21/10/2008

L'Etincelle n° 36

Poste privatisée, le prix du timbre explose     
 
Depuis la privatisation partielle de La Poste en 2005 (vente pour une bouchée de pain de 50% de celle-ci à un consortium privé emmené par le Fonds d’investissement britannique CVC Capital Partners), la déglingue sociale et la baisse du service rendu à la population s’accélèrent.

Avec la perte de plus de mille emplois par an (1450 équivalents temps-plein perdus en 2007), l’introduction de « distributeurs » précaires et sous-statutaires en lieu et place des facteurs, le recours massif à des contrats de courte durée et au travail à temps partiel, et la multiplication des plans pour augmenter la productivité (Géoroute 2, 3,…), la déglingue sociale est totale.

Dans le même temps, la poste a supprimé plusieurs milliers de boîtes postales, elle a fermé 277 bureaux en 2007, et 200 bureaux supplémentaires seront  )sacrifiés cette année.  En lieu et place, elle ouvre des « points-poste » tenus par du personnel sous-payé et   sous-formé.  Le service bancaire de proximité de la banque de la Poste disparait, touchant de plein fouet nombre de personnes modestes.

Ces changements n’interviennent pas pour rendre un quelconque service mieux adapté à la population ainsi que la direction de la Poste voudrait le faire croire mais.n’ont d’autre objectif que d’assurer des marges bénéficiaires encore plus grandes pour les nouveaux investisseurs.

Dernière annonce en date, la Poste qui réalise pourtant déjà des bénéfices croissants ses dernières années, vient de décider de porter dès le 1er janvier 2009 le prix du timbre de 0.54 à 0.59€ soit une augmentation de 10%.  C’est inacceptable ! Les salaires et allocations sociales ne connaitront évidemment pas la même augmentation. 

Pour justifier son choix, la direction de la Poste pointe notamment la hausse du prix des carburants. Il est bon cependant de rappeler que c’est précisément cette direction qui, négligeant toute considération écologique et privilégiant la rentabilité à court terme, a décidé récemment d’abandonner le transport par chemin de fer au profit du tout à la route, construisant notamment de nouveaux centres de tri le long des autoroutes.

La population n’a pas à payer ni pour  les choix de rentabilité privée de la direction de la Poste ni pour enrichir les actionnaires privés de celle-ci ainsi que son riche patron Johnny Thijs (quasi un million d’euros de salaire annuel).

Le Parti Communiste réclame plus que jamais la renégociation du contrat de gestion 2005-2009 par les autorités fédérales.  Que ce soit pour les fermetures de bureaux ou pour la hausse des tarifs, celui-ci a largement prouvé ses vices.  Par ailleurs, nous plaidons pour l’imposition de conditions drastiques pour  la gestion de l’activité postale (salaire minimum du postier, maintien d’un service de qualité et de proximité,…).  Afin de parvenir à un véritable service de qualité à la population, nous réclamons enfin le retour à une poste 100% publique.

En ce sens, nous appelons nos membres et sympathisants à signer et faire signer la pétition : http://sauvonslaposte.be
 
Le Bureau politique


Un congrès de positionnement et de reconquête   

Etape important de la vie du Parti Communiste Wallonie-Bruxelles et témoignage de son renouveau actuel, notre congrès aura lieu le 18 octobre à Bruxelles. Plusieurs mois assidus de travail nous ont en effet permis de dégager les cinq axes autours desquels s'articulera notre congrès, cinq axes qui précisent notre positionnement idéologique et politique ainsi que la nature l’action que nous souhaitons mener dans les mois et années à venir:

- Notre Communisme pour le XXIème siècle
- La question de la démocratie
- Perspectives : " Socialisme ou barbarie "
- Le fonctionnement du parti : bilan et propositions
- La conjoncture actuelle et les objectifs de notre parti

Ces documents ont été ébauchés par le Bureau politique sur base du travail fait par les Fédérations.  Ils ont ensuite été débattus et amendés dans les diverses fédérations et sections avec tous les militants.  Le comité Central s'est chargé de collecter et d'intégrer les amendements ainsi que de réaliser les arbitrages avant que le texte final ne soit une dernière fois débattu dans le parti. 

Une cinquantaine de délégués ont été désignés par les diverses fédérations au prorata de leur nombre de membres.  Toutefois, tous les militants en ordre de cotisation et munis de leur carte de membre peuvent assister au congrès et intervenir sur les documents. Ceux-ci sont disponibles sur simple demande à bp@particommuniste.be

Le congrès se tiendra en nos locaux (4 rue Rouppe - Salle Espace Marx).  La matinée (de 9h à 13h30) sera consacrée au débat sur les 5 documents présentés ainsi que sur les motions proposées par les Fédérations.  Des 13h30 à 14h30, une restauration sera prévue sur place. Le début d'après-midi (14h30 à 17h30) sera consacré aux commissions.  Ensuite, la plénière reprendra vers 17h30 pour les votes sur les textes et l'élection du nouveau Comité Central. Le congrès devrait s’achever vers 20h au plus tard.

Des actes reprenant les textes de congrès, les motions ainsi que le programme politique du Parti seront imprimés à l'issue de celui-ci.  Si vous en souhaitez un exemplaire, il vous suffit de verser la somme de 10 euros au compte 310-1877676-36 avant la date du 25 octobre en n'oubliant pas de mentionner "Actes + votre adresse". Vous pourrez également les retrouver sur ce site prochainement sous format électronique.
 


 

Fortis et Dexia aux soins intensifs, la facture aux citoyens   

Au début de l’été 2007, les dirigeants de Fortis arboraient le sourire satisfait du vainqueur. Ils avaient lancé un raid hostile contre la néerlandaise ABN-Amro. Une des ces opérations prédatrices dont les seigneurs de la jungle financière ont le secret. La banque-assurance belgo-néerlandaise, construite naguère sur la dépouille de la CGER, banque publique ainsi privatisée, voulait entrer dans la cour des très grands. Il ne se trouva pas grand monde dans le monde politique et financier pour s’inquiéter des risques liés à une des ces opérations qui font la fierté du capitalisme prédateur.

Les mêmes, Reynders en tête, qui nous disait la semaine dernière, que la crise n’était pas si grave et qu’il importait avant tout de communiquer, avouaient en plein week-end que Fortis était au bord du gouffre. Tristes comédiens ! Soudain, l’Etat belge, comme ses voisins, ouvre ses tiroirs. Dont coût pour la seule Belgique : 4,7 milliards d’euros.

Le lendemain, bis repetita. 6,4 milliards  pour Dexia, elle aussi bâtie par absorption du Crédit communal, autrefois banque (publique) des communes, désormais soumise aux lois du marché et dont les dirigeants nous assuraient encore voici quelques jours que rien ne la menaçait. Coût pour le gouvernement fédéral et des Régions exsangues : trois milliards.

Au total, 7,7 milliards d’euros, soit plus de 700 euros par citoyen belge. De ces euros dont on nous dit qu’ils n’existent pas pour mener de vraies politiques sociales mais qui coulent, année après années dans les caisses des grandes entreprises (voyez les intérêts notionnels !) et enrichissent les couches les plus aisées, nourrissant ainsi la bulle financière qui éclate aujourd’hui.

Au bal des hypocrites, les banquiers mènent la danse. Et sous les applaudissements de responsables politiques en adoration devant le « libre marché sans entraves » et de la dérégulation, pierres angulaires de l’économie globalisée  et des traités européens. La crise financière globale, partie des Etats-Unis et qui gangrène toute la planète finance, a réduit à néant bien des rêves de grandeur. « Fortis sauvé par les Etats du Benelux » a titré Le Soir.  Au même moment, c’est dans toute l’Europe que les pouvoirs publics volent au secours des spéculateurs. En Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Et en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne…

Ainsi, voici les chantres de l’ultralibéralisme, ceux-là même qui privatisent à tours de bras – voyez la Poste – qui, pour réparer les dégâts, se livrent à une nationalisation partielle du principal groupe bancaire du pays. L’Union Européenne habituellement si hostile à la force publique et à toute forme de régulation avalise cette intervention massive sans un mot.

Et maintenant ? Mettons un certain nombre de choses au point. Qui paiera ? L’investissement de 4,7 milliards d’euros de la Belgique dans Fortis Banque se fera par le biais d’un emprunt avec garantie d’Etat, a précisé le ministre des Finances Didier Reynders, « Il n’y aura aucun effet sur le budget et sur le contribuable, même s’il y a toujours un risque ». Risque pour les petits porteurs, risque pour les contribuables, risques pour les bénéficiaires d’épargnes-pensions, risque pour les fonctionnaires ;  risque pour les salariés quand viendra le moment des ventes d’actifs et des restructurations, ces salariés qui iront rejoindre les cohortes de victimes de l’argent fou. Et bien entendu, risque pour l’Etat qui va s’endetter…Un  risque colossal donc quand il s’agira de passer à la caisse.

Les nationalisations partielles sont des  solutions provisoires, les gouvernements n’ayant pas vocation à rester pour toujours au capital, a déjà décrété le ministre belge des Finances, Didier Reynders. « Notre ambition n’est évidemment pas de rester présents dans le capital », a-t-il dit sur l’antenne de la RTBF. En clair, il s’agit de rester sur les rails de l’orthodoxie ultralibérale. Comme toujours, après avoir privatisé les gains, on socialise les pertes. Et puis on revendra les parts publiques au plus offrant dès que le sacrosaint marché revigoré le permettra.

Ainsi, voilà que nos gouvernants, tous partis de pouvoir confondus, versent des larmes de crocodile sur les « dérives » du capitalisme, voient dans la crise actuelle, pourtant bien prévisible, des « dysfonctionnements ». Osent même fustiger le « capitalisme fou » et quelques mauvais génies de la finance. Quelle tartufferie ! Au moment où colère et dégoût montent dans la population, c’est à la nature même du capitalisme qu’il faut s’en prendre, à ce système qui ne connaît qu’une loi, le profit,  une liberté, celle d’exploiter  le plus grand nombre au profit de quelques privilégiés, une pratique, la spéculation à outrance.

Les travailleurs et les sans-emploi qui manifesteront dans quelques jours à l’appel des syndicats auront tout cela en tête. Il s’agit de construire la riposte sociale face aux milieux patronaux et politiques qui, au nom d’une improbable « mobilisation générale », ne manqueront pas de se camoufler derrière le krach bancaire et la récession annoncée pour claironner que toute revendication est plus que jamais hors de saison. Et tenter d’imposer de nouveaux reculs sociaux.

Le peuple a déjà donné. Il s’agit de mettre la finance au service de la population, de lui donner un usage social. Il faut redécouvrir de nouveaux modes de régulations, dit-on partout dans la panique ? Soit. Il s’agirait alors, par exemple :

  • de différencier les prêts selon qu’ils sont destinés à des opérations financières ou à être investis dans le développement utile, afin de réarticuler réglementation et développement de l’économie réelle.
  • de remettre au premier plan, à contre courant du discours dominant, la question de la revalorisation des revenus du travail (et des allocations sociales) aux dépends de ceux du capital (en particulier spéculatif).
  • de remettre en place (définitivement et non à titre transitoire) un pôle financier public fort.
  • de prendre des mesures politiques afin de rendre transparents les marchés financiers et d’en finir avec les paradis fiscaux.
  • de mettre le secteur privé (et en particulier les entreprises qui spéculent en bourse) à contribution afin de financer les opérations de nationalisation actuelles. Il est inacceptable que ce soit le citoyen qui paie la facture.

Autant d’idées que le Parti communiste propose de mettre en débat.

Bruxelles, le 30 septembre 2008.


Rencontre avec Lothar Bisky : L'Europe néolibérale et militariste a échoué!     

Invité du mois du DR23, Lothar Bisky est coprésident de Die Linke et président du Parti de la Gauche Européenne

Annonce d’un itinéraire à contre-courant ? Originaire de l’Ouest, à 18 ans, Lothar Bisky part s’installer en RDA. Il y étudie, s’engage dans le Parti de l’Unité Socialiste (SED) et devient, en 1986, recteur de l’École Supérieure du Cinéma et de la Télévision de Potsdam-Babelsberg.

Après la réunification, il dirige le Parti du Socialisme démocratique (PDS, héritier du SED). Dans les luttes contre la politique antisociale du gouvernement Schröder, le PDS se rapproche de l’Alternative électorale pour le travail et la justice sociale (WASG), fondée par des anciens membres du Parti social-démocrate (SPD) et des syndicalistes. En 2005, le PDS devient le Parti de la gauche (Linkspartei) et, en alliance avec la WASG, remporte 8,7 % des voix aux législatives de septembre. Le 16 juin 2007, les deux partis, sous la direction de Lothar Bisky et d’Oskar Lafontaine, fusionnent sous le nom de La Gauche (Die Linke), troisième force politique d’Allemagne. Lothar Bisky dirige également le Parti de la Gauche européenne (PGE), que Die Linke a contribué à créer au niveau européen.

Le Drapeau Rouge : Dans un contexte européen où les forces de gauche montrent des signes d’essoufflement, Die Linke affiche une santé insolente. À quoi attribuez-vous ce succès ?

Lothar Bisky : Die Linke n’est pas au-dessus de la mêlée, mais s’occupe des soucis réels et des besoins de la majorité des habitants d’Allemagne. La politique antisociale des dernières années a généré la croissance de l’injustice sociale et de la pauvreté dans la population. Le bilan de la Grande Coalition (SPD-démocrates chrétiens) et du gouvernement rouge-vert (SPD-écologistes) qui l’a précédé se résume notamment par deux millions et demi d’enfants touchés par la pauvreté. Die Linke a changé l’agenda de la politique allemande. De plus en plus, les demandes de Die Linke sont reprises par d’autres partis. Je pense au salaire minimum, à l’amélioration des allocations familiales, l’augmentation des places dans les crèches, l’annonce du gouvernement d’introduire des réductions d’impôt pour les petites et moyennes entreprises. Maintenant, nous réclamons un prix social de l’énergie et menons une campagne contre la pauvreté des retraités. Cela nous a fait gagner progressivement du soutien dans la population. Depuis des mois, nous bénéficions de chiffres à deux chiffres dans les sondages.

DR : Die Linke est la résultante d’une convergence entre des mouvements politiques et les mobilisations de travailleurs. Pouvez-vous préciser le rôle des syndicats dans l'avènement de Die Linke ?

LB : Avec la fondation de Die Linke, nous avons acquis de la compétence syndicale et du consensus. Les revendications syndicales coïncident en grande partie avec les nôtres. En matière de travail précaire, de dumping salarial, de travail intérimaire ou de salaire minimum, Die Linke soutient, dans ou en-dehors des institutions, les luttes des syndicats et des mouvements sociaux pour les droits du monde du travail.
Nous demandons une limitation des salaires des dirigeants patronaux, qu’ils ne soient pas plus de 20 fois supérieurs aux salaires les plus bas de l’entreprise qu’ils dirigent. Nous disons qu’il faut pouvoir vivre de son travail et qu’un salaire horaire d’au moins 8 euros est donc nécessaire.

DR : Il est aujourd'hui très difficile de se dire communiste. On est souvent victime des pires amalgames. Des personnalités européennes comme vous qui ont connu le socialisme ont-elles un rôle à jouer pour aider à tirer le bilan du socialisme dit « réel » et pour distinguer le projet communiste des dérives autoritaires qui ont émaillé son histoire ?

LB : Cette année, j’ai assisté aux funérailles d’Erwin Geschonnek, mort à l’âge de 102 ans. Il était communiste, antifasciste et un grand acteur populaire allemand. Il y avait à l’époque communiste de grandes personnalités, que je continue à apprécier comme avant. Au nom du communisme, ont également été commis de grands crimes. Il faut se confronter aux deux aspects des choses. Je suis immunisé à la nostalgie envers la RDA. Mais, là aussi, il y avait des choses très raisonnables qu’on aurait pu retenir après la réunification.

L’idéal communiste de la justice sociale reste, l’égalité et la liberté font partie du même projet. Cette voie vers une société meilleure est possible seulement si beaucoup de monde le veut. Liberté et égalité doivent être réalisées de façon démocratique. Il n’y a pas d’autre possibilité, j’en suis convaincu.

DR : Hier au Kosovo, aujourd’hui dans la province de Santa Cruz en Bolivie, des mouvements scissionnistes inspirés par des intérêts géopolitiques étrangers cherchent à déstabiliser ces régions. Dans ce contexte, l’Union européenne (UE), après avoir lancé une mission sans mandat de l’ONU au Kosovo, s’est permise de critiquer les mesures du gouvernement bolivien tendant à récupérer, au bénéfice du pays, ses ressources naturelles. Quelle est l’analyse du PGE sur l’attitude de l’UE et comment compte-t-il faire état de sa solidarité avec les victimes de ce comportement ?

LB : Le PGE soutient la révolution démocratique en Bolivie qui a pour but de reconquérir l’identité et la souveraineté du pays. Nous nous opposons à une propagande persécutrice et aux intrigues séparatistes à travers lesquelles on cherche à fragmenter la Bolivie.

En Amérique Latine, il est possible de rejeter le projet des Etats-Unis de création d’une zone de libre-échange panaméricaine. Cela s’est déjà passé au Venezuela, en Equateur et en Bolivie avec la réappropriation de ressources nationales qui avaient été dérobées par les multinationales. Le PGE s’oppose résolument aussi à l’accord de libre commerce imposé par l’UE qui devrait surtout permettre aux entreprises européennes d’accéder aux ressources de ces pays.

À propos du Kosovo, le PGE critique durement l’UE parce qu’elle encourage l’indépendance du Kosovo. Seule une solution conforme au droit international pourra résoudre la crise dans cette région. Le PGE dit « non » à tout changement unilatéral, violent, des frontières actuelles en Europe, même dans le cas où des Etats ne peuvent momentanément pas exercer leurs droits souverains sur ces territoires. Nous nous opposons avec force à la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo, ainsi qu’à la reconnaissance de cette déclaration par quelques Etats européens.

DR : Les droites européennes cherchent à imposer le traité de Lisbonne. Sauf erreur, le PGE ne fut pas trop visible dans les campagnes contre le projet de traité constitutionnel finalement refusé par les peuples de France et du Pays-Bas. Quelles initiatives compte développer cette fois le PGE afin de résister cette imposition arbitraire des forces du libre marché ?

LB : Le PGE n’est pas resté passif en attendant la ratification du traité de Lisbonne. Nous avons, lors du 2ème congrès du PGE, décidé d’organiser des recueils de signatures pour un referendum sur le traité. Le groupe Die Linke au Bundestag, le parlement allemand, a présenté une motion à ce sujet, mais une majorité de députes a voté contre.

Une politique qui affaiblit de plus en plus l’Europe sociale et investit de l’argent plutôt pour l’armement et les interventions militaires n’est pas dans l’intérêt de la population européenne. Une Union contre la volonté de la majorité des citoyens n’est pas viable. Les gouvernements devraient plutôt veiller à respecter le principe de la souveraineté des peuples aussi dans l’UE. Tout le pouvoir vient du peuple. Ce principe n’est pas respecté par plusieurs gouvernements. Le gouvernement irlandais a eu le courage, à la différence de la Grande Coalition, de consulter son peuple.

Die Linke et le PGE, renforcés par le vote en Irlande, continueront à s’engager pour le changement politique nécessaire dans l’UE. La gauche a besoin d’un visage, que le PGE se propose d’être. En ce moment, nous sommes en train de travailler à une plateforme commune pour les élections européennes. Je pense que, au 21ème siècle, nous avons besoin de quatre ou cinq thèmes de lutte unificateurs, c’est important. Si nous sommes capables de réunir nos forces sur ces questions, nous deviendrons plus forts. C’est ça notre grande chance.

DR : Certains craignent que le fait que le PGE bénéficie, dans une large mesure, du financement du Parlement européen, puisse compromettre son indépendance notamment vis-à-vis des politiques officielles de l’UE. Que pouvez-vous répondre à de telles inquiétudes ?

LB : À propos du financement du Parlement européen, effectué selon les règles en vigueur, on demande au PGE « de considérer dans son programme et son activité les principes sur lesquels l’UE est basée, c'est-à-dire les principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’homme et de libertés fondamentales ainsi que l’état de droit ». Cette condition ne menace absolument pas l’autonomie politique du PGE vis-à-vis de la politique officielle de l’UE. Dans d’autres pays, l’existence et le financement par l’Etat des partis politiques dépendent de conditions semblables.

DR : Pour « faire l'Europe », on a bâti un « marché commun ». N'y a-t-il pas là un péché originel qui explique la dérive purement marchande de l'UE ? Peut-on, à votre avis, réformer l'UE ou s'agit-il, plutôt, de rebâtir d'autres liens sur d'autres bases entre les peuples d’Europe ?

LB : Oui, je crois qu’il y a quelque chose comme ça, mais je ne la définirais pas comme un péché originel. Le début de l’intégration européenne, avec seulement six Etats, se déroulait dans des conditions extérieures favorables, parce que, si ces Etats différaient dans leur dimension, ils étaient semblables sur le plan du développement économique et social. La phase de croissance après la 2ème Guerre mondiale a permis aux citoyens de profiter du développement. Cela a produit un large consensus, aussi parce qu’on pouvait résoudre les problèmes rapidement.

Le point crucial, c’est qu’on a élargi l’Union de 6 à 27 pays sans adapter de manière conséquente les contenus et les structures de l’UE aux changements du contexte extérieur, et surtout sans considérer l’intérêt de la majorité des gens. C’était évident dans le cas du traité de Maastricht. La ligne néolibérale de l’intégration européenne que l’UE se donnait à travers un marché unique, dans lequel tout le monde devait lutter contre tout le monde aux coûts les plus bas, a condamné la population européenne à payer les conséquences de cette intégration erronée. En plus, en réaction à la chute du système du socialisme réel et à la réunification de l’Europe qui s’ensuivit, l’UE est passée d’une politique extérieure et de sécurité basée sur des principes civils à une politique de croissance des moyens militaires. À coté du principe du néolibéralisme à la base des politiques de l’UE, la deuxième orientation radicalement erronée est justement la militarisation. La tentative d’adapter les structures et les mécanismes décisionnels de l’UE à 27 Etats, très différents du point de vue de leur économie et de leur société, a échoué. Surtout parce qu’on n’a pas assez tenu compte des désirs des citoyens de l’UE en matière de paix, de sécurité sociale, d’écologie. Il y a eu trop peu de participation des citoyens aux débats sur l’intégration européenne.

Propos recueillis par Pablo RODRIGUEZ


 

Décès de Georges Debunne      

C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès du camarade Georges Debunne ancien président de la FGTB. Le Parti Communiste et Georges Debunne n'ont pas toujours été adeptes de la même stratégie mais nous avons toujours lutté pour la même cause, celle des travailleurs et de tous les "damnés de la terre".

Fondateur puis président de la CES (Confédération Européenne des Syndicats), Georges Debunne avait compris que c'était également au niveau international que devaient dorénavant se mener les luttes. Au delà de la faible combativité actuelle de la CES, cette analyse demeure essentielle. Pour contrer un capitalisme mondialisé, les travailleurs doivent fédérer les résistances.

Dans les derniers temps de sa vie, Georges Debunne, cet infatigable militant, a souvent dénoncé, comme nous, l'impasse capitaliste et les dérives social-démocrates. Il s'est retrouvé aux côté de "l'autre gauche" pour combattre l'Europe ultra-libérale symbolisée par la Constitution Européenne puis par le Traité de Lisbonne. Il n'hésita pas non plus à dénoncer avec force les dérives sécuritaires orchestrées au nom d'une étrange conception de la lutte anti-terroriste et apporta son soutien à Bahar Kimyongür.

Les militants du Parti Communiste saluent sa mémoire et présentent à son épouse et à ses proches leurs plus sincères condoléances.

Le Bureau Polique 24 septembre 2008

 

11:54 Écrit par PC Charleroi dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |