10/07/2007

Etincelle n° 22

 

 

 

 

 

l'Etincelle

Quelques réflexions

« Valeur travail » : une gauche en déshérence idéologique

travail-grand

Les gauches vont mal. Electoralement en difficulté à travers l’Europe. En mal de projet politique et programmatique susceptible d’entraîner l’adhésion populaire. Idéologiquement défaite par les droites libérales. Il y a évidemment consensus sur ce constat. Du moins de la part de la plupart des observateurs tant il est vrai que les états-majors partisans tentent encore souvent de se cacher la vérité, de se réfugier dans l’illusoire confort de l’alternance, vision étriquée de la démocratie : un coup pour la droite, un coup pour la gauche. Mais, de toute évidence, cela ne fonctionne plus guère. Association d’éducation permanente, l’ACJJ s’est, notamment, donné pour vocation de participer à la mise en lumière d’un certain nombre d’enjeux contemporains. C’est donc tout naturellement que, en collaboration avec différents partenaires belges et européens, elle engage un cycle de réflexions et de formations destinées à la diffusion la plus large sur les questions liées à la double problématique « Travail et culture ». Mais peut-être est-il utile de faire d’abord le point sur ce qu’il semble convenu d’appeler la «valeur travail » et les enjeux qu’elle met en évidence. Ce qui suit se veut une contribution au débat.

Où va la gauche, dans ses différentes déclinaisons ? Des réflexions à entamer, des réponses à privilégier dépendent, non seulement, l’avenir électoral de la gauche gestionnaire, mais la capacité de l’ensemble des courants progressistes à réinvestir le champ de la réforme. Quelles réponses à la situation présente ? Du côté de la social-démocratie européenne, nombre de responsables s’accordent sur le diagnostic. Comme ce responsable socialiste d’Outre Quiévrain (François Kalfon, conseil national du PS, dans Le Figaro) : Il y a, dit-il, « décalage entre le PS et sa base sociale. Faute d’avoir compris les attentes du salariat … La question de la place et de la valorisation du travail illustre l’échec de (sa) stratégie. Là où la gauche portait l’aspiration d’une meilleure répartition entre le capital et le travail, …des secteurs entiers du salariat se sont détournés du PS et se sont retrouvés dans le discours de  Sarkozy qui a su faire de la ‘valeur travail’ un puissant rôle catalyseur au profit de la droite. »

Il y a là, effectivement, comme un retournement de l’Histoire. Quant aux enseignements à tirer pour sortir d’inextricables contradictions … Faudrait-il, comme on nous y invite, miser sur les politiques libérales, en Belgique ou ailleurs, pour répondre à cette quadruple exigence sociale : des salaires corrects, des pensions revalorisées, une sécurité sociale modernisée et des conditions de travail décentes ? En 1996 déjà, Hans Tietmayer, celui qui était alors le gardien inflexible du mark avant de devenir le premier grand prêtre de l’euro, définissait, fort de son indépendance jalouse vis-à-vis du politique, les conditions d’une improbable croissance en un amalgame éloquent : «L’enjeu aujourd’hui, c’est de créer les conditions favorables à une croissance durable et à la confiance des investisseurs. » Soit de lever les obstacles que des décennies de luttes sociales avaient dressés devant les fans du « laisser-faire, laisser-aller ». Et Tietmeyer additionnait les recettes désormais bien connues : « Il faut contrôler les budgets publics, baisser les taxes et les impôts … réformer le système de protection sociale, démanteler les rigidités du travail (par) un effort de flexibilité. » Tout était dit. Est-il hasardeux de résumer ce catalogue de recettes de la façon suivante ? Pour assurer la croissance, des réformes sont nécessaires ; aux travailleurs de les assumer, pas aux marchés financiers. En un mot, le message au monde du travail est limpide : lâchez aujourd’hui tout ou partie de vos acquis au nom de la croissance de demain.

Celles et ceux qui verront une parenté entre cette profession de foi néolibérale et les politiques menées par les gouvernements belge et européens auront tout bon. Car, de gauche ou de droite, les dirigeants des Etats européens ont parfaitement intégré les versets de la nouvelle bible économique. Encore un exemple ? En mars 2002, un sommet des chefs d’Etat et de gouvernements européens tranchait : « Il faudrait chercher d’ici à 2010 à augmenter progressivement d’environ cinq ans l’âge moyen  effectif » de la pension. Comment s’étonner qu’un dangereux fossé s’agrandisse entre les « élites » qui nous dirigent et les opinions ? Les sondages Eurobaromètre  indiquent avec une belle constance que la lutte contre la pauvreté et le chômage – là, on est au cœur de la « valeur travail » - est mise en avant par les citoyens européens. Plus de 14 millions d’adultes européens sont officiellement privés d’emploi. En mars 2000, la « stratégie de Lisbonne » devait donner un nouvel allant aux politiques sociales. Il était question de lutte contre la précarité, de cohésion sociale, de marché du travail « inclusif » et d’emplois de qualité. Bref, d’un rééquilibrage entre le « tout marché » et l’humain afin de porter l’Europe de la connaissance et de la compétitivité à dépasser les Etats-Unis à l’horizon 2010. Exercice apparemment ingérable dans l’ordre actuel des choses. Déjà, les responsables nationaux et européens reconnaissent, mezzo voce, que la fameuse « stratégie » est un échec. Parce qu’elle a « subi ces dernières années un virage marqué à droite, l’accent (étant) dorénavant plus mis sur les questions de compétitivité et de croissance, sur la hausse de l’emploi à tout prix et la réduction des coûts et déficits publics (1.)» Et parce que s’avère ingérable la contradiction majeure entre les recettes néolibérales et une réelle prise en compte des besoins sociaux.

Un long cheminement

Le processus de Lisbonne, comme toutes les politiques sociales annoncées dans l’Union, est subordonné aux « grandes orientations de politique économique » (GOPE) adoptées en 1993 par le Conseil européen. C'est-à-dire à la priorité donnée à la compétitivité des entreprises, à la flexibilité, à l’ « employabilité » des salariés, conditions pour relever le taux d’emploi et cesser de nourrir de faux chômeurs, de faux malades et entretenir les gens dans l’assistanat. N’est-ce pas le libéral flamand Rik Daems qui a pourfendu naguère « le profitariat des chômeurs » ?Cela fait une paie maintenant que les mêmes causes produisent les mêmes effets néfastes. De l’Acte unique européen au projet de traité constitutionnel européen, en passant par les traités de Maastricht ou d’Amsterdam, l’Europe, tout en s’élargissant, vit une  révolution conservatrice qui s’apparente à une redoutable régression sociale et démocratique. Une révolution qui a ses théoriciens. Dès les années quatre-vingt, grands établissements financiers, multinationales et organismes internationaux (FMI, Banque mondiale, G8, OCDE, Organisation mondiale du commerce) ont tracé les lignes d’une doctrine prônant la rigueur budgétaire, la réduction des impôts et des dépenses publiques, la libéralisation des marchés, les privatisations et le recul de la puissance publique. En acceptant ces consignes comme l’abc de la bonne gouvernance, les responsables politiques ont autorisé « le transfert de décisions capitales (en matière de d’investissement, d’emploi, de santé, d’éducation, de culture, de protection de l’environnement) de la sphère publique nationale à la sphère privée internationale (2). » S’étonnera-t-on, dès lors, de cette phrase proférée naguère par le Premier ministre : « La société nous échappe graduellement depuis quelques années. » Donc « la mission du politique est quasi impossible. » Plus pompeuse, une étude de la Fondation Robert Schuman affirmait sans ambages : « Nous sommes arrivés dans un nouveau territoire où les intérêts économiques et sociaux spécifiques et les acteurs transnationaux transgressent les frontières nationales, outrepassent les formes traditionnelles de gouvernance dans l’ensemble du monde atlantique. » (3) En clair, la mondialisation néolibérale est désormais libérée des plates contingences politiques et des exigences sociales. 

Piège idéologique

La dite « question sociale » occupe depuis toujours une position centrale dans le champ politique. La gestion de cette question, qui a mis le salariat en première ligne des acteurs sociaux, ne fut jamais un long fleuve tranquille. Les organisations patronales n’ont de cesse de vider de sa substance le fameux « contrat social » qui structurait depuis plus d’un demi-siècle nos sociétés nationales et est censé définir le modèle européen. Non sans trouver de puissants relais politiques.Un homme comme Pascal Lamy, directeur général de l’organisation générale du commerce, alors commissaire européen (socialiste et français) au commerce était-il si loin du baron Seillière, actuel patron des patrons européens quand il défendait dans les colonnes du Figaro « L’Europe de la mondialisation maîtrisée » ? Si l’article est long, son raisonnement se résume en peu de mots. Fatal : « La mondialisation est une lame de fond de l’histoire ». Alarmiste : « elle se nourrit de dégradation sociale ». Alors ?  Sévère : Pas question d’ « une échappée vers les utopies ». Inquiet : « L’acceptation du monde tel qu’il est (encourage) sa perpétuation ». Œcuménique : « agir sur les logiques de puissance de domination à l’œuvre dans ce monde (implique) que la mondialisation maîtrisée se fasse au bénéfice de tous. Cette démarche a présidé à la construction européenne. » Mais, docte, il faut que l’ « Europe dépasse ses blocages actuels. » Pourquoi pas. Il faut donc réformer. Le beau mot. D’où vient  qu’il séduit si peu ? Voilà, effectivement, une façon de réformer qui fait question. Un terrible piège idéologique est tendu. Durant des décennies, la notion de réformes de structures s’est confondue historiquement avec les grandes luttes sociales, pour forger, dans les conditions concrètes des Etats, ce que l’on appelle, à tort ou à raison, le « modèle social » européen. Le  néolibéralisme aujourd’hui à l’œuvre s’y entend pour inverser le contenu des mots. Acharné à démanteler les acquis collectifs au nom des « contraintes » de la « modernité », il mène en réalité la contre-réforme, clamant que ce qui s’y oppose est passéiste et ringard.Les gouvernements de l’Union, on l’a dit, privilégient obstinément des choix analogues sur le plan économique et  social : progression des emplois précaires, détricotage des codes du travail, recul de l’âge de la pension, fragilisation des chômeurs et des systèmes sociaux, libéralisation des services publics…

Nous avons désormais, et très logiquement, une droite de droite qui juge la situation suffisamment mûre pour occuper sans complexes le terrain politique et idéologique. Qui s’impose électoralement portée par un trend qui ressemble fort à une lame de fond. Et, face à elle, une gauche qui prend l’eau, en recul, ou au moins en position délicate partout.

 ( A suivre)  Maurice MAGIS 

Super GB : des fermetures annoncées

 En ce jour de super gbjuillet, il fait gris sur Charleroi. Peu de monde dans les rues. Il est pourtant 10 h 30, et la ville tarde à s’éveiller. Etat groggy suite aux événements ? Dans la grande brasserie de la Maison des Huit Heures, haut lieu de la combativité carolo, une tablée discute d’un sujet d’actualité brûlante : la fermeture proche de deux grands magasins de la périphérie carolo : les super GB de Gilly et d’Anderlues. Anita et Jacques sont des militants syndicalistes actifs au sein de leur entreprise : 25 ans au sein de celle-ci, cela compte. « Nous espérions bien y finir notre carrière, disent-ils, tout comme d’ailleurs bon nombre de nos 55 collègues de Gilly ou les 43 d’Anderlues. » Il y a à peine un mois, patatras, tout est remis en question : la multinationale Carrefour annonce le licenciement de 900 travailleurs en Belgique, dont au moins 90 dans les hyper GB.Le patronat a bien choisi son moment pour asséner ce coup de massue : fin juin, à la veille des congés payés ! Difficile, dans ces conditions d’organiser des démarches pour une riposte immédiate. Il faudra attendre fin août pour mobiliser les travailleurs de l’entreprise, et espérer le soutien massif de la population et du politique. 
MalikaA part le Parti communiste, les partis politiques en place se sont peu mouillés ! « Nous demanderons à la Conseillère communale communiste, élue sur la liste Ecolo, Malika El Bourezgui, de déposer une motion pour obtenir l’appui unanime du Conseil communal de Charleroi, promettent les représentants du PC ».
 Pour faire pression sur le patronat, la réaction et la mobilisation devront être importantes. L’annonce de la fermeture a été faite le 20 juin. Vu le délai de 60 jours et les 30 jours prévus de négociation, cela reporte la décision inique de fermeture à la fin septembre: d’abord une négociation pour tous les magasins, ensuite une seconde au cas pas cas. Les syndicats disposent ainsi de peu de marge de manœuvre devant les propositions patronales : la pré-pension à 55 ans ( ???)  (2 membres du personnel de Gilly seraient concernés →  âge moyen des travailleurs : entre 40 et 45 ans). Et se pose aussi une question majeure : les mi-temps sont nombreux dans l’entreprise, comment pourront-ils atteindre le plafond de carrière requis ? Qu’en sera-t-il de la prime de départ ? Car, malheureusement, la fermeture semble inévitable. Le groupe Carrefour utilise une stratégie : augmenter le nombre de franchisés pour élargir la marge bénéficiaire (*). Savez-vous que la masse salariale représente 17 % des frais généraux à Gilly, et 16 % à Anderlues, alors que 12 % semblent être la plafond maximum que consentirait à débourser la patronat, d’autant plus que ces deux magasins accueillent des clients à faible pouvoir d’achat. Facteur aggravant pour le magasin de Gilly : il partage son parking avec son concurrent le plus dangereux : Colruyt. Pourtant, Gilly est placé en 3ème position, en tant que magasin le meilleur marché de toute l’agglomération de Charleroi, après Makro (Lodelinsart) et Colruyt (Dampremy). Mais la concurrence est rude. GB se fait concurrence à lui-même avec ses enseignes « GB Contact » aux mains de franchisés, comme à Fleurus, Courcelles, Jumet, Gosselies …Concurrence rude aussi avec les magasins pour petits revenus comme Aldi, Lidl, Leader Price dirigés par des franchisés qui exercent une pression énorme sur les salaires (**)  (- 30 %) et le statut du personnel. On assiste à une ouverture croissante de nouvelles enseignes, sans que le Comité socio-économique n’oppose son veto … ignorant sans doute que les revenus de notre population n’arrêtent pas de décroître ! Et, portant, le super GB était considéré comme un magasin pilote, une sorte de laboratoire du groupe Carrefour. Il a été entièrement rénové et transformé (***), et, pour ce faire, le groupe a réuni toutes les aides publiques qu’il a pu. Nombreux sont les directeurs étrangers qui ont considéré cette nouvelle vitrine comme un exemple à imiter. Vu l’application des prix planchers à la mode Colruyt, le chiffre d’affaires était en hausse. Les clients revenaient. Pourquoi, alors, ne pas continuer dans ce sens ? La stratégie du groupe a changé : les camions de produits frais arrivent de plus en plus tard dans la matinée … les clients se voient alors contraints d’aller dans les magasins franchisés, qui sont ravitaillés en produits frais dès 6 h du matin . Une mort programmée donc ! Pour l’Etincelle

Robert TANGRE

GB-tableau

Le principal ratio porte sur les salaires trop élevés en rapport au chiffre d’affaires (**) Conventions collectives - Statut GB : le personnel a un statut d’employé et dépend de la convention 312  (Nous dirons : salaire à 100 %)- Arrivée de Carrefour : introduction du personnel engagé sous la convention 202  (salaire à +/- 90 %)- Franchisés  engagent leur personnel sous la convention 201  (salaires à +/ 70 %) (***) Cynisme patronal ! 

A Anvers, la direction fait effectuer un relookage complet du super GB. A la fin des travaux, on sable le champagne. Le lendemain, oui, le lendemain, le magasin ferme ! Carolos, cela ne vous rappelle-t-il pas la fermeture de l’Institut Gailly, où on avait inauguré 5 ou 6 nouvelles salles d’opération … qui n’ont jamais servi !


 

Non à la fermeture des magasins GB de Gilly et d’Anderlues

 

101620

La fédération de Charleroi du PC s'insurge contre la fermeture des magasins GB de Gilly et d’Anderlues par la société Carrefour. La presse a fait état de la fermeture de 16 magasins GB intégrés par la société Carrefour. Quelque 900 emplois seront perdus dont 90 dans les hypermarchés Carrefour, victimes d'une politique commerciale pour le moins hasardeuse. Ces liquidations surviennent alors que le groupe Carrefour a réalisé en 2006 un chiffre d'affaire de 78 milliards d'euros, engrangeant un bénéfice de 2,3 milliards.Le groupe réalise 23 millions de bénéfices et dispose d'une réserve en trésorerie d' 1, 5 milliard d'euros. Par rapport à son concurrent Delhaize, la productivité des employés de Carrefour est sensiblement plus importante : pour une rémunération moindre (40.800 euros contre 41.100 chez Delhaize), le chiffre d'affaires par travailleur est de 350.000 euros chez Carrefour contre 305.000 chez Delhaize. En ce qui concerne le magasin de Gilly, il est considéré comme « magasin pilote », le laboratoire du groupe, un exemple de gestion pour les gérants des pays voisins. Une récente enquête le classait en outre troisième magasin le moins cher de la région de Charleroi après le Makro de Lodelinsart et le Colruyt de Dampremy.Nous ne sommes donc pas dans le cas d'une entreprise en difficulté ou d'un « canard boîteux », mais dans le scénario d'une restructuration d'envergure et d'un agenda caché.Ces magasins occupent respectivement 57 et 43 travailleurs.Cette fermeture a des conséquences à la fois sociales et humaines, mais aussi, le cas échéant, environnementales.

- Sur le plan humain, c'est un magasin de proximité, facile d'accès et fréquenté par une population relativement âgée donc difficilement mobile qui risque de fermer.  - Sur le plan social, c'est un drame pour le personnel composé de travailleuses et de travailleurs « relativement âgés » qui n'ont que peu -si pas aucune- possibilités de reconversion. ·                        - L'autre aspect du drame social est le risque d'une franchisation qui permettrait certes de conserver un magasin in situ mais exclurait l'essentiel du personnel actuel à moins que les employés ne concèdent  des sacrifices qui les placeraient dans des conditions sociales, pécuniaires et de travail déplorables.  - Enfin, si le site est abandonné, le coeur de la commune va se retrouver pour un bon bout de temps avec un nouveau chancre.  

D’autre part, le Parti Communiste s’oppose à l’ouverture continue et sans cesse croissante de nouvelles enseignes et il insiste pour le Comité socio-économique soit plus restrictif pour accorder des autorisations d’implantations nouvelles.

 

Editeur responsable : Fédération de Charleroi du Parti communiste, rue Jules Destrée, 11 à 6020 Dampremy ( tél. : 071 / 30 39 12 )


22:38 Écrit par PC Charleroi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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