12/10/2005

Le poker menteur de Giscard

Le poker menteur de Giscard

 

Ruse et hypocrisie. Telles semblent être les deux qualités principales de Valery Giscard d'Estaing quand il reprend le rôle de père du traité constitutionnel.  Ainsi a-t-on appris récemment que l'ex-président de la Convention chargée d'élaborer le texte à fortement suggéré à Chirac de ne pas envoyer le document complet aux électeurs avant le référendum. " Il suffit de leur envoyer les 15 premières pages ( la partie proprement constituante) et la charte des droits fondamentaux qui représente 5 pages faciles à lire" a-t-il confié au Monde. Et la troisième partie, les "politiques de l'Union", qui sacralise les orientations économiques de l'actuel processus européen, les protocoles annexes? On  aurait pu "indiquer qu'ils seront tenus à la disposition des électeurs dans les mairies".

En clair, il faillait donc cacher la partie du texte qui donne dans toute sa brutalité le mode d'emploi du libéralisme.

 

Pour rappel, Giscard aime le poker menteur. Les membres de la Convention, eux-mêmes, n'ont pas pu débattre de la partie III, qui ne fut d'ailleurs pas plus discutée au sommet européen de Thessalonique en juin 2003 où fut approuvée une première mouture du document. Ce tour de passe-passe a été dénoncé à l'époque par l'eurodéputé communiste français Francis Wurtz. Giscard avait répondu en invoquant des problèmes de traduction. Et estimé qu'après tout, la troisième partie ne faisait que reprendre des politiques déjà connues…

 

Pourquoi ces aveux? L'ancien président de la République estime, comme l'ont fait les participants au sommet européen, qu'il faut donner du temps au temps. Quitte à retirer formellement la partie III de l'ensemble constitutionnel tout en l'appliquant au titre des traités existants. Et à faire entériner l'essentiel du texte en l'assortissant d'une vague déclaration d'intention sociale et démocratique . Giscard a d'ailleurs bissé son couplet au micro de France Inter. Il a appelé à réfléchir "comment on peu effectivement adopter la partie constituante du traité"

Difficile d'imaginer que les opinions européennes se contenteront désormais de modifications à la marge, d'un texte gentiment relooké quand la question de la refondation sociale est posée.

Maurice Magis

12:28 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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