14/12/2005

La Belgique hermétique aux émeutes ?

La Belgique hermétique aux émeutes ?

 

Confrontés aux événements dans les banlieues françaises, nous ne pouvons que dresser le bilan de l’indigence du monde politique face aux aspirations de la jeunesse. De son incapacité aussi à mettre en place un programme innovant et ambitieux pour redonner à tous des perspectives d’avenir plus motivantes : accès à un emploi, à un logement, à un enseignement, à des conditions de vie DECENTS.  Au droit constitutionnel de pouvoir mener une existence digne.

Le désinvestissement – sous des prétextes budgétaires « dans l’air du temps » – dans l’éducation, l’instruction, la recherche et le développement, les services publics, etc. se paie aujourd’hui comptant.  Et ce ne sont pas ceux, bien à l’abri dans des maroquins ministériels dorés, ayant détricoté le tissu social à qui est présenté l’addition …

La violence n’est pas une réponse valable.  On ne peut admettre la destruction des biens d’autrui (les voitures incendiées sont pour la plupart des voitures de travailleurs !), ni celle de biens collectifs comme les classes, les crèches ou les salles de sport.  Mais comment ne pas comprendre le désarroi et le désespoir d’une génération sacrifiée sur l’autel du profit à tout prix et de la gestion à courte vue ?  Sans les justifier, comment ne pas s’expliquer les réactions violentes aux propos incendiaires et gratuitement provocateurs d’un Sarkozy qui confond nombrilisme et intérêt collectif ?

Condamnons également le peu de créativité et la vision basse de concepteurs de cités qui ont créé des ghettos là où il eût fallu favoriser le lien social, la compréhension mutuelle et les échanges multiculturels !

Méfions-nous des déclarations d’autosatisfaction de nos ministres, bourgmestres et autres échevins qui considèrent qu’en Belgique le problème a été mieux géré et que, par conséquent, les risques d’embrasement à la française sont improbables.

Nous ne partageons pas cet optimisme.  Certes, il faut souligner l’important travail des services publics d’intégration, celui des éducateurs,... Mais force est de constater que ces personnes sont toujours à la merci de restrictions budgétaires et exercent leur difficile métier dans des statuts professionnels précaires et mal rémunérés. Cela n’empêche pas qu’il y ait toujours chez nous aussi des frustrations, des vexations accumulées qui agissent comme autant de bombes à retardement.  Ignorer cette réalité, attendre sans rien faire en profondeur, c’est prendre le risque inconsidéré d’une explosion d’autant plus importante que le temps passera.

C’est cela la responsabilité politique : anticiper les problèmes, analyser la situation avec les gens de terrain, agir avec tact et réalisme, poser les jalons d’un mieux-vivre sur le long terme …  Il est encore temps de réagir !

11:45 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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