19/11/2009

L'Etincelle n° 49 (novembre 2009)

Halte aux dérives racistes dans le débat sur le voile !      

voileLe Parti Communiste défend en toute circonstance une conception laïque de la société.  Nous prônons un découplage complet entre d’une part le fonctionnement de l’Etat et de ses institutions et d’autre part les convictions religieuses qui relèvent strictement de la sphère privée.

Dans un pays dont le roi, en délégation officielle, va à Rome s’agenouiller devant le pape Benoit XVI, dans un pays dont le gouvernement participe chaque année au Te Deum, dans un pays où il est impossible d’imposer un seul réseau d’enseignement et de substituer aux cours de religion un cours de philosophie, ce combat demeure central et il dépasse de loin ce qu’il est désormais convenu d’appeler « la question du voile ».

La radicalisation d’une partie (et d’une partie seulement) du monde musulman nous inquiète comme nous inquiète toute radicalisation religieuse et toute velléité des religieux de s’immiscer dans la gestion des Etats. 

Le Parti Communiste tient toutefois à s’opposer avec la plus grande vigueur à l'instrumentalisation faite actuellement du débat sur le voile par des opportunistes droitiers qui cherchent à « voiler » leurs vraies motivations racistes. La Gauche doit se garder également de tomber dans les tentations communautaristes.

Si c’est véritablement de laïcité dont il s’agit, le débat est mal engagé. Dans les médias, les forums et dans la rue, les prises de position se radicalisent et les amalgames se multiplient.  La caricature de débat qui s’installe stigmatise une population déjà précarisée économiquement et régulièrement discriminée.  Elle fait le jeu de l’extrême-droite en véhiculant clichés et propos racistes.  Les communistes ne crieront pas avec les loups.

L'émancipation sociale, par l'accès des filles et des garçons à un enseignement général, laïc et mixte, et donc à une juste place dans la société, la multiplication des cultures et la richesse de la mixité sont, plus que jamais, nos objectifs. La justice et une solution juste au conflit en Palestine permettront enfin de faire reculer les extrémismes. Notre laïcité est celle du respect mutuel.
 
Le Bureau politique
 
  


 

Il y a 20 ans, un mur tombait … et après ? 

berlin
   
 

Il y a 20 ans, un mur tombait. La preuve était faite que l’enfermement d’une population est toujours un signe d’échec pour un système politique.

Il y a 20 ans, un mur tombait et le camp « socialiste » explosait, miné par un long travail de sape des puissances occidentales, mais également miné de l’intérieur, victime de l’autoritarisme, des excès bureaucratiques et de son incapacité à répondre aux ravages d’une crise multiforme et aux besoins d’émancipation des peuples. C’était l’échec d’une expérience d’alternative au capitalisme, qui a tourné le dos à l’espoir soulevé au début du XXe siècle.

Mais 20 ans après, où en est-on ? Selon une étude récente de l’institut Forsa, alors qu’en 1989, 71% des Allemands de l’Est estimaient que leur vie allait s’améliorer suite à la chute du mur, ils ne sont plus que 39 % à juger leur situation meilleure aujourd’hui.

La « chute du communisme » devait donner la paix et la prospérité au monde.  Or, on ne voit que conflits et inégalités croissantes. Partout, les droits sociaux reculent et la démocratie se mue de plus en plus en une bulle creuse. L’effondrement du « bloc de l’Est » a fait sauter un verrou à l’expansion planétaire de l’ultralibéralisme, aux appétits des oligarchies prédatrices et à la marchandisation sans freins.

Dans nombre de pays de l’Est européen, c’est aujourd’hui le règne du capitalisme sauvage, de la criminalité florissante, des mafias, de la corruption. Les inégalités explosent, le droit des femmes recule, l’espérance de vie baisse, des mouvements néofascistes redressent la tête.

Alors que le Pacte de Varsovie n’existe plus, l’OTAN a progressé de 800 kilomètres en direction de l’Est. Dans ce monde dit globalisé, des guerres terrifiantes sont menées au nom de la lutte contre le terrorisme, au mépris des aspirations à un ordre économique mondial juste qui permettrait le  développement de l’Afrique, de l’Asie et de l‘Amérique latine.

Triste bilan. Il y a 20 ans, un mur tombait et nous ne le regrettons pas.  Mais d’autres restent à abattre : en Palestine, à Chypre, à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. 

Nous n’affichons aucune complaisance pour ce qui fut fait au nom du communisme. Mais au moment où d’aucuns travaillent à tracer un signe d’égalité entre le communisme et le nazisme, nous refusons les caricatures. Sans dogmatisme et avec un attachement aigu à la démocratie et aux libertés chèrement conquises par les luttes populaires, les communistes belges continuent de lutter pour sortir du capitalisme. Plus que jamais.

Le capitalisme triomphant n’accepte pas que des forces politiques s’opposent à sa main mise sur les populations du monde et à ses mortelles logiques. Ses servants les plus zélés n’hésitent pas à falsifier l'Histoire en occultant sa propre responsabilité dans l'arrivée au pouvoir de partis fascistes tant en Europe qu'ailleurs. Ils veulent ne reconnaître qu'une part des victimes de la seconde guerre mondiale, et nier le rôle central de l’URSS et du peuple soviétique dans la lutte contre le régime nazi.  Ils occultent volontiers le fait qu’au Chili, dans un continent latino-américain qui a payé un lourd tribut aux sordides manœuvres des Etats-Unis, les dirigeants de Washington ont aidé à anéantir par le sang une expérience sociale et politique et placé au pouvoir le dictateur Pinochet. Aujourd’hui, ils caricaturent celles et ceux qui, à Cuba, au Venezuela, en Equateur ou en Bolivie, tentent de construire un modèle de développement alternatif à celui des multinationales et du FMI. 

Le monde entier a tourné une page. Les partisans du capitalisme proclament  volontiers la fin de l’histoire. Or, le bilan de leur hégémonie sur le monde est sans équivoque : le système est entré dans une crise globale et planétaire. Tout ce que nous dénonçons a eu lieu pendant ces 20 années. Les communistes poursuivront leur combat pour un avenir de liberté et d’égalité. Non, l’histoire n’est pas finie.

 Le Bureau politique
 

 

11:25 Écrit par PC Charleroi dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |