui a accepté sciemment les traités européens successifs, tous d'inspiration clairement libérale. La goutte d'eau qui fait déborder le vase, ce fut ce projet de Constitution. Le message adressé aux dirigeants de la gauche est limpide  : arrêtez de nous mentir ! Après le traité de Maastricht, la gauche avait promis un traité social. Il n'est jamais venu. Cette fois,

 

cela suffit, il est temps de renouer avec des objectifs ambitieux, plutôt que d'être à la traîne des forces de la droite "…

 

" La gauche doit enfin admettre qu'elle est en décalage profond par rapport à son électorat. Il est absolument indispensable qu'elle se remette en cause. Si elle ne le fait pas, je crains le pire. Et la tentation, chez certains, d'un vote poujadiste lors des prochaines élections. Socialistes et Ecologistes ont un devoir historique de réconciliation avec le peuple de gauche . car il est évident que la victoire du 'non' est avant tout, non pas une victoire des poujadistes, mais la victoire des peuples de gauche, socialiste, écologiste et communiste "…

" La direction de Verts français appelait au 'oui'. En Belgique, Ecolo campait sur la même position. Or, il apparaît que près de 68% des électeurs verts ont voté contre la constitution ! On ne va tout de même pas prétendre que l'électorat vert est poujadiste ! Si les  écologistes ne comprennent pas qu'il faut repenser la question du lien social avec les gens de plus en plus précarisés et angoissés, nous allons droit dans le mur "…

" Que les responsables socialistes et écologistes ouvrent enfin les yeux. L'Europe qu'on nous propose n'est pas la nôtre. Ce n'est pas celle pour laquelle nous nous sommes toujours battus. C'est une Europe essentiellement orientée vers le marché , sans instances de régulation suffisantes. C'est une Europe au sein de laquelle l'économie sauvage a toute sa place. Et qui est en train d'organiser la disparition par étapes de notre modèle social.

Or, ce modèle, c'est la pierre angulaire du projet  européen . Pour sauver l'Europe , comme je l'explique dans mon livre, il faut d'abord sauvegarder et renforcer ce modèle. Ce n'est hélas pas dans cette voie que nous nous dirigeons " …

" Je ne peux admettre qu'on dise que le rejet français de la Constitution, c'est la rejet du gouvernement Raffarin, point à la ligne. Bien sûr, l'impopularité de Jacques Chirac et de son gouvernement a joué. Mais il n'y a pas que cela, très loin de là. Et on passerait à côté de l'essentiel en prétendant que les Français n'ont pas répondu à la question posée, sur la Constitution, mais ont seulement voulu sanctionner la droite au pouvoir".

" J'ai participé à plusieurs meetings en faveur du 'non'. A Lille, par exemple, je puis vous assurer qu'on ne parlait que du fond du projet de Constitution, on en décortiquait le contenu, article par article. C'était un grand exercice de démocratie. Ce qui dominait, ce n'était absolument pas un règlement de compte anti-Chirac.

Qu'est ce qui était cloué au pilori ?

 La politique libérale de l'Europe ! Chirac était critiqué dans la mesure où il soutient cette Europe-là. Mais il n'y avait aucune ambiguïté : l'objectif ce n'était pas de faire tomber Chirac.

C'était de dire 'non' à la politique libérale européenne. Le patron du PS, François Hollande, trompe son monde en réduisant le succès du 'non' à une fronde anti-Chirac. Ce succès apparaît aussi comme une gifle pour cette gauche qui a perdu le peuple. Si la gauche réformiste ne capte pas vite ce message, les dégâts seront énormes.

C'est un appel que je lance à Elio Di Rupo, et aux responsables de mon propre parti : soyez enfin plus ambitieux, cessez de dériver vers cette gauche libérale dans laquelle ne se reconnaît pas l'électorat progressiste ".

 

JDM 31/05/2005

14:06 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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