14/06/2009

l'Etincelle n° 44 (juin 2009)

 

Les producteurs de lait eux-aussi victimes de la folie libérale Version imprimable E-mail
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La crise issue des politiques ultralibérales a beau frapper de plein fouet nos économies, les dirigeants actuels (qu’ils soient européens ou nationaux) ne semblent pas vouloir ouvrir les yeux. Il en va ainsi de l’agriculture avec la volonté affichée au niveau de l’UE de mettre fin aux quotas (en commençant  par les relever) et de libéraliser totalement le marché d’ici 2015. 

Conséquence directe, le prix payé aux agriculteurs pour une série de produits de base (blé, betterave, lait,…) s’effondre.  De nombreux agriculteurs, et en particulier les petits producteurs qui tentent de défendre une agriculture paysanne, se retrouvent pris à la gorge économiquement.

Les producteurs laitiers sont les premiers aux barricades car leur situation est particulièrement désastreuse. En Belgique, le prix de base d’achat du lait aux producteurs avoisine aujourd’hui les 18 centimes d' € le litre pour un coût de production moyen de 33 centimes d' €, et ce sans paiement de la main d’œuvre. Il y a à peine un an, le prix du lait payé au producteur était de 36 centimes d' € le litre.

Cette croisade  ultralibérale est soi-disant menée au nom des consommateurs.  Mais en bénéficient-ils ? La réponse est clairement « non ». Le prix des produits finis (pain, sucre, yaourt,…) ne baisse pas.  C’est la grande distribution qui impose ses prix et gonfle ses marges.  C’est elle qui grâce à un puissant lobbying pousse à la dérégulation du marché. 

Alors que des syndicats paysans progressistes telle la FUGEA montent au créneau, le puissant syndicat paysan flamand Boerenbond, historiquement très proche des sociaux-chrétiens flamands, ainsi que la ministre libérale en charge du dossier, Sabine Laruelle, ne trouvent rien à redire à la situation. C’est inacceptable ! Producteurs, consommateurs et élus progressistes doivent s’unir afin de refuser ensemble la casse sociale dans le secteur agricole.

Le Parti communiste Wallonie-Bruxelles soutient les agriculteurs en colère.  Nous revendiquons avec eux :

  • une refonte totale de la Politique Agricole Commune (PAC) avec notamment une diminution des quotas et un refus de toute libéralisation accrue du secteur.  Nous estimons au contraire que le secteur agricole (qui produit une série de biens de base) doit être protégé de la logique marchande et de la mise en concurrence mondiale
  • la défense d’une agriculture paysanne et plus locale
  • des mesures ad hoc de contrôle des importations (pour mettre fin au dumping social)
  • le paiement d’un juste prix aux agriculteurs (et concernant le lait un minimum de 40-45 cts € par litre).



Qu'est ce qu'un éco-Tartuffe et qui sont-ils ?

http://www.dailymotion.com/relevance/search/ecotartuffe/video/x6r9xu_les-ecotartuffe-nicolas-hulot_news
"[...] Cher Nicolas Hulot, je vous enjoins de vous retirer de l’écologie politique à laquelle vous avez fait plus de mal en un an que toutes les forces productivistes, droite et gauche confondues, depuis les années 1970, lorsque l’écologie est entrée en politique.

Bien sûr, vous êtes avant tout le produit des forces qui vous manipulent : E. Leclerc, L’Oréal, Bouygues, TF1 et plus largement les multinationales qui vous financent, mais aussi la droite néolibérale de Nicolas Sarkozy.

Ce n’est pas à votre personne que nous en voulons mais à l’offensive idéologique dont vous êtes le cheval de Troie le plus abouti. Vous incarnez de manière pratiquement parfaite la capacité du néolibéralisme à digérer sa contestation et à semer la confusion chez ceux qui lui résistent. Vous êtes d’autant plus efficace que vous en semblez totalement inconscient. L’idéologie dont vous êtes le vecteur conduit à dépolitiser l’enjeu écologique et la réflexion sur le productivisme. Elle amène à penser que la société de consommation ou le néolibéralisme sont compatibles avec la préservation de la planète. [...]"

Suite sur :

 

 


 

 

Dans son programme pour l'Europe, le PC-GE se prononçait pour une écologie sociale

Face au défi climatique et alimentaire, pour la défense d’une écologie de justice sociale,  nous voulons mobiliser l’ensemble du potentiel social, technique et scientifique.  Nous estimons que cela passe par une planification démocratique de la production dans une série de secteurs, seule garantie afin de permettre une transition vers une utilisation rationnelle des ressources (eau, énergies fossiles,…) disponibles et une transition rapide et massive vers les énergies renouvelables. Nous prônons également la mise en œuvre de politiques publiques d’économie d’énergie (aides aux particuliers, obligations aux entreprises). Le PC Wallonie- Bruxelles se prononce par ailleurs en faveur d’une sortie progressive (mais rapide) du nucléaire et pour une production d’énergie 100% renouvelable à terme.

Nous sommes favorables à la mise en place rapide d’un nouveau traité international conforme au 4e rapport de la commission intergouvernementale sur le changement climatique et s’intégrant dans le plan d’action de l’Union européenne de 2007-2009. Nous réclamons au minimum : une réduction des émissions globales de 30% d'ici 2020 sur la base du niveau de 1990 et d'au moins 80% d'ici à 2050, une augmentation de l'utilisation des énergies renouvelables d'au moins 25% d'ici à 2020, la réduction de la consommation totale d'énergie primaire de 25% d'ici à 2020 et l’augmentation de l'efficacité énergétique de 2% par an, y compris en limitant la consommation par tête d’habitant, une obligation d'efficacité pour l'industrie et les producteurs de marchandises à forte consommation énergétique. Nous sommes contre la réduction du protocole de Kyoto à un système marchand de quotas d'émissions.

Nous sommes opposés aux agro-carburants qui poussent à la hausse le coût des matières premières et plongent dans la faim les populations déjà les plus précarisées.


 

 


affiche_pcVoici un premier bilan du Bureau Politique du PC Wallonie-Bruxelles suite aux scrutins (régionale et européen) du 7 juin 2009. D'ici la fin du mois, le Comité Central se réunira et une analyse plus détaillée sera produite.  Bonne lecture.

Un résultat décevant et inattendu

Ces derniers mois, de nombreux militants ont rejoint notre parti, toutes nos fédérations ont vu le nombre de leurs membres progresser, des sections se sont (ré)ouvertes.  Au cours de cette campagne, le travail militant fourni aura également été plus important que lors du scrutin de 2007 (affichage mais surtout distribution de centaines de milliers de tracts,…)  et la couverture médiatique modeste mais en progrès.

Pourtant, malgré quelques petits succès locaux, nos résultats sont très décevants et nous perdons plus de la moitié de notre électorat par rapport 2007.

D’ores et déjà, on peut penser que plusieurs éléments peuvent expliquer cet échec : la dispersion des listes de la gauche anticapitaliste, une campagne de proposition trop peu lisible de notre part, le choix d’une dénomination (PC-GE) trop difficile à comprendre pour nos électeurs d’autant plus qu’elle apparaissait très tardivement, et enfin des appels au vote utile lancés par le PS et la FGTB afin de faire barrage au MR.

A Bruxelles, le cartel PC-PSL-LCR-PH n’a pas, non plus, obtenu les résultats escomptés.

Dans les prochaines semaines, notre parti analysera cette situation plus finement et en tirera les conséquences qui s’imposent.

Au-delà de ces constats peu réjouissants, le PC tient à remercier celles et ceux (plus de 8000 personnes) qui lui ont accordé leur confiance ainsi que son partenaire électoral dans les régions et à l’Europe, le Parti Humaniste.

Une chose est certaine, nous ne baisserons pas les bras et continuerons à populariser nos propositions de changement.

Analyse de la gauche en Europe

Abstention record et virage à droite, montée des formations xénophobes et populistes dans plusieurs pays, recul historique des formations socialistes sont les conclusions principales de cette élection européenne. La gauche de gauche incarnée par le groupe GUE/NGL connaît des résultats contrastés (35 députés au lieu de 41 mais dans un Parlement comptant moins de députés), malgré des résultats encourageants en Allemagne (avec 8 députés pour Die Linke), en France (avec 5 députés pour le Front de Gauche) ou au Portugal (le PCP et le Bloco enregistrent une forte progression). Force est de constater que la conversion de la social-démocratie au « social-libéralisme » depuis plusieurs décennies a largement affaibli l’idée même d’alternative, et cela au moment où la crise du système capitaliste s’aiguise et exigerait des réformes de gauche profondes dans toute l’Europe.

En Wallonie et à Bruxelles

Un des enseignements de cette campagne est sans doute qu’attaquer le PS uniquement  sur les « affaires » et par sa droite, n’a pas convaincu massivement l’électorat.  S’il recule, le PS ne connait pas la débâcle annoncée.  ECOLO est en net progrès même s’il n’obtient pas les résultats que les sondages lui promettaient. L’extrême-droite disparait et nous nous en réjouissons. Le MR, qui rêvait de devenir le premier parti, doit remiser ses ambitions hégémoniques. Le CDH de Joëlle Milquet arrive désormais en quatrième position en Wallonie et en Communauté française. Au total, ces élections ne montrent certainement pas une adhésion populaire aux thèses ultralibérales en Wallonie et en Communauté française. C’est là une leçon essentielle du 7 juin qu’il s’agira de rappeler à celles et ceux qui négocient les majorités régionales et nous représenteront au Parlement européen.

Concernant l’évolution de la gauche anticapitaliste en Belgique, force est de constater que si nous sommes les perdants, il n’y a pas véritablement de gagnants. La LCR, malgré d’importants relais médiatiques et l’engagement d’Olivier Besancenot, ne perce pas. La liste CAP D’Orazio fait un score comparablement faible.  Quant au PTB, malgré une plus forte présence médiatique (ce qui est nouveau) et militante, il ne réalise qu’une avancée modeste au regard de ses espérances (en particulier à Bruxelles) et principalement dans les bastions où il a des élus locaux. 

En conclusion

Devant nous demeure le principal défi : celui de la création d’une force politique à la gauche du PS et d’ECOLO afin de mettre en avant des solutions concrètes pour rencontrer les défis sociaux, économiques et écologiques.


 

Le GUE/NGL a élu Lothar Bisky à la présidence du groupe
 
fsl_lothar_bisky_li_763251gLe groupe parlementaire de la Gauche unitaire européenne /Gauche verte nordique (GUE/NGL)* du Parlement européen a élu, aujourd'hui, à l'unanimité, Lothar Bisky (DIE LINKE.) Président du groupe.
 
Après avoir remercié l'ensemble du groupe pour la confiance accordée, et salué le travail de Francis Wurtz, qui a dirigé le groupe GUE/NGL pendant les deux dernières législatures, Lothar Bisky à notamment déclaré: "Le groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique au Parlement européen continuera à lutter pour une Europe sociale et pour le désarmement de l'Union européenne, non pour sa militarisation."
 
Le Groupe GUE/NGL a aussi élu ses vice-présidents: Eva-Britt Svensson (Suède), Ilda Figueiredo (Portugal), Kartika Liotard (Pay-Bas), Takis HatziGeorgiou (Chypre) et Miloslav Ransdorf (République tchèque).
 
 
francis%20wurtz.A l'issue de ces votes, Francis Wurtz a déclaré "quitter le Parlement européen en gardant le souvenir d'une expérience politique et humaine exceptionnelle". Il a remercié les membres, les secrétaires et collaborateurs, les fonctionnaires, les interprètes de leur précieuse coopération. "Notre groupe a réussi, par delà la grande diversité de ses composantes, à se construire une identité de gauche - sociale, écologique, solidaire, féministe, démocratique, pacifique... Elle est reconnue tant au sein des institutions européennes que dans les mouvements sociaux et les forces progressistes, en Europe et dans nombre de régions du monde. C'est là notre légitime fierté collective. Bon vent à vous toutes et tous! Allez de l'avant. La gauche européenne a besoin de vous."
 
En conclusion, Lothar Bisky s'est exprimé à propos de la réélection possible de José Manuel Barroso en tant que président de la Commission européenne, et a déclaré que le groupe y était opposé: "Ces Européens responsables de la situation économique et financière actuelle doivent en assumer l'entière responsabilité".
 
* Le groupe GUE/NGL est actuellement composé de 35 députés de 13 pays membres.

Pérou la sanglante vitrine de la mondialisation Version imprimable E-mail

  
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Dans le cadre de la politique de privatisation forcenée et de l’ouverture sans restrictions aux investissements étrangers décidés par les accords du traité de libre commerce (TLC) souscrits entre le  président Alan Garcia et le gouvernement Bush, le gouvernement péruvien avait légiféré afin de donner libre accès aux multinationales pour la prospection et exploitation des énormes ressources forestières de sa région amazonienne  ainsi que des grands gisements de gaz naturel et de pétrole récemment découverts.

Les populations indigènes de cette région ne comptaient toutefois pas se soumettre si docilement à cette agression contre leur habitat, leurs coutumes, leur environnement. Elles ont d’abord manifesté pacifiquement leur désaccord, puis, faute de réaction des autorités, de manière plus énergique. Ainsi, depuis déjà presque 4 mois, des actions ont été menées pour bloquer l’avancement des travaux (encerclement des chantiers, blocage des routes..).

La réaction du gouvernement du président Alan García, probablement le plus servile des chefs d’état de l’Amérique Latine envers les multinationales, ne s’est pas fait attendre et une violente répression a été entreprise contre les populations révoltées y compris l’utilisation d’hélicoptères pour tirer sur les manifestants qui ne disposaient que de leurs flèches. Le bilan tragique de cette violente répression reste inconnu ; Garcia parle d’une dizaine de morts parmi les civils et une vingtaine parmi les militaires mais des témoins directs disent avoir vu charger en catimini des dizaines de sacs plastiques dans des hélicoptères et des embarcations fluviales de la marine. Difficile en tout cas de faire confiance en la macabre comptabilité du président social-démocrate péruvien, par ailleurs vice-président honoraire de l’Internationale Socialiste, déjà connu pour avoir « résolu », dans son précédent mandat, une révolte dans la prison centrale de Lima, par le carnage de 250 prisonniers.

Dans ce contexte, le silence de l’Union européenne et des pontes ‘humanistes’ comme Bernard Kouchner et Daniel Cohn-Bendit, toujours prêts à dénoncer des violations des droits humains venant soit disant de Cuba, du Venezuela ou de Bolivie,  n’est que révélateur de la profondeur de leur misérable hypocrisie. Plus près de chez nous, le silence de nos autorités et de Louis Michel, commissaire au développement est aussi très révélateur.

Face à tout cela, tout en manifestant notre profonde solidarité avec le peuple péruvien et en particulier sa composante indigène, nous tenons à dénoncer avec la plus grande énergie les auteurs de ces crimes et leurs complices.


Le Bureau Politique

Honduras, NON au putsch réactionnaire ! Version imprimable E-mail

  

 Comme en avril 2002 lorsque les putschistes vénézuéliens (soutenus notamment par George W. Bush, José María Aznar, mais également le socialiste Felipe González) prétendirent que le président Hugo Chavez avait renoncé volontairement à la présidence de son pays, leurs homologues du Honduras « montrent » aujourd’hui sans le moindre scrupule une lettre antidatée du président Manuel Zelaya selon laquelle ce dernier renoncerait volontairement à son mandat. Ceci est un mensonge grossier que ce dernier a vivement démenti depuis son exil forcé du Costa Rica.

Mais Manuel Zelaya ne s’est pas limité à dénoncer cette mascarade.  En tant que démocrate intègre, il a également appelé les forces progressistes de son pays à sortir dans la rue afin de manifester leur opposition au crime de lèse démocratie organisé par l’armée, l’Eglise catholique (et certaines églises sectaires importées des Etats-Unis), et surtout la servile grande bourgeoisie hondurienne.  Celle-ci enrage d’avoir entendu ce président progressiste annoncer d’importants projets de reforme agraire, et ce, après avoir déjà subi l’affront de se voir imposer par décret, puisque la droite domine le Parlement, un salaire minimum pour les travailleurs de ce pays.  Que l’on ne s’y trompe pas, il s’agit donc bien d’un putsch réactionnaire afin de tenter de stopper des réformes populaires.

Face à ce putsch scandaleux, condamné même par des organisations peu suspectes de sympathies gauchistes telle l’Organisation d’Etats Américains (OEA) et l’Union européenne qui n’ont pas hésité à parler de « coup d’état », seul le très médiatique président des Etats-Unis Barack Obama se montre pour le moins réservé, se disant simplement « préoccupé ».

Assurément, ce qui préoccupe le plus monsieur Obama est de voir que l’Amérique latine confirme toujours plus son insoumission aux diktats des intérêts qu’il représente et qu’il défend si bien quoi qu’en pensent ses admirateurs européens de droite et de gauche.

Quant à nous, tout en manifestant notre solidarité avec le peuple hondurien et en souhaitant encore des nouvelles « préoccupations » au président américain, nous exigeons de notre gouvernement une attitude claire de condamnation de cette agression commise contre la démocratie dans ce pays.

Le Bureau Politique du Parti Communiste Wallonie-Bruxelles

19:20 Écrit par PC Charleroi dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |