22/12/2005

Conseil communal de Charleroi du 24 novembre 2005

Conseil communal de Charleroi du 24 novembre 2005

 

Interpellation développée par Jacques Coupez, conseiller communal ECOLO, secrétaire de la Fédération de Charleroi du Parti communiste portant sur les sites contaminés et/ou dangereux sur le territoire de la ville.

En vous parlant d’anciens sites industriels ou de décharges jugées  à risques pour l’environnement et la santé, vous imaginez bien qu’il s’agit d’une  suite  à l’émission de la RTBF présentée il y a une quinzaine de jour. Telle que présentée, l’émission laissait sous-entendre une rétention d’informations de la part des autorités wallonnes car si dans les villes et communes, les quartiers, chacun , du moins je l’espère, connaissait l’existence  de ces sites, il n’en n’est pas moins vrai que la plupart ignorent de degré de toxicité.

 

C’est ainsi, qu’à la faveur de la publication d'une des sites certes connus pour leur pollution figurent dans le haut du classement.

Celui de la goudronnerie Robert à Ransart. Celle-ci a été en activité de 1906 à 1970.  Diverses substances y étaient produites : goudron, naphtaline, huile de débenzolage, créosote, vernis noir pour métaux, brai, asphalte, bitume, ciment volcanique et trinidad épuré.

A la fermeture de l’usine, les bâtiments ont été démolis et une partie des débris a été utilisée pour remblayer les fondations de l’usine.

Durant les années ’70, le site, a fait l’objet de dépôts de déchets d’origines diverses : chimiques, pharmaceutiques, ménagers, vidanges d’égouts et de garages, etc.

En 1995, on y a installé un centre de tri de déchets de construction. Aucun projet de réaffectation du site n’a été introduit en raison de la présence du centre de tri. Le site est inscrit au plan de secteur en zone industrielle à rénover.

 

Pollutions recensées :les analyses de sol, d’eau et de déchets ont permis de mettre en évidence de très fortes contaminations généralisées en H.A.P., en huiles minérales et en BTEX et, dans une moindre mesure, en métaux lourds, en phénols, en cyanures totaux.

En outre, d’importantes poches de produits goudronneux purs ont été découvertes lors des investigations complémentaires en mai 2005.

Ce qui peut être  inquiétant c’est le fait que des écoulements d’eaux en provenance du pied de la décharge ainsi que la présence de matières douteuses ont été observés dans le jardin d’une habitation voisine.

Durant l’année 2005, la Spaque s’était fixé un calendrier de travail : du rapport de surveillance de 2004, en passant par des forages, des analyses de l’air, de l’eau pour en arriver à fin octobre 2005 à informer les  riverains des pollutions recensées sur le site.

A ma connaissance, on est loin du compte, ce qui depuis l’émission de la RTBF crée un certain émoi dans le quartier malgré les assurances données par l’ingénieur de la ville. L’on peut dire aujourd’hui que l’inquiétude est présente chez les riverains de tous ces sites industriels, de toutes ces décharges, désaffectés ou non.  Plus largement les Carolos se posent beaucoup de questions.

 

Très rapidement je citerai les ca des anciennes fonderies  Allard Giot à Marchienne où l’on a imaginé un moment  reconvertir l’espace industriel en réserve foncière, mais là, le sol est recouvert d’un tapis de sable de fonderie très chargé en métaux lourds, ce qui fit avorter le projet. Aujourd’hui le site fait l’objet d’un dossier SAED,

Mais réellement quelle en est la toxicité, doit-il être fermé, interdit au public, quand sera-il réhabilité ?….on est en droit de savoir,       tel est mon propos !

 

Autres sites pollués :

 Léonard Giot à Marchienne encore, dans le passé des investigations ont eu lieu. Quid aujourd’hui ?

L’aire du train 600 à la Providence ou en permanence de terres sont apportées (quelles terres, quels contrôles ?)

Les anciens sites industriels comme ceux de Couillet ( Hainaut –Sambre, Solvay,…)

L’aire de l’ancienne centrale électrique « Jambe de bois » à Marchienne, Verlipack, Glaverbel Gilly,….et prochainement la cokerie de Marchienne.

 

Les décharges :

Au Trou Barbeau à Monceau ou contrairement à ce qu’a toujours prétendu l’exploitant, une réelle pollution existe (Il avait d’ailleurs été interdit à certains riverains de ne plus consommer les légumes de leur jardin car un taux de plomb élevé avait été constaté –présence de vieux câbles électriques mis en décharge

Et l’on pourrait ajouter toutes les anciennes décharges d’avant fusion et même celles plus récentes, comme le centre de tri actuel…

Jumet Heigne : ancienne décharge sur une hauteur, qu’en est il des eaux de percolation ? Y a-t-il  un suivi, une surveillance, des analyses sont-elles faites ? Idem pour les sites du Carabin à la Docherie/Dampremy de Rognac à Monceau, et bien d’autres sur le territoire de Charleroi

Pour tous ces sites, on est en droit de savoir !

 

Et pour ce faire, j’aimerais aussi savoir Monsieur le Bourgmestre s’il existe un cadastre des sites pollués ou supposés comme tel dans l’entité de Charleroi et ce, quelle que soit l’activité industrielle passée ou actuelle.

Idem pour les décharges et anciennes décharges, où aucun bilan n’été tiré, où il n’y a pas eu de suivi.

Si vous deviez répondre par la négative, c’est alors une véritable carte territoriale environnementale thématisée qu’il faudrait créer en regard d’une autre, celle du  développement durable de l'aménagement du territoire de la ville. Ce ne serait pas un luxe !

Cette planification spatiale des sites, mettrait en évidence certaines portions du territoire saturé sur des périmètres restreints entre décharges agréées, dépotoirs et centres de tri de tous genres.

Par ailleurs, quelles garanties avons-nous pour les sites pollueurs  en activités, (sidérurgie, verrrerie…… et ce sur leur site « propre » ?).

S’il y en a, quels types de contrôles sont effectués sur le voisinage,  à quelle fréquence ?

Ne devrait-on pas imaginer ceux-ci, effectués  par des organismes indépendants ainsi que la publication des résultats.

 

Questions encore :

Quels sont les sites qui font l’objet d’un dossier SAED, quel est leur degré de pollution, la réhabilitation de ces derniers est-il total  ou seulement paysager suivant le niveau de pollution , quel suivi est donné?

D’une manière générale, la ville doit précéder la « Région » pour pointer les sites douteux.

Des investigations, des contrôles, les analyses des eaux et des lixiviats, sont donc nécessaires. Bref, il faudrait une meilleure surveillance des sites à problèmes, avec des sanctions  pour les pollueurs invétérés (suspension de permis et fermeture du site le cas échéant)

Tout cela nécessite une synergie avec la police de l’environnement de la ville et de la région.

La « tolérance zéro » devrait être aussi appliquée pour toute création de décharges illicites ( du remplissage du fond de jardin à la modification du relief du sol pouvant se révéler une future décharge). L’obligation de remise en l’état initial devrait d’ailleurs être décidée.

Inévitablement se pose le problème des coûts, mais si l’on applique le principe du pollueur payeur, pour les entreprises en activités, le problème peut se régler.

Une caution pour réhabilitation pourrait systématiquement être réclamée à l’octroi de certains permis, pour les autres en activité, un engagement financier à la réhabilitation.

Certes, le sujet dépasse le strict cadre de la ville, mais le travail doit se faire en synergie avec la Région, voire avec le Fédéral pour les problèmes de santé.

Députés  présents et siégeant au sein de cette assemblée, assurez donc le relais. 

 

Pour rester sur le sujet :

Ne croyez-vous pas qu’il faudrait faire une pause, sinon plus pour  ce qui concerne l’octroi de permis pour des entreprises de traitements de déchets, Charleroi n’a-t-il pas déjà donné ?

Si des sites devaient s’avérer irrémédiablement perdus, ne pourrait-on pas imaginer sur certains d’entre eux, éloignés des habitations et facilement accessibles,  les réserver à des entreprises génératrices de pollution, de nuisances diverses.

En droit de savoir, c’est donc mon souhait, c’est aussi celui de toute la population.

 

Et la réponse de M. Cariat qui présente la liste de tous les sites réputés ou présumés pollués.  Il rappelle que c'est le Gouvernement wallon qui en 2003 a pris acte du résultat de l'enquête menée par la SPAQUE, conduite avec toutes les communes de Wallonie.  L'information a donc été donnée par les communes.

 

Il signale qu'au niveau des dépôts clandestins, dépôts sauvages, 3500 dossiers de pollution sont gérés par le service SOS Pollution en relation avec la police de l'environnement, le secteur environnement, la police de Charleroi de manière à intervenir.

 

Il ajoute que lorsqu'une personne crée dans son jardin un dépôt clandestin, dans lequel on n'a pas toujours le droit d'accéder, SOS pollution, la Région wallonne, les services compétents sont informés et sur base d'une information précise, une lettre recommandée est adressée à l'auteur afin de lui donner un mois pour remettre les choses en état.  Si après ce mois, la police communale constate que l'infraction persiste, il y a immédiatement une procédure qui s'enclenche vers ceux qui ont l'autorité pour résoudre ce problème à savoir la police de l'environnement.

 

Le Bourgmestre qui propose que M. l'Echevin apporte les réponses essentielles mais qu'étant donné l'importance du débat, une commission du Conseil communal soit prévue sur le sujet.

 

M. Cariat qui signale que le Gouvernement wallon a, il y a quelques semaines, approuvé le principe de la réhabilitation.

 

Il ajoute que les priorités du Collège sont les sites occupés par des dépôts de pneus sauvages.   Il signale, pour couper court à toute polémique, qu'il n'y a aucun débordement au Trou Barbeau et que la surveillance chimique, la surveillance de l'air sont assurées régulièrement.  A ce propos, il est en mesure de fournir le dernier rapport effectué par des bureaux d'études agréés.

 

M. Cariat rassure tout le Conseil communal et la population car les dossiers sont suivis par la Ville, par les services concernés et la relation entre la Ville, la Région wallonne et tous les autres secteurs se fait dans l'harmonie la plus totale.

 

Il informe qu'une réunion est prévue la semaine prochaine à Ransart avec les riverains concernant le site de la goudronnerie Robert.


15:16 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bravo! Un vrai combat. Continuez.

Écrit par : Nathalie J. | 25/12/2008

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