24/09/2007

L'Etincelle n° 24


La Poste : acter le désastre, ouvrir le champ des possibles

Après sa privatisation récente et la « libéralisation » à venir du secteur, La Poste n’a plus que les oripeaux d’un service public ; au détriment des travailleurs et des usagers. Il est utile de comprendre comment on en est arrivé là – et de poser les bases d’une reconstruction des fonctions collectives.

Premier temps : les années ’80 et ’90. Au nom de la rigueur budgétaire puis dans la perspective de la monnaie unique européenne, on corsète sévèrement l’investissement public. Les fonctions collectives en restent fragilisées. Là où on licencie des milliers d’enseignants, où on sous-investit dans les chemins de fer, dans le secteur postal on entreprend des « consolidations stratégiques » : pour pouvoir faire appel à de l’argent privé, les services publics seront désormais gérés comme des sociétés privées. Théoricien et acteur de ce processus, le ministre en charge des entreprises publiques de 1994 à 1999 n’est autre qu’Elio Di Rupo, le sémillant président du PS qui ne verra pas de contradiction à s’afficher quelques années plus tard au forum social de Porto Alegre. Le même Elio Di Rupo signera en 1999 l’arrêté ouvrant à la concurrence le secteur du courrier de plus de 350 grammes. La logique gestionnaire s’impose au sein du service public.

Seconde étape, la privatisation. En octobre 2005, l’Etat belge vend la moitié du capital moins une action à un consortium composé de la poste danoise et de la société « CVC Partners ». Qu’est-ce que CVC ? Tout simplement un représentant typique du capitalisme financier. Un des plus gros aussi : doté d’un capital de 20.9 milliards d’euros, ce groupe possède actuellement 44 entreprises – allant des appâts pour la pêche, aux réfrigérateurs en passant par les services IT et la cordonnerie –, dont dépendent 309.000 employés. Business ? Racheter des entreprises en vue de les revendre à court ou moyen terme en faisant de grosses plus-values. Ajoutons que les conditions de la vente de La Poste sont particulièrement défavorables à la collectivité. Au moment de la vente, l’entreprise a, en effet, été valorisée à seulement 600 millions d’euros – l’apport en capital du consortium privé n’aura donc été que de 300 millions –, une somme particulièrement peu élevée quand on sait que le seul montant de son patrimoine immobilier – prudemment évalué à son prix d’achat – est de 470 millions d’euros, que la poste belge a un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros ou que la poste danoise, pourtant plus petite que son homologue belge est évaluée quant à elle à un milliard d’euros.

Les choses ne s’arrêtent cependant pas là : un dividende annuel de 10 millions d’euros est garanti, par contrat, au consortium. Si les bénéfices ne sont pas suffisants, une réduction de capital sera opérée pour satisfaire son appétit (et, bien sûr, l’Etat fédéral continue de verser chaque année une dotation d’un montant de 290 millions d’euros pour satisfaire aux exigences du « service universel »). Enfin, le contrat prévoit le droit pour CVC de revendre ses parts (soit 25 % du capital) en bourse dès 2009. Le PS, qui fait aujourd’hui des communiqués déplorant cette entrée en bourse, aurait été mieux inspiré de poser son veto à la clause du contrat à l’époque où ce dernier a été approuvé par les autorités belges. Il est vrai que la plupart des parlementaires n’ont découvert le contrat et n’ont pu en débattre qu’à la fin du mois de janvier 2006,... après sa signature définitive. Certains d’entre eux se sont étonnés ? Il était trop tard.

On doit cependant se poser la question des raisons qui ont poussé à la conclusion d’un contrat à ce point déséquilibré en faveur du consortium privé. Peut-être une explication se trouve-t-elle dans le fait que Johnny Thijs, patron de La Poste a été, entre 1999 et fin 2004, membre du « conseil d’avis » belge de CVC, fonction dont il a démissionné moins d’un an avant l’entrée de CVC au capital de La Poste. Il semble d’ailleurs que M. Thijs n’ait pas à se plaindre de son nouvel actionnaire puisque son salaire a atteint 900 000 euros en 2006.

Troisième étape, le Parlement européen a voté au début de ce mois de juillet 2007 la « libéralisation » totale du marché postal en 2011, annonçant la mise en concurrence généralisée. Plus aucun monopole public ne sera d’application dès cette date; toute entreprise pourra proposer ses services sur le marché postal. Qu’il s’agisse d’une authentique aberration économique (il coûte beaucoup moins cher d’organiser un service postal de façon publique) et d’un drame social de premier plan n’a pas ému les eurodéputés qui, à l’exception des Verts, des Communistes et des Socialistes belges et français, ont voté en masse pour le projet de directive.

On le voit, le processus de marchandisation – c’est-à-dire dire le passage d’une logique de bien commun à celui de rentabilité privée – et celui de privatisation ont été de concert, se nourrissant l’un l’autre.

Les conséquences de ce processus sont connues même si elles risquent de s’aggraver encore bien plus profondément dans les années à venir. La privatisation du service public représente d’abord une dégradation sérieuse des conditions de travail du personnel de La Poste, notamment dans le cadre du plan Géoroute 2. Là où l’emploi public a pu – et pourrait à nouveau si on le voulait – tirer à la hausse la norme de l’emploi, il contribue désormais à la précarisation généralisée de la société, en augmentant la charge de travail (cette postière qui s’est suicidée en juin à Waremme devait, selon la délégation syndicale, consacrer 12 heures à sa tournée) ou en recourant massivement à l’intérim. La privatisation représente aussi une réduction de l’emploi : plus de 10 000 postes auront été supprimés au cours de la présente décennie. La privatisation, c’est aussi une réduction conséquente du service à l’usager et du rôle social de La Poste : 277 bureaux de poste ont été fermés ou vont l’être à court terme, représentant chaque fois l’abandon par les pouvoirs publics d’un quartier ou d’un village. Les facteurs n’ont plus le temps de faire autre chose que de distribuer le courrier à toute vitesse. 2500 boîtes aux lettres ont été supprimées depuis 2003 car jugées « non rentables ». Enfin, on constate une augmentation du prix des timbres. Tout cela a pour conséquence un « beau » bénéfice de 174 millions (avant impôt) en 2006.

La logique marchande qui est désormais celle de La Poste est aussi celle d’une grave irresponsabilité écologique alors qu’on pourrait attendre d’un service public qu’il joue un rôle moteur dans la transition écologique que nous devons effectuer à très brève échéance. La Poste a ainsi renoncé au transport ferroviaire pour se tourner vers le tout-routier et bâtir ses nouveaux centres de tri en bordure des autoroutes.

Avec la « libéralisation » totale (mais de la « liberté » de qui parle-t-on ?) annoncée, donc, pour 2011, seront en outre perdues la péréquation tarifaire (le principe qui prévoit un tarif équivalent pour tous les usagers du service), probablement les facilités de diffusion des périodiques – pourtant condition essentielle de la liberté d’expression et du pluralisme démocratique – et quelques autres petites choses.

Si l’on veut se donner une chance de contrer ce phénomène, il faut se demander comment il a pu se produire, comment on a pu tomber si bas. La fragilisation des services publics par des années de sous-investissement n’explique pas tout. Leur colonisation clientéliste par certains partis politiques pas entièrement non plus.

En fait deux questions importantes doivent être posées. D’une part, comment la social-démocratie a-t-elle pu en arriver à faire exactement l’inverse de ce pour quoi ses électeurs la mandataient ? Car, même si ses représentants ont finalement voté contre le texte approuvé au début de ce mois par le Parlement européen, il faut se rappeler que le PS a joué un rôle de tout premier plan dans le démantèlement du service public postal, cautionnant non seulement, au sein des coalitions successives, les reculades qui ont mené les unes après les autres à la situation actuelle mais s’en faisant même parfois l’agent. Aujourd’hui, le PS, notamment par la voix du député européen Alain Hutchinson, crie au désastre. Quelle crédibilité peut-on leur accorder ? Certes, en politique, on a le droit de se tromper ; on a aussi le droit de changer d’avis. Mais, ne serait-ce que pour la lisibilité du débat public, il convient alors de reconnaître ses erreurs et d’assumer les conséquences de ses changements de cap. Au-delà de cela, il nous faut cependant aussi nous demander si le problème ne vient pas d’une conversion idéologique du PS qui préfère le plus souvent s’accommoder de la logique dominante et, en tout état de cause, n’assume plus la lutte des classes inscrite à l’article premier de ses statuts.

D’autre part, on est fondé à se demander comment l’idéologie du capitalisme a pu pénétrer tellement profondément parmi la population, au point de faire accepter à des millions des personnes des « réformes » dont elles sont les victimes directes ? C’est là le nœud du problème : face aux sirènes de l’individualisme forcené dont il faut admettre qu’il séduit largement même s’il laisse la plupart de ses rêveurs au bord du chemin, il faut susciter une adhésion majoritaire à un nouveau projet collectif.

Pour ce faire, il ne suffit pas de montrer et de démontrer par toutes les ressources de l’argumentation l’impasse dans laquelle nous sommes engagés, de faire connaître au plus grand nombre les tenants et aboutissants de cette situation, le processus qui y a conduit. Il ne suffit pas non plus de mettre devant leurs responsabilités nos élus et de faire tomber certains masques (qui sont par exemple ces « humanistes » qui prétendent « mettre l’humain au cœur de la politique » mais votent comme un seul homme pour la libéralisation du secteur public ?). Il convient surtout de mettre sur pied des alternatives, de montrer que d’autres mondes sont possibles, que l’organisation collective des services publics est plus juste, plus efficace, produit une plus grande quantité de bien-être collectif à un coût moindre tout en assurant une redistribution organique de la richesse et la constitution de biens communs. Il convient enfin de bâtir un nouveau rapport de force politique au niveau européen permettant d’imposer la voix des centaines de millions de personnes qui subissent les conséquences désastreuses de la politique du tout-au-marché.

Pierre Eyben, Secrétaire politique de la Fédération liégeoise du Parti Communiste
François Schreuer, Membre du collectif « Le pouvoir nous veut triste »,


 L'orange-bleu, fruit indigeste.

orange bleu1Quatre mois déjà depuis les élections! Une série de tentatives de former un gouvernement fédéral apparaissent comme autant d’échecs. Mais il est révélateur que le premier accord enregistré par l’orange-bleu va dans le sens des exigences libérales.

Le président du MR, Didier Reynders, a pu se féliciter des décisions prises en matière d’immigration économique,  politique menée à la carte en fonction des besoins immédiats du patronat et qui constitue une scandaleuse ponction dans les richesses intellectuelles des pays de l’Est et du Sud. Cela en dit long sur la dérive sarkoziste que l’orange-bleu promet au pays : déréguler et privatiser plus loin, plus vite, mettre les citoyens en concurrence, casser les conventions collectives, etc… Cette politique ne permettra évidemment pas de répondre aux attentes des populations. 

Mais donc, il y a BHV. Sur quel nouveau compromis cela débouchera-t-il ? Il faudrait faire confiance à l’ingénierie politique des négociateurs. D’autres dangers pèsent sur la population. Récemment, une pétition intitulée « Sauvons la Solidarité » a été lancée, soutenue par les syndicats. Elle dit refuser que « le principe de base de solidarité soit remplacé par la concurrence et l’égoïsme ...»

Restant attaché à un fédéralisme démocratique, luttant pour des réformes de structures progressistes, les communistes de Wallonie et Bruxelles invitent leurs membres et sympathisants à soutenir cette initiative. Parce que nous considérons que derrière les tensions communautaires, se dessine la scission, et ensuite, la mise à mort de la sécurité sociale, des conventions collectives, du droit du travail...

N’en déplaise aux principaux responsables politiques francophones, unis dans un front interclassiste fragile et sans substance, tantôt refermés sur le « non » à tout,  tantôt cédant à la surenchère démagogique, nous répétons que la gauche doit en revenir à ses fondamentaux, donner un contenu à de nouvelles et nécessaires avancées sociales, démocratiques et écologiques.

A l’inverse des politiques menées depuis des années et des choix de gestion annoncés par l’orange-bleu, nous affirmons

- qu’un emploi stable et justement rémunéré doit rester un droit pour tous ;

- que des salaires, pensions, retraites et minima sociaux valorisés restent le plus sûr moyen de lutter contre la vie chère, singulièrement quand les prix et les profits explosent scandaleusement ;

- que les services publics doivent être défendus et démocratisés,  que leur champ doit être étendu ;

- que la sécurité sociale, le système de santé doivent être développés.

Les moyens existent à condition d’utiliser l’argent autrement, pour une croissance du progrès social préservant les ressources naturelles. La gauche doit prendre ses responsabilités. Les communistes, avec qui le veut en Belgique, avec le Parti de la gauche européenne au niveau de l’Union, lutteront pour des alternatives au capitalisme pouvant ouvrir la voie à un projet de société alternatif.

 

Orange bleue_2


Le Comité central du Parti communiste Wallonie-Bruxelles

Chômage, des chiffres affolants !

Décidément, loin des discours optimistes, Charleroi n’arrive pas à décoller sur le plan économique, et, ce, malgré les sommes investies dans la région dans le cadre des subventions importantes reçues de l’Europe.

Palmarès du chômage à Charleroi en août 2005 : 

- Farciennes 31,73 %
- Charleroi 30,72 %
- Châtelet 28,92 %
- Fontaine L’Evêque 24,66 %
- Chapelle-lez-Herlaimont 24,42 %
- Anderlues 24,41 %
- Courcelles 24,21 %
- Fleurus 23,35 %
- Aiseau 23,20 %
- Thuin 16,27 %
- Pont-à-Celles 15,15 %
- Gerpinnes 14,22 %
- Les Bons Villers 13,92 %
- Lobbes 13,56 %
- Ham-sur-Heure – Nalinnes 12,8 %

Ces chiffres démontrent à eux seuls que l’ancien bassin industriel n’arrive pas à se redresser .

D’autre part, la périphérie (de Thuin à Ham-sur-Heure – Nalinnes) connaît, elle aussi, un chômage nettement supérieur à la moyenne nationale. Ces communes accueillent pourtant des habitants aisés financièrement, qui abandonnent le centre des villes à des populations de plus en plus déshéritées.

Le phénomène peut aussi être valable pour des populations nettement moins favorisées, qui trouvent là, peut-être, un logement à coût moins élevé.


MalikaAprès les récents événements des rues Fesler à Marchienne et Turenne à Charleroi, Malika El Bourezgui écrit à M. Viseur, bourgmestre de Charleroi


Monsieur le Bourgmestre,
 
 

J’ai été très attentive aux diverses interpellations qui viennent d’être faites par mes collègues sur le drame récemment survenu à la rue Fesler à Marchienne et je me permets d’apporter quelques réflexions.  

La situation difficile de Marchienne que nous évoquons aujourd'hui ne date pas d'hier. Elle ne s'est certainement pas installée du jour au lendemain mais progressivement et on est en droit de s’interroger sur le temps de réaction des autorités communales pour reconnaître la gravité de la situation et tenter de la redresser.

Le drame qui s'est produit et qui était pratiquement prévisible n'a fait que mettre sur la place publique la réalité de la situation de Marchienne.
 
  Que dire aussi de la situation interpellante de la rue Turenne à Charleroi ou des alentours de la place Buisset où l’on n'ose plus circuler après 18 heures. 

Pour développer de véritables solutions à long terme, il faut bien entendu considérer le contexte socio-économique et environnemental défavorable de Marchienne qui est une des principales causes de la multiplication des trafics de tout genre.

Face à la précarité, beaucoup sont tentés par le business de la drogue pour se faire rapidement beaucoup d'argent et espérer une vie meilleure. (Parmi ceux-là évidemment, on retrouve des personnes en situation irrégulière, mais de là à en conclure qu’ils sont les principaux responsables, ce serait simpliste car l’analyse des faits est plus complexe qu’il n’y paraît.  De plus, ces propos sans nuance risquent de stigmatiser une population et d’engendrer des tensions dangereuses entre les diverses communautés). 
 
index-drogues

Voir errer dans les rues des jeunes gens ravagés physiquement, mentalement et de plus en plus nombreux à sombrer dans la déchéance humaine, est insupportable.
Voir des dealers dont la plupart sont aussi toxicomanes exploiter la détresse humaine et faire leur business en plein jour dans les rues avec toutes les nuisances que cela engendre, c'est également insupportable. 
 

A titre indicatif, il faut savoir que le prix d’1 gramme d’héroïne est de 25 € et de 50 € pour 1 gramme de cocaïne.  La consommation quotidienne d’un toxicomane varie entre 100 et 200 € par jour et parfois plus.  Il n’y a pas de repos du samedi, du dimanche, ni de jour férié, c’est tous les jours.  On imagine aisément l’énergie que les toxicomanes doivent dépenser et les ruses qu’ils doivent déployer pour trouver jour après jour ces sommes importantes.   

Cela indique bien qu’au-delà de l’aspect sécuritaire, il faut absolument accorder aussi plus de moyens humains et financiers à la prévention et l’assistance pour la réinsertion sociale bien qu’il faut reconnaître que des efforts dans ce domaine ont été consentis, mais toujours insuffisamment. 

Un exemple, l'asbl Transition à Gilly qui est le seul centre de sevrage de l’entité de Charleroi ne compte que 8 lits et une liste d'attente de plus de 6 mois. Trempoline à Châtelet a une capacité maximale de 40 lits en post-cure, c’est-à-dire après sevrage complet.  C'est trop peu pour la ville de Charleroi. 
 

J'en appelle ici à nos élus fédéraux et régionaux pour qu'ils réclament sans relâche plus de moyens humais et financiers afin de renforcer non seulement l’aspect sécuritaire mais également les aspects « prévention et accompagnement » indispensables pour lutter efficacement contre la consommation problématique de drogue.   J'ai pris bonne note des diverses mesures qui ont été décidées pour tenter d'endiguer le fléau qui gangrène Marchienne.

Mais, le nerf de la guerre n'est-il pas l'argent ? Personne n'ignore que le trafic de la drogue génère des flux financiers colossaux qui doivent forcément transiter quelque part. Quelles sont donc les possibilités pour les autorités communales d’obtenir plus de contrôle du blanchiment de l'argent sale de la drogue et des patrimoines douteux à Charleroi?  
  Je vous remercie de votre écoute.    

El Bourezgui Malika, Conseillère communale communiste (élue sur la liste Ecolo)


COMITE DES RIVERAINS SUR LE SUIVI DE LA QUALITE DE L’AIR A CHARLEROI  
cokerie-de-carsid

 
Jacques Coupez   Président 36, rue de Marchienne 6044 Roux  071 454 414   0472 277 349 jacques.coupez@skynet.be Michel Debaise Chemin des Goulettes, 17 6032  Mont-sur-Marchienne 071470872 - 0497 131917 m.debaise@skynet.beAlbert Pierard Rue des Piges 245 6031 Monceau sur Sambre 071 329 726  0475 823 117 lebertje@tele2.be

Charleroi, le 21 septembre 2007        Objet: Fermeture de la Cokerie chez Carsid 

Madame, Monsieur     

Comme suite à l’annonce faite hier par le Président de Duferco, Antonio Gozzi, de fermer définitivement la cokerie de  Marchienne fin novembre, le comité de riverains tient à signaler : 
  •  Qu’il prend acte de la décision annoncée par le conseil d’administration de Carsid
  • Qu’en aucune manière il ne peut être tenu responsable d’une décision découlant d’une situation dans laquelle pas plus les riverains que les travailleurs de l’entreprise ou les  organisations syndicales n’ont eu leur mot à dire.
  • Qu’il a toujours défendu la cohabitation de l’industrie dans le tissu urbain mais dans le respect des normes environnementales  en vigueur, normes qui sont réfléchies par l’Organisation Mondiale de la Santé, imposées par l’Europe et transposées dans notre législation.
  • Que dans le cas de la cokerie, ces normes étaient très largement dépassées et étaient la conséquence d’un abandon du suivi indispensable à la maintenance de l’outil, par les directions successives de la sidérurgie.

Dans l’état actuel de ses connaissances, le comité se félicite que la fermeture ne soit pas le corollaire d’un drame social. Au contraire, la pérennisation des outils à Charleroi et l’emploi semblent assurés avec les investissements annoncés et la fabrication de produits à haute valeur ajoutée. Dans un concept de développement durable, cela ne pourra que concilier économie et écologie.


  GB solde : employés et clients doivent refuser de payer la note 
signCarrefourGroup

Volkswagen, Kraft, Opel,  Inbev, et maintenant GB qui a annoncé la fermeture de 16 de ses magasins dont 2 dans notre région : Gilly et Anderlues........ la série continue. On finirait presque par trouver ces fermetures banales et inévitables. Elles ne sont ni l’un ni l’autre. La restructuration annoncée n’est pas banale car ce sont 900 emplois directs qui sont touchés, 900 hommes et femmes et leurs familles sacrifiés au nom du profit. Elle n’est pas davantage inévitable. 

La multinationale Carrefour (actionnaire à 100% de GIB) ne perd pas d’argent mais tente de maximiser ses profits.  Pour ce faire, elle est occupée à franchiser un maximum de ses enseignes (202 des 280 supermarchés GB sont déjà exploités par des franchisés). Elle veut franchiser car cela permettra d’avoir des employés moins protégés socialement (pas de représentation syndicale, travail le dimanche,…) et moins bien payés (jusqu'à 20-30% de moins). 

En adaptant sa réglementation (entre autre sur les conventions collectives), l’Etat pourrait empêcher ce gâchis.
 Mais il faut aller plus loin. Le problème est qu’aujourd’hui ce sont des multinationales qui contrôlent la grande distribution.  La multinationale Carrefour est présente dans 29 pays avec 12.000 magasins. Liquider 16 magasins et 900 employés ne pèse rien au regard de possibles bénéfices.  Nous sommes les otages de cette logique boursière.

Contrairement à ce qu’ils clament à coup de publicités, les géants de l’alimentation ne se soucient pas de rendre la vie moins chère aux consommateurs. La différence entre le prix de vente et celui payé au producteur est souvent gigantesque.  Producteurs, travailleurs et consommateurs sont les victimes de cette course effrénée au profit.
  

* Nous apportons notre soutien total aux travailleuses et aux travailleurs menacés de licenciement.

*Nous réclamons le maintien des emplois et des petits supermarchés GB de proximité bien appréciés par les consommateurs locaux.

* Nous réclamons les mêmes droits sociaux et syndicaux qu’au sein de GB pour les travailleurs des entreprises franchisées ce qui implique une représentation syndicale dans les petites et moyennes entreprises.

* Nous proposons de rediriger les aides publiques vers les petites entreprises et non plus vers les multinationales et d’investir dans des coopératives actives dans la distribution de produits locaux.   Fédération de Charleroi du Parti Communiste

 

22:13 Écrit par PC Charleroi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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