16/09/2009

L'Etincelle n° 47 (septembre 2009)

Assassinat de Julien Lahaut, la démocratie à nouveau bafouée     

julienFoulant au pied le vote intervenu en 2008 au Sénat, la ministre libérale Sabine Laruelle vient d’annoncer que l’enquête sur l’assassinat de Julien Lahaut ne serait pas effectuée.  Cette enquête scientifique constituait déjà un compromis puisque de nombreuses personnalités et élus à l’appel du PC réclament une véritable commission d’enquête parlementaire.  Il semble que cela soit encore trop pour certains.

Outre que la vérité sur l’assassinat d’une des figures principales du mouvement ouvrier de ce pays n’a pas de prix, l’argument financier avancé par le gouvernement est absolument fallacieux et même indécent.  Le coût d’une telle enquête est dérisoire au regard des budgets de l’Etat.  (Doit-on rappeler que plus de 20 milliards ont été trouvés en un week-end pour les banques, lesquelles ont d’ores et déjà repris leur course au profit !)

Le Parti Communiste s’insurge contre cette décision éminemment politique.  Certains continuent de se battre avec force contre la vérité, faisant de notre pays une véritable « monarchie bananière ». 

Avec tous les hommes et les femmes de gauche, notamment écologistes et militants républicains épris comme lui de vérité, le PC ne renoncera pas au respect d'une élémentaire justice. 

Le Bureau Politique
 


 

 

"L'enseignement, une priorité" qu'ils ont dit !     

engreveDepuis plus de 20 ans, l'enseignement est agressé, toujours désigné comme bouffeur de budget et les enseignants, comme des fainéants, toujours en vacances et gréviculteurs. Ça suffit !

La question des gouffres budgétaires a été habilement opacifiée, oubliée, tuée pendant la campagne électorale. Mais il a été aussi dit que l'Ecole ne paierait pas pour les banques.

Les mesures précises, annoncées dans la presse, attaquent directement les conditions de travail des enseignants, par conséquent leur disponibilité envers leurs élèves: moins 1,5 milliard d' € sur les traitements, dont 700 millions dans l'enseignement obligatoire.

De plus, elles érodent significativement les budgets des familles, en supprimant l'intervention dans les abonnements SNCB. Elles grappillent quelques millions sur les missions d'aide aux écoles en difficulté. Elles annulent les engagements envers l'enseignement différencié. Elles réduisent les budgets prévus pour les activités de fin d'année scolaire. Elles enverront un nombre important d'enseignants (plus de 2000) au chômage et dévaloriseront de ce fait les études pédagogiques.

Les coalitions gouvernementales successives imposent des mesures douloureuses pour la majorité de la population, au bénéfice de ... (Complétez les pointillés).

Maintenant, ça suffit !

D'autres possibilités de renflouement des caisses de l'Etat fédéral, des Régions et des Communautés existent:

- la suppression des intérêts notionnels ;
-
l'imposition des revenus du capital ;
-
l’imposition des grandes fortunes (de plus d’un million d’euros)
-
la transparence dans les transactions financières
-
l'application de la taxe Tobin-Spahn, votée par notre Parlement ;
-
la lutte effective contre la grande fraude fiscale (30 € milliards);
-
une diminution significative de notre contribution à l'OTAN.


Le Parti communiste Wallonie-Bruxelles salue le courage et la détermination des enseignants et de leurs organisations syndicales, dans leur lutte en Front commun et tous réseaux confondus contre ces mesures en contradiction avec de bonnes perspectives d'avenir.

Il s'adresse aux associations des parents et aux organisations des étudiants pour qu'elles marquent concrètement leur solidarité avec l'action des enseignants.
 
Le Bureau politique


 

 

Jacky Hénin, député au parlement Européen et ancien maire de Calais:

Et Maintenant ??

migrantsmanif

Eric Besson l’avait annoncé, il l’a fait !

Du bel ouvrage, CRS, bulldozers, tronçonneuses, semi-remorques… La Jungle est démantelée et les passeurs sont, c’est certain, en état d’arrestation.

Si le sujet n’était aussi sérieux, cela pourrait ressembler à une superbe histoire des « pieds nicklés ».

Quel responsable doté d’un minimum de jugeote peut penser qu’en prévenant le banc et l’arrière banc 3 jours avant (y compris par voie de presse), ceux qui font commerce de la douleur des autres vont attendre sagement qu’on vienne les interpeler ??

Si Monsieur Besson n’était pas ministre, on pourrait croire qu’il ne dispose pas de toutes ses facultés !

Je me suis toujours refusé à me servir du malheur des autres pour communiquer, j’ai de très nombreuses fois refusé de participer à des émissions radio ou télé diffusées dès lors que cela s’apparentait, c’est ce que je pense, davantage à du voyeurisme qu’à une volonté d’aide concrète.

Aujourd’hui comme hier, je reste profondément persuadé que ce dossier (celui de la migration par Calais) est une tâche indélébile sur la face de celle que l’on nomme France, et qui partout dans le monde est réputée pour être la patrie des droits de l’homme.

Je suis, comme beaucoup d’autres, particulièrement atteint dans mon esprit d’homme, par ces souffrances qui se côtoient chaque jour.

Souffrances de ceux qui ont tout quitté parce qu’on leur a vendu un  hypothétique bonheur de l’autre côté de la Manche, souffrances de ces femmes et de ces hommes qui vivent de peu ici chez nous.

Enfants, femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, obligés de dormir à l’extérieur, quel que soit le temps, privés d’eau, de toilettes… de ce que j’ai appelé un jour la stricte humanité !

Enfants, femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, obligés de se priver de tout, condamnés à demander de la nourriture pour finir le mois…

Certes, les souffrances ne sont pas exactement les mêmes, mais elles entraînent les même dégâts irréversibles.

Je suis particulièrement meurtri de constater que depuis de trop nombreuses années les candidats à l’immigration en Grande-Bretagne sont les otages ou des pouvoirs ou des lobbies.

En disant cela je suis prêt à assumer le propos publiquement et m’en explique :

- Faire croire à tout un chacun que l’ouverture de toilettes et de douches est un acte de nature à permettre la réalisation de points de fixation est d’une stupidité affligeante et je pèse mes mots.

- Laisser une minorité d’intégristes de l’entraide, quand la majorité silencieuse est remarquable de courage et d’humanité, tout refuser au prétexte que ce sera tout ou rien, que l’endroit n’est pas le bon, que si… est aussi d’une grande stupidité.

- Permettre au porteur d’une idéologie répugnante de s’appuyer sur la réalité d’une présence, pour opposer les hommes entre eux et distiller quantité d’idées aussi répugnantes que celle que les migrants seraient mieux traités que la population locale est abject.

Le problème est pourtant d’une grande simplicité.

Ce qui pousse ces citoyens du monde à partir, c’est parfois la guerre, mais c’est surtout la « guerre sous sa forme économique ».

Ce qui pousse ces femmes et ces hommes à vouloir se rendre en Grande-Bretagne, c’est la perspective pour des raisons propres au Royaume-Uni de pouvoir trouver du travail et de ne pas avoir besoin de documents d’identité. Le montant de la rémunération et les conditions de vie étant à ce stade secondaires tant elles seront de toutes façons meilleures que celles vécues antérieurement dans les pays d’origine.

Le constat fait toutes ces dernières années prouve que les migrants à leur énorme majorité ne veulent pas rester en France !

A partir de là, est-on capable de régler rapidement toutes ces questions ? La réponse évidemment est non, et alors se pose la question du « que fait-on ? »

Certains diront : « mais vous, qu’avez-vous fait ? »

Je veux le dire avec simplicité, j’ai eu tort de croire que la discussion pouvait permettre de faire avancer un projet commun, j’ai eu tort de croire que les Calaisiennes et les Calaisiens ne comprendraient pas, j’ai surtout eu tort de ne pas dire leurs quatre vérités aux extrémistes de l’Etat et des lobbies car ce faisant j’ai sans aucun doute participé à ce que des hommes et des femmes n’aient pas la stricte humanité. Cela je dois l’assumer, et ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas toujours simple.

Dans le même temps, je veux redire avec force que, pour ce qui me concerne, la misère se combat, elle ne se commente pas !

Aujourd’hui la jungle est démantelée et alors, qu’a-t-on réglé ? Rien !!

Tout au plus s’est-on aperçu de la présence de plus de 100 mineurs !

Demain, dans quelques jours, ceux qui croient que le bonheur est de l’autre côté seront de retour, et que fera-t-on ?

Prendra-t-on la décision d’envoyer la légion étrangère ? Jettera-t-on des appâts pour inoculer des maladies comme pour les animaux ?

Il est temps, grand temps de mettre la Grande-Bretagne devant ses responsabilités, et d’offrir au nom de la République française  des douches et des toilettes.

Au delà du blabla, des déclarations stériles et des effets d’annonce : vite la stricte humanité !!!!




Marie-Christine VERGIAT, députée européenne, membre de la commission "Libertés civiles, Justice, Affaires intérieures"

Destruction de la "jungle" de Calais : jour de honte et de rage

_080927-jungle_calais1En septembre 1999, à la demande d'associations, l'Etat réquisitionnait un hangar pour héberger les immigrés voulant se rendre en Angleterre. Trois ans plus tard, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, décidait brutalement la fermeture et la destruction du camp de Sangatte au prétexte notamment de lutter contre les passeurs. Les immigrés se sont alors réfugiés dans les bois alentours, pour créer ce qui est appelé depuis quelques temps la "jungle".

Il y a une semaine, Eric Besson, ministre de l'Immigration, récidive et décide sans concertation et dans la précipitation de la "fermeture" de la "jungle" des environs de Calais.

L'opération de police a eu lieu ce mardi 22 septembre. Plus de 300 personnes ont été interpellées, dont plus d’une centaine de mineurs. D'autres lieux de fortune du Calaisis devraient être détruits dans les prochains jours.

La fermeture du camp de Sangatte en 2002 a montré la faillite d'une politique uniquement répressive qui ne peut faire cesser l’arrivée d'immigrés qui cherche refuge en Angleterre.

Le gouvernement fait une nouvelle fois une opération de communication sans régler la question des conditions de vie des migrants et ne fait que renforcer l’assimilation entre immigration et insécurité. La lutte contre les réseaux de passeurs ne doit pas prendre pour cible leurs victimes.

On ne fait que déplacer le problème dans l’espace et dans le  temps. Les immigrés se regrouperont ailleurs, leurs conditions de vie continueront de s’aggraver, le travail des associations et des bénévoles venant à l'aide de ces personnes au risque d'être sanctionnés pour aide à l'immigration clandestine, sera rendu encore plus difficile.

Les autorités françaises et européennes se révèlent, une fois encore, incapables d’apporter une réponse adaptée à la détresse des réfugiés.

L’Europe forteresse n’est en rien une solution. Il est urgent de cesser de dénier les droits des migrants ; il est urgent d’instaurer un mécanisme leur permettant de demander asile là où ils peuvent vivre décemment et où ils ont, le plus souvent, d’ores et déjà des liens familiaux, sociaux ou culturels.


 

Exigeons la liberté pour Güler Zere !     

gülerElle avait 22 ans Güler Zere, militante de la gauche radicale turque, lorsqu’elle  est entrée en prison et fut condamnée par les tribunaux sous l’accusation de « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel». Bien qu'elle ait été active dans les rangs de la guérilla du parti DHKP-C,  Güler Zere n'a jamais participé à une attaque armée; par ailleurs aucune accusation en ce sens n’a été portée contre elle.

Aujourd’hui, elle a 37 ans et n’a toujours pas quitté son lugubre cachot de la prison d’Elbistan dont la sinistre réputation n’est plus à faire. Bien plus grave encore, Güler est depuis quelques années gravement malade d’un cancer, maintenant en phase terminale, et vit donc ses derniers jours dans une situation indigne de la condition humaine. En effet, les autorités de son pays, après lui avoir refusé pendant des années les traitements médicaux que sa santé exigeait, et donc contribué sciemment à l’aggravation de sa maladie, s’obstinent maintenant à lui refuser le sursis à l’exécution de la peine réclamé par sa famille. Situation d’autant plus scandaleuse qu’au même moment le monde entier est témoin de la libération de M. Megrahi condamné pour sa participation à l'attentat de Lockerbie et libéré et rapatrié en Lybie pour cause médicale avec forte odeur de pétrole.

Ces mêmes autorités, faisant semblant d’accéder à la protestation que leur comportement inhumain ne cesse de susciter, ont décidé de la transférer dans la cellule d’un hôpital qui ne dispose pas, selon un rapport des oncologues du même hôpital, des moyens nécessaires à ses soins.

Nous assistons donc à un cas de traitement répressif particulièrement lâche envers une militante politique et c’est pourquoi le Parti communiste exige de notre Ministre des affaires étrangères, ainsi que des autorités de l’Union européenne, si pressées de faire adhérer ce pays, qu’ils assument leurs responsabilités afin que le décès de Güler ne s’ajoute pas aux centaines de morts qui se sont produites dans les prisons turques au cours des dernières années.

Bruxelles, le 10 septembre 2009

Le BP du PC
 

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