14/03/2008

L'Etincelle n° 29

On nous écrit

Les facteurs peuvent-ils rouler en mobylette sur les trottoirs?

Bonjour Robert.

Juste te dire que je me pose quelques questions quant à d'éventuelles autorisations qui seraient données aux services de la poste de Courcelles! Je m'explique : on parle de la sécurité routière et de la sécurité des piétons mais alors, comment se fait-il que les "facteurs" roulent en mobylette sur les trottoirs pour déposer le courrier? Qu'en est-il du respect du code de la route??? On dit souvent que les jeunes ne respectent pas les lois mais comment le pourraient-ils si les services publics ne le font pas?

Voilà Robert, c'était juste un questionnement que je voulais te soumettre!

Bien à toi,

G. D. (nom connu de la rédaction)


f_wurtz001-ca44c[Vidéo] Francis Wurtz sur l’avenir des services postaux en Europe (Elunet)

Francis Wurtz est le président du groupe de la Gauche Unitaire Européenne


Le 18 février 2008, dès 18 heures, Jacques, Jean-François, Georges, Luigi et Robert, militants du Parti communiste battent la semelle devant l’entrée du nouveau centre de tri postal de Heppignies. Ils sont là pour distribuer le trac et faire signer la pétition www.sauvonslaposte.be. Ils ont été prévenus que le big boss de la poste allait rassembler ses « ouailles » pour leur expliquer comment ils allaient être mangés tout crus. Ce n’est pas la foule au portillon. Les voitures arrivent peu nombreuses. La réunion n’a vraisemblablement pas attiré la grande foule. Laissons la parole à notre camarade Claudine, guichetière et militante communiste qui vous racontera mieux que nous le déroulement de cette démocratie de façade.

Johnny Thijs a informé( ?) les postiers de Charleroi sur la poste de demain.

PHOTO2Le personnel de la Poste a été « invité » à une séance d’information. Pour les services financiers « Retail » de Charleroi, Jumet … cela se passait au CTI (Centre de Tri Industriel) à Fleurus.

La session commençait à 18 h 30 et devait durer 2 h, avec Johnny Thijs, Administrateur délégué et Koen Van Gerven, membre du Comité de Direction. De Johnny, nous n’avons vu que la tête sur une vidéo … Il ne nous a rien appris d’ailleurs ! Ou pas grand-chose, sinon que la Poste réalisait des bénéfices.

2011 reste « un challenge à relever (sic)». En effet, il n’y aura plus en 2011 que 642 bureaux de poste et 700 points Poste (librairies- grands magasins …). Aucun licenciement sec n’aura lieu pour les statutaires et les contractuels à durée indéterminée. Le plan pourrait donc être mis en œuvre sans licenciement … Il n’y aura plus aucun départ avant 60 ans. Avantage donc aux longues carrières.

« Nous savons que la charge de travail est importante, mais ce sera pis encore ! Nous savons qu’actuellement, on devrait engager du personnel en plus, mais il n’en est pas question. » « Le personnel doit faire des efforts ». Tel est le credo patronal.

Faire des efforts peut-être. Mais pour quelle récompense ? Quand on constate qu’en 2007, le salaire annuel de Johnny Thijs,  était égal à celui de la carrière entière d’un postier, on peut légitimement se poser des questions :

- 2007 : Johnny Thijs : 844.000 €
- 47 ans de carrière d’un postier (de 18 à 65 ans) x 12 x 1.500 € = 846.000 €

En ce qui concerne la distribution, le bouleversement dans la livraison du courrier verra l’engagement sous contrat de 6.000 livreurs de courrier à mi-temps.

Et  les syndicats ?  Aucune réaction par rapport à ce plan ne vient d’eux…

Le lendemain, en discutant avec des collègues, nous avons réalisé que nous n’en savions pas plus et que l’invitation était pour le moins péremptoire. (voir convocation ci-dessous - petits caractères) → « Votre présence est obligatoire »


Voici la convocation que nous avions reçue.


La Poste de demain

Ensemble, construisons notre avenir

Venez discuter avec nous à l’occasion de la session d’information sur la « Libéralisation du marché en 2011 »

- Qu’est-ce que cette libéralisation veut dire concrètement ?
- Comment la concurrence se manifestera-t-elle ?
- Quel est le plan de la Poste ?
- Qu’est-ce que cela signifie pour notre entreprise et pour Retail en particulier ?

En vue d’apporter une réponse à toutes ces questions, Johnny Thijs, Administrateur délégué et Koen Van Gerven, membre du Comité de direction, vous invitent le 18-02-2008 à participer à la session d’information qui aura lieu à Fleurus, rue du Rabisseau, 24 à 18h30 .

Cette session d’information constitue une opportunité unique de rencontrer personnellement les membres de la Direction et de leur soumettre directement votre point de vue sur ces questions.

Comment vous inscrire ?
Complétez la carte-réponse et remettez-la à votre gestionnaire de bureau.

• Votre présence est obligatoire. Les heures supplémentaires (max 2 h) peuvent être récupérées. Vous avez des questions ? Adressez-vous à votre gestionnaire de bureau.

Ensemble, nous construisons notre avenir!

Bel avenir : la casse d’un outil public pour engraisser davantage les actionnaires !(ndlr)

 


MalikaMalika El Bourezgui
Conseillère communale communiste élue en alliance sur la liste Ecolo                         
0472 407 152 
Malika.elbourezgui@brutele.be                                           






Jacques Coupez

Jacques Coupez
Conseiller communal honoraire communiste élu en alliance sur la liste Ecolo
0472 277 349
jacques.coupez@skynet.be





Réhabilitation de la place Chantraine à Gilly : suivi du dossier

Madame, Monsieur,

Veuillez trouver ci-dessous un petit récapitulatif sur l’avancement du dossier qui concerne votre quartier et plus spécifiquement la Place Chantraine.

Juin 2006 : Jacques Coupez interpelle le conseil communal sur le sujet 
Septembre 2006 : la ville rencontre les habitants, présentation / discussion sur les futurs aménagements.
Septembre 2007 : questionné, Monsieur l’Echevin Massin devait nous apprendre que :

1. Les crédits envisagés pour les travaux n’avaient pu être inscrits au plan triennal 2007-2009

2. Le dossier s’articulait autour des échevinats de Mrs Ficheroulle, Sonnet et Massin, et qu’en matière de travaux, aménagements et propreté, des synergies devaient être  mises en place, qu’un calendrier des réalisations devait être établi.

3. Un cahier des charges était en cours d’élaboration pour le démontage et la démolition des bâtiments préfabriqués situés sur la place.

4. Une implantation devait être recherchée pour accueillir l’entreprise d’économie sociale « Caddiligence », logée en partie dans les préfabriqués.

Février 2008 :            Nouvelles questions de Malika El Bourezgui

1. Entre-t-il dans les intentions de la Ville de programmer les crédits nécessaires aux travaux pour la période 2009-2011, voire avant quel en serait le phasage?

2. Une solution de relogement pour l’asbl Caddiligence a-t-elle pu être trouvée ?

3. Le cahier des charges est-il finalisé ?

Compte tenu du contexte budgétaire de la ville, du délabrement continu des bâtiments, pourriez-vous  m’informer de la période à laquelle la démolition des préfabriqués serait programmée ?

Réponse de Monsieur Eric Massin, Echevin de l’urbanisme

La régie foncière a été chargée de procéder à la démolition des bâtiments. Un cahier des charges spécial sera établi à cet effet et la régie foncière fera le maximun pour que la démolition soit effectuée au plus vite. Par ailleurs, l’ASBL « Caddiligence » a informé la régie foncière qu’elle s’installait dans le Brabant Wallon.

Comme nous le faisons en toute occasion, nous ne manquerons pas de relayer vos préoccupations et de vous tenir informés du suivi de ce dossier.


Malika El Bourezgui                                                                      
Jacques Coupez

 

Compte-rendu de la table ronde du 19 février sur la libéralisation des services publics.

Le 19 février, notre chère Maison du Peuple a accueilli différents intervenants pour un débat dont le sujet principal était la privatisation de la poste belge et ses conséquences dramatiques pour les citoyens et les travailleurs de la Poste.

Pierre Eyben, secrétaire politique de la Fédération du PC de Liège a commencé par dépeindre le tableau noir de la Poste pour en arriver ensuite à sa proposition de retour à une poste 100 % publique.

Depuis longtemps, les services publics subissent une pression des multinationales qui voient dans ceux-ci de nouvelles opportunités de profit.

En 2005, la moitié de la Poste est bradée pour un montant de 150 millions d’euros à un consortium formé par la poste danoise et CVC Partners alors que rien que son seul patrimoine immobilier était (sous) estimé à 470 millions d’euros. CVC Partners est propriétaire de 44 entreprises. Il a fait du rachat d’entreprises sa spécialité. Il revend ensuite les entreprises après les avoir restructurées, rationalisées pour en tirer un maximum de profit.

Le patron de la Poste est Johnny Thys déjà membre, avant la privatisation partielle de la Poste, du board de réflexion de CVC Partners en 2003. Ce boss désigné par l’Etat était donc déjà un cadre de la société CVC Partners avant la vente.

La Poste au cours des 10 dernières années a perdu 10.000 emplois. Elle a fermé 277 bureaux de poste l’année passée. Eurostat estime que la Belgique compte le nombre le plus bas en Europe de bureaux en regard de sa population. Les bureaux de poste ont été partiellement remplacés par des points postes, des libraires, des franchisés qui n’offrent qu’une petite partie des services.

Les employés ont subi les plans Géoroute I, II et III qui ont considérablement dégradé leurs conditions de travail alors que la Poste faisait 174 millions de bénéfices en 2006 et plus de 200 millions en 2007.

La libéralisation du service postal imposée par l’Europe n’implique pas une privatisation. C’est le PS entre autres qui l’a demandée alors qu’elle n’était et n’est toujours pas justifiée. Une poste totalement publique peut continuer à évoluer dans un environnement où tous les services postaux n’ont pas été ouverts à la concurrence. La fin du monopole de la distribution du « petit » courrier est prévue pour 2011.

Dans ce contexte, la pétition « Sauvons la poste » exige le retour à une poste à 100 % publique et donc le non renouvellement en 2009 du contrat avec CVC Partners.

François Schreuer, ancien président de la Fédération des Etudiants Francophones et militant associatif, lui, a démontré la nécessité de l’existence du service public en général.

Depuis les années 80, la gauche sociale-démocrate assiste parfois, initie souvent le démantèlement des services publics. Les raisons exposées pour défendre l’existence d’un service public sont au nombre de 6:

1) garantie de droits fondamentaux: l’accès à toute une série de services de base (eau, santé, enseignement, etc.) est garantie pour tous.

2) monopoles naturels: la concurrence de différents acteurs engendre des coûts élevés (chemin de fer et distribution du courrier postal par exemple). Il pourrait être objecté qu’un monopole privé peut être institué dans ce cas. Mais alors cette entreprise en position de force impose des prix élevés lui procurant un profit élevé.

3) service de politique publique: le service public non seulement garantit l’égalité d’accès et de prix à tous les citoyens y compris en région rurale mais il peut également servir une politique de discrimination positive ce que ne garantit certainement pas une entreprise capitaliste dont l’objet est le profit.

4) service public écologique: le service public peut organiser une production écologique évitant les gaspillages et la pollution. Il suffit de penser à la multiplication des antennes de GSM et à l’abandon par la poste du transport par chemin de fer pour le transport routier.

5) stabilisateur incorporé: les emplois du secteur public amortissent les conséquences sociales et économiques des crises. Il constitue également un exemple en matière qualité d’emploi pour les autres secteurs.

6) secteur stratégique: il assure la qualité et la continuité du service au public (énergie, nucléaire, etc.).

Voilà ainsi l’essentiel des interventions qu’ont pu entendre les quelques postiers et les nombreux camarades du PC, de la LCR (trotskystes), du PTB, des socialistes en rupture et des altermondialistes qui ont fortement critiqué la construction européenne et le fameux mini-traité européen qui mettra en œuvre, s’il est approuvé, une nouvelle fuite en avant libérale.

Cette conférence a en tout cas montré qu’il existe une détermination commune forte qui dépasse les sempiternelles chapelles politiques de mettre en échec le libéralisme.

Jean-François GONSETTE

Gauches en Europe : le temps des recompositions

par Maurice Magis
Secrétaire international du PC (Wallonie-Bruxelles)
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Nous avons abordé dans une précédente réflexion la question d’une « gauche en déshérence idéologique » face à la « valeur travail ». Une gauche socialiste qui, délaissant les exigences réformatrices qu’appelle toujours le conflit capital-travail, laisse le champ libre aux forces conservatrices. Et une gauche qui se dit volontiers « alternative », que d’aucuns qualifient de « radicale », mais qui, prise en défaut devant les mutations technologiques, économiques et socioculturelles, manifeste surtout une grande impuissance à agir dans le champ du réel.

Ces deux gauches, telles qu’elles se sont historiquement construites, sont en délicatesse avec les opinions. Avec le « mouvement social ». Parfois, en débandade. Soit parce que, comme la majeure partie de la social-démocratie, elle fait siens les dogmes par lesquels le libéralisme étend sa domination. Soit, et c’est souvent lié, parce qu’elle subit de sévères sanctions électorales (mais nous parlerons ici de l’Europe, d’évolutions électorales, donc quantifiables et tangibles. La donne est différente à bien des égards sur les autres continents, singulièrement l’Amérique latine).


Ces constats ne vont pas sans entraîner de profonds questionnements. Sauf à considérer que l’opposition est le lieu politique commun et définitif de la « vraie » gauche (ou que, comme le pensent certains, l’élection est un piège à cons, voire le signe d’un dangereux « déviationnisme bourgeois »), il y a urgence à s’interroger sur les moyens de reprendre pied dans le réel dans les conditions d’aujourd’hui. Les communistes ont parfois tenté d’explorer des pistes nouvelles, d’engager des expériences susceptibles de rendre une visée opérationnelle à un héritage fort riche. Mais de toute évidence insuffisantes pour leur permettre de peser sur les lieux de pouvoir (sauf, et pour peu de temps, dans des situations post-révolutionnaires, comme au Portugal et en Espagne. Ou, mais dans des conditions, disons, de grande « fragilité », comme en France ou en Italie).

Rappelons, en vrac, sans faire trop d’Histoire – et surtout sans prétendre à l’exhaustivité -, le « moment eurocommuniste » qui, alors que déjà de profonds craquements ébranlaient le « camp socialiste » - et l’on vérifiera plus tard qu’ils lui furent fatals - tenta de repeindre un communisme occidental, libéré des réflexes « kominterniens »,  aux couleurs européennes (et même japonaises). D’ingérables difficultés en vinrent vite à bout.

Evoquons, sur un plan national, l’expérience potentiellement porteuse, même si compliquée par de rudes combats internes, d’Izquierda Unida en Espagne. Notons que, plus « orthodoxe » dans le discours et les thèses, le PCP a renoncé, dès la révolution des œillets à se présenter sous ses couleurs, privilégiant une alliance électorale de différents courants rouges et verts (sans éviter toutefois la naissance d’un parti concurrent à gauche de la social-démocratie, le Bloco de Esquerda).

En Belgique même, il est utile de rappeler à nos jeunes membres ce que fut l’UDP (Union démocratique et progressiste) voici plusieurs décennies déjà, sur quelles bases, au départ de quels constats elle fut tentée. Il s’agissait bien de privilégier de larges alliances stratégiques à gauche. Ce qui, dans la situation si difficile des années 1980, quand nous perdîmes notre représentation parlementaire, nous mena à considérer que « la reconstruction du PC prend son sens comme constitution d’un point d’appui pour la formation à terme d’une force qui manque à la gauche et dont l’orientation stratégique serait le développement de la démocratie dans tous les domaines. »

A suivre 

CRIME D’HONNEUR ET LES AUTRES ?

sadia

Sans équivoque, nous dénonçons tout crime d’honneur et tout mariage forcé. Du point de vue de l’islam , ces faits n’ont aucun fondement mais proviennent de pratiques traditionnelles, machistes et moyennageuses.  Nous devons dénoncer et de tenter d’éradiquer ces comportements sans relâche par la réaffirmation du droit et de la loi,  l’éducation et l’information des populations et surtout de nos jeunes.

Par souci d’objectivité et d’honnêteté intellectuelle, il faut également souligner que les crimes d’honneur sont de plus en plus rares et que les mariages forcés sont également en nette diminution.  

Cependant, nous sommes interpellés par le fait que rien que durant l’année 2007 qui vient de s’écouler, plus d’une dizaine de femmes ont été blessées ou assassinées par un conjoint ou un époux et que seul l’unique crime d’honneur qui a eu lieu cette année a surtout été mis en évidence.

Les assassinats de toutes ces femmes, l’une à coups de marteau, d’autres à coups de couteau, l’une sous les yeux de ses propres enfants et d’autres en laissant des enfants orphelins, sont-ils devenus de banals faits divers, des crimes de second plan dans notre société dite civilisée ?

A-t-on envisagé des manifestations, des réflexions ou des colloques pour toutes ces femmes assassinées ?

Y-a-t-il d’un côté « le crime d’honneur » qui suscite à lui seul tant de réactions, d’indignation et de l’autre côté, tous les autres meurtres de femmes devenus banals .

Nous craignons là un risque de dérive vers une sorte de catégorisation malsaine des violences faites à l’encontre des femmes.

Nous pensons que quelle que soit la raison de la violence envers une femme ou d’un crime envers celle-ci, il s’agit finalement toujours d’un individu qui s’arroge le droit de vie ou de mort sur sa femme, sa compagne, sa fille ou sa sœur.  

Nous regrettons que dans le contexte actuel,  seuls,les Malikarares crimes d’honneur suscitent toute la réflexion. Nous aurions souhaité que pour la Journée de la Femme, ce soit tous les crimes commis sur des femmes et l’ensemble de la violence croissante envers les femmes qui suscite le débat.

Quelle qu’en soit la raison, un meurtre est un meurtre et doit rester absolument inacceptable et punissable.

Malika El Bourezgui
Conseillère communale communiste élue sur la liste ECOLO


Ils nous mentent !

Ils nous mentent

A en croire Le Soir, « un accord est un bon accord » au simple motif que voir désormais les « grands » partis s'entendre sur des textes, cela, désormais, « frise le miracle ». Nos élites faisaient plaisir à voir après avoir renvoyé à l'été l'essentiel des dossiers institutionnels qui fâchent et élaboré un budget bancal. On connaît la chanson : «Tout le monde a gagné».

Tout le monde ? Si l'aile gauche du gouvernement insiste sur les (très) maigres moyens dégagés pour donner un coloris social à l'exercice, les libéraux peuvent légitimement claironner leur satisfaction. Ainsi, tout vrai débat est pratiquement clos sur les fameux « intérêts notionnels », ce cadeau aux grandes entreprises et aux sociétés multinationales qui contribue à faire de la Belgique un paradis fiscal pour le grand capital. D'autre part, aucune mesure sérieuse n'est prise pour améliorer significativement le pouvoir d'achat de la population, cela au motif que les caisses sont vides et qu'il s'agit avant tout de se plier aux contraintes budgétaires européennes. Au total, c'est toujours la même logique qui prévaut, celle de l'immunité pour les grands groupes bénéficiaires et celle du respect absolu de leurs profits colossaux pourtant nés du travail. En outre, ce sont les contribuables qui passent à la caisse puisque, par le biais de la politique des cadeaux fiscaux, ce sont aussi nos impôts qui gonflent les profits.

Les profits, parlons-en : le brasseur Inbev annonce un bénéfice net de 2,19 milliards d'euros contre 1,4 milliard un an plus tôt. Solvay réalise son record absolu avec 828 millions d'euros de bénéfice net. Distrigaz, a réalisé un bénéfice net de 294,1 millions d'euros, en hausse de 12,5%. Même La Poste, aujourd'hui semi privatisée et qui ne cesse de fermer des bureaux, voit ses bénéfices exploser avec un bénéfice avant impôt de près de 234 millions d'euros en 2007. La liste des surprofits est sans fin (Electrabel, Belgacom, Fortis, ,.). Elle s'allonge au fur et à mesure que les ménages paient au grand comptant d'insupportables augmentations de prix. Et il n'y aurait pas d'argent pour les salaires, les allocations, une fiscalité qui prendrait enfin en compte les difficultés croissantes à se nourrir, se
chauffer, se loger, s'éduquer quand un nombre toujours plus grand de familles se trouvent plongées en situation de pauvreté absolue ? En Belgique, 17% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

On nous ment. La FEB qui prétend qu' « il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat » dans notre pays. Les dirigeants politiques qui expliquent qu'il n'y a pas de marges pour répondre aux besoins populaires. La part du salaire dans le PIB, la richesse nationale produite par les travailleurs, est passée du 67% en 1980 à environ 50% aujourd'hui.

La vérité, c'est que l'argent coule à flots dans ce pays et que ces énormes richesses sont accaparées par quelques-uns. Que les grandes fortunes prospèrent et que les grands groupes privés (parfois d'anciens joyaux publics) génèrent des bénéfices colossaux. Que les plus nantis donnent volontiers des leçons, considèrent comme sacrilèges les augmentations de salaires, veulent toujours plus de flexibilité et la mise à la casse des conquêtes sociales.

La vérité, c'est que, selon le ministère de l'Economie, l'inflation a atteint 3,64% sur un an, son plus haut niveau depuis 17 ans. Que, comme la Banque nationale l'a confirmé, les plus fortes hausses frappent les produits de première nécessité : l'électricité, le gaz, les fruits, le pain. Que le gouvernement n'envisage aucune mesure sérieuse pour contrôler et réguler des marchés en proie à de scandaleuses spéculations.

La vérité, c'est aussi que les moyens existent pour mener une ambitieuse politique sociale, augmenter les salaires, les pensions et les allocations sociales. Comme dans toute l'Europe, les salariés belges doivent se mobiliser pour la revalorisation de leur pouvoir d'achat. Les communistes sont, évidemment, à leur côté.

Le Bureau politique du Parti Communiste

12:13 Écrit par PC Charleroi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |