23/11/2005

Le coût de l'entrée de la Turquie

Le coût de l'entrée de la Turquie 

On n'a guère, semble-t-il, évalué le coût financier de l'entrée de la Turquie dans l'Union. Une étude allemande réalisée en 2004 rappelait que, comme tous les pays pauvres (son niveau de vie actuel ne représentait que le quart de la moyenne européenne), ce pays aura vocation à bénéficier des crédits de cohésion destinés à assurer la solidarité entre les Etats membres. Ces aides étaient plafonnées à 4% du produit national brut de l'Etat, soit ici 5 à 6 milliards d'euros. La Turquie serait alors la première bénéficiaire des crédits. En matière de politique agricole commune, elle viendrait en seconde position derrière la France, si du moins le PAC n'est pas drastiquement rabotée comme l'exigent certains pays tels la Grande-Bretagne.

 

Avec d'autres crédits, on arriverait à une somme de 12 à 13 milliards d'euros, faisant d'Ankara le premier ayant droit des subsides européens.

 

Un document confidentiel de la Commission européenne chiffre le coût net de l'adhésion quelque part entre 16,5 et 27,9 milliards par an en 2025. mais personne ne peut dire aujourd'hui où en sera économiquement la Turquie en 2015 ou en 2020. ni ce que seront les politiques communes dans cet avenir incertain. D'autant qu'aujourd'hui aucun accord budgétaire n'a pu être signé par les 25 sur le budget commun couvrant les années 2007 et 2013.

 

La Suède, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne veulent une révision à la baisse de leur participation au pot commun. L'Allemagne estime qu'elle paie trop. L'Espagne ne veut pas voir diminuer ses crédits. L'accord sur la Turquie stipule donc que son entrée dans l'UE présentant de fortes conséquences financières, les négociations ne pourront être conclues avant la définition d'un budget "pour la période débutant en 2014".

Maurice Magis

Membre du Bureau politique du PC

11:45 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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