22/12/2005

Pacte de compétitivité : une nouvelle gifle au monde du travail !

Pacte de compétitivité : une nouvelle gifle au monde du travail !

 

Le gourou a parlé. Il a livré ses prophéties. L’économie belge est dans la bonne moyenne européenne. Mais elle doit faire mieux. Un nouvel « effort » des salariés est donc attendu... dans le cadre de l’orthodoxie libérale évidemment. Mais pas touche aux entreprises qui gonflent leurs profits démesurés ni aux gros porteurs de capitaux. Ce serait sacrilège.

Ainsi peut-on résumer les propos de Guy Quaden, gouverneur de la Banque Nationale et, à ce titre, un des douze gardiens de la foi qui cogèrent la Banque Centrale Européenne.

Selon ce technocrate étiqueté socialiste, les recettes de la croissance vont de soi. Elles tiennent en peu de mots : flexibilité, emplois au rabais, limitation des salaires,... La chanson est connue. Ce qui vaut pour l’Union européenne, vaut bien sûr pour la Belgique. Guy Quaden propose donc un nouveau coup de vis sur les salaires. Le propos est scandaleux quand on sait que, selon une étude récente, 15% des Belges, dont de nombreux salariés, vivent déjà dans la pauvreté.

Rappelons-nous, également, les mesures prises depuis des années et qui ont eu pour noms « sauts d’index », « lissage de l’indice des prix », « indice santé » (terme hypocrite pour sortir les produits pétroliers du calcul de l’inflation) et « norme salariale » : soit un quasi-blocage des salaires. Au total, le pouvoir d’achat des travailleurs et des allocataires sociaux s’est effondré.

Les mesures préconisées par le gouverneur de la BN au nom de la « compétitivité » s’inscrivent clairement  dans une permanente mise en concurrence des peuples et participent à brider toujours plus la consommation populaire, aggravant ainsi la précarité et le chômage.

Le discours de Guy Quaden est une nouvelle gifle assénée au monde du travail, toujours mobilisé contre le Pacte entre les générations. Celui-ci fragilise encore plus les salariés face aux jeux de la globalisation et à ses incessantes restructurations tueuses d’emplois, menées au nom du profit maximum. Il vise à priver les travailleurs âgés du garde-fou des prépensions. Il ignore le chômage massif qui frappe la jeunesse. En un mot, il vise encore plus celles et ceux qui sont déjà les victimes des lois du capitalisme.

De toute évidence, les politiques libérales sont un terrible échec, lourd de drames et de désespérance. Au moment où, partout en Europe, ces choix de gestion provoquent colère ou désenchantement, nos responsables politiques auraient grand tort de penser que la condition centrale d’une véritable croissance peut être encore éludée : celle d’une autre répartition des richesses, socialement juste et économiquement efficace.

Face à ces attaques répétées, nous appelons les travailleuses et travailleurs mobilisés contre les mesures néo-libérales actuelles du gouvernement à continuer et à étendre le mouvement. Ce 8 décembre et dans les mois à venir, c’est dans la rue que nous préserverons nos acquis sociaux et gagnerons nos droits futurs. Il est essentiel qu’au-delà des intérêts sous-régionaux se coalisent les forces progressistes de la contestation et de la revendication.

15:41 Écrit par PC Charleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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