23/11/2005

France : La crise des banlieues

France : La crise des banlieues

Né de parents africains dans une cité de l'Est parisien, il a une trentaine d'années et raconte sa montée en puissance dans les coulisses du "business" : "Mon père, qui était éboueur, est

mort d'une crise cardiaque lorsque j'avais 9 ans. Ma mère, qui parlait à peine le français, s'est retrouvée seule avec les allocations et ses sept enfants, obligée de faire la queue aux Restos du cœur. Dans le quartier, les grands ont commencé à se servir de mes frères pour leur business. Moi, je voyais les Manouches rouler des mécaniques à bord de voitures neuves. A 14 ans, j'ai commencé à voler dans les supermarchés. Je volais des CD et des bouteilles de whisky que je revendais aux grands. A 15 ans, j'ai pris la famille en charge. J'achetais le pain, soit huit baguettes par jour, et tout le reste. A 16 an , j'ai lâché l'école et je n'ai plus pensé qu'au business. Les premiers sous que tu as, tu t'en sers pour payer les factures de la maison. Tu les dépenses aussi. Après, tu apprends, tu gardes un fonds de roulement. Plus tard, au lieu de manger des sandwiches, tu vas au resto. Si tu as mal aux dents, tu vas chez le dentiste. Là, tu te sens vraiment dans le société. On te dit bonjour quand tu entres dans un magasin, au lieu de te faire comprendre que tu n'as rien à y faire. Si tu en doutais encore, tu acquiers le certitude que le respect passe par l'argent, surtout quand tu es black ou rebeu (arabe en verlan). L'argent, ça change la vie. Ça te permet d'être mieux, psychologiquement bien".

 Extrait du JDM

11:47 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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