31/01/2010

L'Etincelle n° 51 (janvier 2010)

« Apocalypse » dans l’information ? : l’URSS et le pacte germano-soviétique

"Après avoir pris le pouvoir et installé le système nazi en Allemagne, Hitler décide de faire main basse sur l'Europe. Il s'allie avec Staline puis envahit la Pologne, le 1er septembre 1939. La France et l'Angleterre n'ont plus le choix : elles déclarent la guerre à l'Allemagne. Mais les Allemands et les Soviétiques dépècent tranquillement la Pologne »  Ainsi commence la présentation faite par la RTBF de l’ensemble de son programme « Apocalypse », composée de six séries documentaires, et  présenté très récemment à la télévision.

Difficile de faire mieux dans la mauvaise foi. Difficile en effet de réussir l’exploit de mettre en quatre (4) lignes, tant de contrevérités, tant de volonté évidente de façonner des faits de l’histoire afin de leur doter d’une signification politique tendancieuse. « Hitler s’allie avec Staline » dit une de ses premières phrases. C’est clair, c’est simple, trop simple. Faute de précisions des rédacteurs de cette présentation et vu le sujet et le contexte historique d’alors, ont est obligé à déduire que c’est le Pacte germano-soviétique signé en août 1939 que justifierait cette affirmation. Ainsi, par une logique mystérieuse un pacte, de surcroît de non-agression, vaut alliance; rien de moins. Mais surtout ils oublient (oublier ici c’est une politesse de langage) que ce pacte-là, suivit les accords de Munich signés quelques mois plus tôt par la France et l’Angleterre avec Hitler et Mussolini en personne et dont la dite présentation ne touche pas un mot. Or ces accords, dans leur signification profonde, valent bien plus « alliance » avec Hitler que le pacte Molotov-Ribbentrop. Traité par lequel l’occident sacrifiait la Tchécoslovaquie pour se plier aux exigences d’Hitler permettant ainsi aux troupes de la Wehrmacht de s’approcher dangereusement de l’URSS. Ils oublient encore de dire que cette même URSS avait proposé, sans succès, aux puissances occidentales de faire intervenir son armée pour protéger cette Tchécoslovaquie menacée. Et que la Pologne d’alors, la dite Pologne « martyrisée », était dans les mains d’un gouvernement inféodé à Berlin et qui avait signé avec le même Von Ribbentrop un traité en 1934 essentiellement destiné à menacer l’Union Soviétique. Plus significatif encore, on cache, on continue à cacher, le fait que  la France, représenté par Charles Bonnet, son Ministre des affaires étrangères (et futur membre du Conseil national de Pétain) avait signé le même Pacte de non-agression avec le même Von Ribbentrop de l’Allemagne nazie. Pourquoi alors, lorsqu’on parle du pacte germano-soviétique l’on cache toutes les autres compromissions ? Pourquoi, surtout, lorsqu’on constate toutes ces mouvances orientées à encercler l’URSS par la puissance militaire allemande, toutes ces capitulations, de l’occident vis-à-vis Berlin, refuse t-on à l’URSS le droit de penser à sa sécurité ?

La présentation continue allégrement en disant que « ..les Allemands et les Soviétiques dépècent tranquillement la Pologne » laissant entendre qu’ils se partagent ensemble et dans la joie le « butin » polonais. Sans dire mot sur le fait que l’URSS interviendra en Pologne deux semaines après l’occupation allemande, et ce, après que la Pologne eut officiellement capitulé. Ces aimables présentateurs auraient alors souhaité que l’URSS, après avoir constaté la désertion des puissances occidentales, après constat de l’occupation de la Wehrmacht des territoires occidentaux de la Pologne, eut laissé les troupes hitlériennes s’installer tranquillement et directement sur ses frontières ? A défaut de la compréhension d’un de ces «soviétologues» de nos jours ou des rédacteurs d’Apocalypse, l’URSS eut, entre autres, celle d’un certain Winston Churchil qui écrivit, en parlant des occasions manquées: « l'offre des Soviétiques fut ignorée dans les faits. Ils ne furent pas consultés face à la menace hitlérienne et furent traités avec une indifférence, pour ne pas dire un dédain, qui marqua l'esprit de Staline. Les évènements se déroulèrent comme si la Russie soviétique n'existait pas. Nous avons après-coup terriblement payé pour cela. » 
 
La série Apocalypse, excellente par ailleurs lorsqu’elle présente des images inédites témoignant de l’horreur de la deuxième guerre, se permet également des affirmations d’une simplicité effarante ou des omissions douteuses. Ainsi, sans la moindre preuve, sans citer aucune source, sans même utiliser, par précaution, la forme conditionnelle du verbe, elle prétend que Staline avait adressé un télégramme personnel à Hitler le félicitant pour avoir occupé la France. Gaffe involontaire, coquille dans le récit ? Hélas, nous croyons que non. Nous pensons que cette manière de présenter les choses, d’administrer tendancieusement les faits historiques a comme but celui de modeler la pensée des gens, de façonner les opinions publiques ; en l’occurrence de mettre dans la tête des gens que le nazisme et le communisme se valent. Et modeler et façonner abusivement l’esprit des gens, c’est le plus propre des totalitarismes, c’est le premier pas d’une contre-culture fasciste.

Le chroniqueur que je suis a vécu en URSS. Il a pu faire connaissance également de l’utilisation des médias comme instrument de propagande, comme outil de façonnage de l’opinion. Avec une importante nuance. En URSS personne ou presque, n’était dupe et tout le monde savait qu’en ouvrant un journal, il allait être confronté à un exercice de propagande. En occident non, la manipulation est si fine, si délicatement subliminale, que personne ne la remarque. Certains réviseurs de l’histoire ont compris ici que le problème n’est pas de mentir, mais de savoir mentir.

Vladimir Caller



Audition de Mme ASHTON au Parlement européen

Auditionnée le lundi 11 janvier par la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen, la baronne Ashton (proposée pour occuper les fonctions de vice-présidente de la Commission européenne et de Haut représentant pour les affaires étrangères de l'UE) a été incapable de répondre aux questions que lui a posées l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, vice-président de la Commission des affaires étrangères.

A la question notant qu'elle n'avait pas mentionné le partenariat transatlantique et la création d'un Grand Marché Transatlantique, elle a répondu qu'elle n'avait pas entendu parler de ce projet de Grand marché. L'eurodéputé l'a alors renvoyée aux textes adoptés à ce sujet par le Parlement et la commission.

Puis à la question lui demandant quel adversaire affronte l'Europe en Afghanistan et quels buts de guerre devaient être atteints, elle n'a pas été capable de nommer l'adversaire et s'est contentée de dire que le but était d'agir auprès de la population.

Et quand l'eurodéputé italien Mario Mauro lui a demandé quelle solution elle préfèrerait concernant la demande d'un siège pour l'Union au conseil de sécurité de l'ONU, elle a répondu qu'elle ne connaissait pas le dossier !

L'incroyable faiblesse de ses réponses est une démonstration de la confusion et de l'opacité de la politique étrangère de l'Union européenne.

Jean-Luc Mélenchon, député européen GUE-NGL, vice président de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen


Les limites du « tout au privé ».

Dans les courants politiques actuels, démocratie rime avec liberté de marché. La légende néolibérale tenace et imbécile prétend qu’en matière de gestion, une société privée est plus compétente qu’un organisme public. Comment peut-on soutenir de telles fadaises quand on connaît les finalités qui animent deux secteurs que tout oppose ? L’unique préoccupation d’une société privée consiste à enrichir ses actionnaires au détriment du bien-être du citoyen tandis que la vocation d’un organisme public est de rendre un service au plus grand nombre.

Le triste incident qui vient de survenir à Bruxelles avec la pollution de la Senne est l’illustration parfaite de ce qui est énoncé plus haut.  La station d’épuration d’eau de Bruxelles est gérée par la société Aquiris. Comment en est-on arrivé là ?

Petit rappel des faits : Le marché du siècle. C'est ainsi qu'était qualifié l'attribution du marché public d'appel d'offres européen pour la construction de la station d'épuration Bruxelles-Nord. Nous sommes  en 2007. Plus d'un million d'habitants devaient bénéficier du traitement de leurs eaux usées, ce qui en faisait une des plus importantes au monde. Un projet phare en terme d'environnement et un énorme investissement : construction, financement, exploitation et portage pendant 20 ans avant rétrocession à la région. D'un budget initial estimé à 1 milliard €,  la facture est déjà aujourd'hui, un an après sa mise en service, de 2 milliards €.

Ce marché colossal attira bien des convoitises, notamment de la part de nos voisins français. En réalité, ils feront tout pour le décrocher, en bafouant les règles élémentaires de droit, d'éthique et d'honnêteté. Quatre acteurs répondirent au cahier des charges fin 2000 : Bouygues [qui avait peu d'expérience en la matière], B.S.U.B. [consortium belgo-américain regroupant Seghers, Besix, Bechtel et United Utilitis], Hydronor [Suez ex Lyonnaise des Eaux] et Aquiris [Véolia division Vivendi Environnement].

Dans la passation de marché avec Véolia on retrouve l’ancien ministre socialiste Guy Coëme !

Aujourd’hui, la société Aquaris  « invite les parties concernées (le gouvernement de la Région Bruxelloise et les gestionnaires de la station dépuration) à se mettre autour de la table afin de débloquer la situation » ! Traduction : La Société Aquiris veut discuter du montant de 40 millions d’Euros par an que lui attribue  la région Bruxelloise. Aquiris juge cette somme insuffisante et c’est pour cette raison que la station a cessé ses activités ! La société privée n’éprouve aucun état d’âme quand il s’agit de monnayer ses services. Quand les travailleurs du service public partent en grève, on parle de « la prise en otage des usagers.» Mais quand il s’agit d’une société privée, c’est une toute autre affaire !

Durant 15 jours, le tout à l’égout est allé  directement dans la Senne provoquant une sérieuse pollution et il faudra plusieurs mois voire plusieurs années avant de résorber les dégâts environnementaux causés uniquement par  la cupidité d’un petit nombre d’individus!

Pendant ce temps, les dirigeants de l’Union Européenne et ses sirènes néolibérales nous serinent le même slogan : « La mise en concurrence des services et la disparition progressive du service public vise au bien-être du consommateur. » Au fil du temps, le mot « citoyen » a disparu du  vocabulaire de nos dirigeants.

Freddy Guidé



Déclaration commune belgo-luxembourgeoise: faire mousser la bière ou faire mousser les profits?
 
Ecrit par Déi Lénk et PC Wallonie-Bruxelles
    
 
La multinationale AB Inbev née de la fusion du groupe belgo-brésilien InBev avec le brasseur américain Anheuser-Busch, réalise de plantureux bénéfices : 2,1 milliards d’euros de résultat net pour un chiffre d’affaires de 16,1 milliards en 2008. Cela ne l’a pas empêchée d’annoncer sa volonté de supprimer 10 % de ses emplois en Europe. En pratique cela concerne environ 1000 emplois au niveau européen dont 300 (sur 2800) en Belgique et 63 (sur 93) au Luxembourg.

A Louvain, 179 emplois sont dans le collimateur. A Jupille en région liégeoise, pas moins de 63 emplois (29 employés, 14 cadres et 20 ouvriers) sur 430 sont dans le collimateur. Et la délocalisation vers Louvain et vers la Hongrie de toute une série de tâches administratives se poursuit.

A Diekirch, au Luxembourg, la situation est pire encore puisque la production de bière va être purement et simplement stoppée. Ce sont 63 emplois sur 93 qui risquent d’être supprimés à La Brasserie de Luxembourg (née de la fusion des brasseries Diekirch et Mousel en 2000 puis rachetée en 2002 par Inbev), dont 25 dans la production transférée à Louvain et Jupille, 30 dans distribution, 8 dans marketing. En 2008, ce site de production a pourtant encore réalisé 5 millions d’euros de bénéfices.

Diviser les travailleurs
 
On voit bien la tactique qui consiste aujourd’hui à jouer la « guerre des sites de production ». Des initiatives proposant le boycott des bières produites en Belgique apparaissent. Il est important de refuser cette logique et de ne pas oublier que les travailleurs et travailleuses qu’ils/elles soient luxembourgeois(es) ou belges, wallon(ne)s ou flamand(e)s, sont tous et toutes victimes des politiques ultralibérales qui mettent les travailleurs (et plus globalement les peuples) en concurrence au non du profit. Il est essentiel que les travailleurs et travailleuses puissent préserver une forte solidarité face à ces attaques.

Faire mousser les profits

AB Inbev justifie les restructurations par une diminution de la consommation de bière. Outre que cette baisse est très modeste, il faut noter que le groupe dans son ensemble ne voit pas baisser sa production à moyen terme. Il faut aussi noter qu’une bière comme la Jupiler brassée essentiellement à Jupille voit sa consommation augmenter et que la production totale du site de Jupille (environ 4.5 millions d’hectolitres) ne baisse pas.

En vérité, le groupe AB-Inbev tente de faire payer aux travailleurs et travailleuses le coût de la méga-fusion de 2008 avec le groupe américain Anheuser-Busch qui a coûté quelque 52 milliards de dollars, afin de conserver de plantureux dividendes pour ses actionnaires.

Et parmi les nouveaux « compagnons de route » de la multinationale, on trouve CVC Capital Partners, un fonds d’investissement domicilié à Luxembourg, qui en octobre 2009 a racheté pour 3 milliards de dollars les activités en Europe Centrale d’Anheuser-Busch, une nouvelle structure baptisée StarBev ayant été créée. CVC produit des bières à l’Est mais a également obtenu les droits de commercialisation pour Stella Artois, Hoegaarden, Beck’s, Löwenbräu, Spaten et Leffe. Chez CVC, on sait saigner les travailleurs et travailleuses pour faire mousser les bénéfices et abreuver les actionnaires. En Belgique on connaît bien ce fonds d’investissement propriétaire de la moitié de la Poste où il est occupé à opérer un véritable bain de sang social (perte de 1500 ETP chaque année et fermeture de la moitié des bureaux de poste notamment)

Le Parti Communiste Wallonie-Bruxelles et déi Lénk joignent leurs voix afin de refuser cette logique qui fait passer le profit avant les hommes. Plus que jamais, il est urgent de légiférer afin d’interdire les licenciements abusifs réalisés par des entreprises produisant des bénéfices. Plus que jamais il est urgent de stopper le gigantisme et la globalisation capitaliste pour produire de la qualité sur une échelle plus petite. C’est pourquoi nous prônons une relocalisation de l’activité économique, en stoppant la course aux surprofits et aux délocalisations, notamment en mettant à contribution le capital par une hausse de l’impôt sur les dividendes distribués par les sociétés. Nous sommes totalement solidaires du combat syndical mené aujourd’hui dans nos deux pays.


Violence sociale


A la rentrée de septembre 2009, PS, CDH et MR semblaient touchés par la grâce. Tous, ils estimaient qu’un an après le «krach» financier, l’Etat, qui a creusé ses déficits pour porter secours aux établissements financiers, devrait les mettre à contribution pour combler une partie des immenses trous budgétaires. En janvier, alors que les banques ont renoué avec les profits, ces belles intentions sont passées à la trappe. Il n’y a aucune raison pour que l’Etat lance une quelconque opération pour récupérer ses interventions, ont osé déclarer MM Reynders, ministre des Finances (MR), et Wathelet (CDH), ministre du Budget. Leurs collègues socialistes ont suivi sans moufter, sous la houlette d’un Elio Di Rupo qui sonne « l’alarme sociale » sans mettre la moindre proposition concrète et sérieuse sur la table.

En guise de vœux à la population, on a eu droit aux litanies d’usage sur la reprise - que nos « élites » espèrent un peu plus forte que craint voici quelques semaines encore - et  les finances publiques, courageusement obérées pour voler au secours des nantis et qu’il conviendra d’assainir au plus vite au nom du bien commun. La crise ? La meilleure manière de la dompter serait encore de prier le Dieu marché libre et ses saints. Ainsi, si l’on veut résumer, il s’agit une fois de plus de marier l’eau et le feu, une profonde soumission à l’arrogance du capital et un minimum d’attention aux besoins quotidiens des populations.

Tel est le cadre dans lequel les « interlocuteurs » sociaux sont invités à relancer le dialogue social. Dialoguer ? Quand des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires vont venir exploser les statistiques de l’ONEM ? Alors que la reprise de la croissance financière se fait à coups de plans sociaux ?  Que pas une semaine ne passe sans l’annonce de nouvelles fermetures et « dégraissages » massifs de l’emploi, ce que le capitalisme et ses porte-voix appellent un assainissement naturel de l’économie ?

De son côté, la Commission européenne avait prévenu qu’elle allait « continuer de surveiller la situation ». Elle a tenu parole. La commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, vient ainsi de lancer aux membres de l’Union européenne que les gouvernements ne peuvent « pas affecter la liberté des constructeurs bénéficiant des aides de l’État ».  En clair, il faut laisser aux multinationales la liberté totale de délocaliser, restructurer, fusionner en s’aidant des aides publiques financées avant tout par les contribuables. « Telle est la règle » répétait en substance le patron de la FEB voici quelques jours.

Face à une opinion publique de plus en plus ulcérée par les choix économiques et sociaux du gouvernement,  face à des salariés qui doivent se serrer la ceinture (chômage total ou « économique », fermetures d’entreprises, « modération » salariale, etc.), nos ministres regardent ailleurs et approuvent.

Mais voilà que la FGTB exige des réformes comme la réduction du temps de travail par la semaine de quatre jours, opération financée par une taxe sur les opérations boursières, la création d’une banque publique (il y a aujourd’hui 188 milliards d’euros sur les comptes d’épargne belges), la suspension de la procédure d’accompagnement des chômeurs… Et les pontes des fédérations patronales, relayés par leurs porte-voix politiques, étouffent d’indignation (tout cela ne serait pas digne « d’un pays civilisé » a osé affirmer l’Union des classes moyennes) et proclament la compétitivité en danger dans la patrie capitaliste. Ils vous expliquent dans la foulée que les dégraissages massifs dans les entreprises multinationales font partie du jeu normal du système. Que la désindustrialisation massive dans nos contrées et les délocalisations vers les Etats-ateliers s’inscrivent tout naturellement dans une globalisation bien comprise. Que la condition sine qua non de la création d’emplois passe d’abord par la maximisation du profit. Et que les chômeurs, souvent fils de chômeurs, parfois petits-fils de chômeurs  n’ont qu’à aller  - quand ils ne sont pas tout simplement exclus- se « réactiver » dans des programmes dont la vacuité n’est plus à démontrer.

Voilà les leçons d’économie politique que gouvernants et financiers assènent semaine après semaine.

Par ailleurs, la FGTB a décidé de mener une campagne de longue haleine pour que cesse le contrôle des chômeurs. L’objectif de ce contrôle (pudiquement nommé « accompagnement ») est de réduire le nombre de demandeurs d’emplois par la suspension, voire l’exclusion du droit aux allocations de chômage. Les derniers chiffres de l’ONEm rapportés par le journal De Morgen font état de 30.000 sanctions dont 11.000 exclusions.

Seuls 38 %, en moyenne, des exclus sont pris en charge par les CPAS, ce qui constitue pour eux une lourde charge supplémentaire. Il n’en reste pas moins que 62 % des exclus se retrouvent sans aucun revenu. Les exclus sont surtout des cohabitants, c’est-à-dire dans la plupart des cas des femmes et des jeunes, discrimination scandaleuse qui a pour conséquence d’appauvrir l’ensemble du ménage. De cela, l’« humaniste » Joëlle Milquet, Ministre CDH de l’Emploi et du Travail n’en a cure !

Au départ du conseil communal de Châtelet, une trentaine de villes et communes appuient la position de la FGTB et réclament l’arrêt des exclusions de chômeurs dans la situation de crise qui est en train de s’aggraver avec son lot quotidien de faillites, de fermetures d’entreprises et des centaines de travailleurs qui perdent leur emploi.

Le Parti communiste de Wallonie-Bruxelles (PCWB) apporte son soutien aux justes revendications de la FGTB. Il exprime sa totale solidarité avec les travailleurs sans emploi qui s’opposent aux exclusions du droit aux allocations de chômage et leurs camarades en lutte pour la sauvegarde de leurs postes de travail et de leurs revenus, pour le respect du droit du travail, pour des emplois stables et de qualité.

Le Comité central du PCWB


AB-Inbev : Quand la soif de profit met les emplois en bière

En dépit de plantureux bénéfices en 2008 (pas moins de 1.8 milliards) et de chiffres excellents pour 2009, la multinationale AB Inbev née de la fusion du groupe belgo-brésilien InBev avec le brasseur américain Anheuser-Busch, vient d’annoncer sa volonté de supprimer 10% de ses emplois en Europe.  En pratique cela concerne environ 1000 emplois au niveau européen dont 300 (sur 2800) en Belgique.  A Jupille en région liégeoise, pas moins de 63 emplois (29 employés, 14 cadres et 20 ouvriers) sur 430 sont dans le collimateur.

AB Inbev, justifie ces restructurations par une diminution de la consommation de bière.  Outre que cette baisse est très modeste (on parle de moins de 2% par an), il faut noter que le groupe AB Inbev dans son ensemble ne voit pas baisser sa production.  Au contraire, une bière comme la Jupiler brassée essentiellement à Jupille voit sa consommation augmenter et la production totale du site de Jupille (environ 4.5 millions d’hectolitres) ne baisse pas. 

En vérité, le groupe AB Inbev tente de faire payer aux travailleurs le coût de la méga fusion de 2008 avec l’américain Anheuser-Busch qui a coûté quelque 52 milliards de dollars, afin de conserver de plantureux dividendes pour ses actionnaires (dont les familles De Spoelbergh, De Mévius et Vandamme qui toutes trois figurent parmi les 100 familles belges les plus riches). On assiste à la fermeture de petits sites de production (comme celui de la Diekirch au Luxembourg) et à la poursuite de la délocalisation vers l’Est, Hongrie, de toute une série d’emplois liés notamment aux activités financières et comptables.

Le Parti Communiste Wallonie-Bruxelles refuse cette logique qui  sacrifie les emplois au bénéfice des profits. Qu’ont gagné les travailleurs de l’ex-Piedboeuf à Jupille de ces rachats et méga-fusions se succédant à un rythme effréné ?  Production automatisée, emploi administratif délocalisé, transport sous-traité (il reste à peine 9 camions propres sur le site pour environ 1000 par le passé). Les seuls gagnants sont les patrons aux salaires astronomiques et les grands actionnaires. 

C’est pourquoi nous luttons au PC pour la défense de l’emploi local.  Nous pensons que cette défense passe par des mesures favorisant une relocalisation de l’activité économique en mettant notamment un frein à la course aux surprofits. Nous proposons par exemple de passer de 25% à 40% minimum les impôts sur les dividendes distribués par les sociétés.

En dépit de plantureux bénéfices en 2008 (pas moins de 1.8 milliard) et de chiffres excellents pour 2009, la multinationale AB Inbev née de la fusion du groupe belgo-brésilien InBev avec le brasseur américain Anheuser-Busch, vient d’annoncer sa volonté de supprimer 10% de ses emplois en Europe.  En pratique cela concerne environ 1000 emplois au niveau européen dont 300 (sur 2800) en Belgique.  A Jupille en région liégeoise, pas moins de 63 emplois (29 employés, 14 cadres et 20 ouvriers) sur 430 sont dans le collimateur.

AB Inbev, justifie ces restructurations par une diminution de la consommation de bière.  Outre que cette baisse est très modeste (on parle de moins de 2% par an), il faut noter que le groupe AB Inbev dans son ensemble ne voit pas baisser sa production.  Au contraire, une bière comme la Jupiler brassée essentiellement à Jupille voit sa consommation augmenter et la production totale du site de Jupille (environ 4.5 millions d’hectolitres) ne baisse pas. 

En vérité, le groupe AB Inbev tente de faire payer aux travailleurs le coût de la méga fusion de 2008 avec l’américain Anheuser-Busch qui a coûté quelque 52 milliards de dollars, afin de conserver de plantureux dividendes pour ses actionnaires (dont les familles De Spoelbergh, De Mévius et Vandamme qui toutes trois figurent parmi les 100 familles belges les plus riches). On assiste à la fermeture de petits sites de production (comme celui de la Diekirch au Luxembourg) et à la poursuite de la délocalisation vers l’Est, Hongrie, de toute une série d’emplois liés notamment aux activités financières et comptables.

Le Parti Communiste Wallonie-Bruxelles refuse cette logique qui  sacrifie les emplois au bénéfice des profits. Qu’ont gagné les travailleurs de l’ex-Piedboeuf à Jupille de ces rachats et méga-fusions se succédant à un rythme effréné ?  Production automatisée, emploi administratif délocalisé, transport sous-traité (il reste à peine 9 camions propres sur le site pour environ 1000 par le passé). Les seuls gagnants sont les patrons aux salaires astronomiques et les grands actionnaires. 

C’est pourquoi nous luttons au PC pour la défense de l’emploi local.  Nous pensons que cette défense passe par des mesures favorisant une relocalisation de l’activité économique en mettant notamment un frein à la course aux surprofits. Nous proposons par exemple de passer de 25% à 40% minimum les impôts sur les dividendes distribués par les sociétés.

Ce vendredi 8 janvier, une délégation de la Fédération de Liège du PC s’est rendue sur le site d’AB Inbev Jupille afin de rencontrer les délégations syndicales et de leur témoigner de notre soutien dans le dur combat qui s’annonce afin que ne soit pas jetées dans la précarité des centaines de familles dépendant directement ou indirectement de l’activité brassicole à Jupille.

 


 

00:05 Écrit par PC Charleroi dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |