27/07/2010

Ferrat est le chanteur d'une cause,

 

ferrat.jpgCelle de l'amour. Amour des femmes, mais aussi de ceux qui luttent contre l’oppression, pour un monde plus juste

Chanteur amoureux et engagé, il troque rapidement la guitare pour le grand orchestre qui accompagne sa voix chaude et pleine. Parolier et compositeur, il interprète aussi les poètes, Aragon surtout, « compagnon de route » comme lui du P.C.F.

Jean Tenenbaum quatrième et dernier enfant de la famille, naît le 26 décembre 1930 à Vaucresson ( Hauts-de-Seine) d'un père artisan-joaillier d'origine caucasienne, et d'une mère ouvrière dans une fabrique de fleurs, décédé en Ardèche le 13 mars 2010. En 1942, les Tenenbaum portent l'étoile jaune; le père, déporté, meurt à Auschwitz. Après la guerre, Jean entame des études de chimie. Il joue de la guitare dans un orchestre de copains (jazz style New Orleans) et chante les chansons de Prévert, de Francis Lemarque, de Montand.


ferrat.jpgCelle de l'amour. Amour des femmes, mais aussi de ceux qui luttent contre l’oppression, pour un monde plus juste

 

Chanteur amoureux et engagé, il troque rapidement la guitare pour le grand orchestre qui accompagne sa voix chaude et pleine. Parolier et compositeur, il interprète aussi les poètes, Aragon surtout, « compagnon de route » comme lui du P.C.F.

Jean Tenenbaum quatrième et dernier enfant de la famille, naît le 26 décembre 1930 à Vaucresson ( Hauts-de-Seine) d'un père artisan-joaillier d'origine caucasienne, et d'une mère ouvrière dans une fabrique de fleurs, décédé en Ardèche le 13 mars 2010. En 1942, les Tenenbaum portent l'étoile jaune; le père, déporté, meurt à Auschwitz. Après la guerre, Jean entame des études de chimie. Il joue de la guitare dans un orchestre de copains (jazz style New Orleans) et chante les chansons de Prévert, de Francis Lemarque, de Montand.

 

La carrière

 

Au début des années 50, il compose ses premières chansons, auditionne dans les cabarets et décide de se lancer dans la chanson. Il se reproduit à l'Echelle de Jacob, au Port du Salut, au Vieux Colombier, et rencontre Christine Sèvres qu'il épouse en 61. Lorsqu'il fait la connaissance de l'éditeur Gérard Meys, il découvre un ami, un collaborateur et un associé. Les deux hommes ne se quitteront plus. Ma môme (Decca), la première réalisation sous la direction artistique de G. Meys, est un succès. Ferrat écrit des chansons pour Zizi Jeanmaire qui l'engage dans son spectacle à l'Alhambra. En 1963, le 55 tours Nuit et Brouillard, La montagne (Barclay) obtient le Prix de l'Académie Charles Cros. Sa carrière est lancée. En 66, tournées en 1973. Il continue néanmoins d'enregistrer (la femme est l'avenir de l'homme, Le bilan). En 1990, la SACEM lui décerne d'or de la chanson française.

 

L'engagement

 

Le combat des hommes contre l'oppression, pour la justice et l'égalité sociale inspire à Ferrat un grand nombre de chansons. De Nuit et brouillard (1963), où il rend hommage aux déportés des camps de concentration nazis, jusqu'à Dans la jungle ou dans le zoo (1991), il est en prise sur l'actualité du monde et prend position provoquant souvent la polémique. Compagnon de route, indéfectible mais souvent critique, du P.C.F. Ferrat chante ses révoltes (Potemkine), ses espoirs (La matinée, Cuba si), ses déceptions (Camarade, le Le Bilan).

 

Fou de poésie

 

Les Yeux d'Elsa (1956) est sa première chanson sur un poème d'Aragon. En 1973, Ferrat chante Aragon se vend à plus de deux millions d'exemplaires. Dans Ferrat 95, il chante seize nouveaux poèmes d'Aragon. Dès son second 45-tours (1959), avec ma môme, Ferrat chante le grand poète espagnol Federico Garcia Lorca, poète qu'il mettra dorénavant souvent en musique.

 

  

 «  Je chante pas pour passer le temps »

 

Poésie et engagement sont pour Ferrat deux facettes d'une même expression de l'amour des femmes et de l'humanité. Ses chansons mêlent poésie, amour ( Les saisons), sensualité, tendresse (Berceuse), colère, hommage aux humbles et aux opprimés ( Ma France), aux combattants de la liberté ( La Commune).

 

« Je vis de bouffées d'espoir »

 

Y a-t-il aujourd'hui un esprit de RESISTANCE?

 

JEAN FERRAT. Il me semble que c’est là un motif d'espoir. Réagir est d'autant plus important que tout est fait pour que chaque velléité de résistance soit étouffée.

 

Vous est-il arrivé de désespérer?

 

JEAN FERRAT. Oui, bien sûr. Le monde ne va pas toujours dans le sens de l'espérance. On le voit aujourd'hui. Et puis, soudain, il y a une bouffée d'espoir quand les gens gens se lèvent. C'est très contrasté.

 

Ma France dont on parlera également à la Fête a été  elle, carrément interdite. Quand on lit le texte, très dénonciateur de la réaction gaulliste après mai 1968, on peut presque se dire que vous l'aviez bien cherché?

 

JEAN FERRAT. Absolument. Je ne supportais pas la façon dont les choses avaient tourné. J'avais commencé par écrire des paroles sur le thème « pauvre France, qu'est-ce que tu es devenue? » Et puis, après avoir aligné quelques couplets vengeurs, je me suis dit : des gens se qui ont fait évoluer la condition des hommes ont dû l'imposer. Petit à petit, j'ai pris une option positive, parlant de la France que j'aimais à partir de la Révolution Française

 

Cette France n'est pas que politique puisqu'au début du texte vous écrivez: « Des genêts de Bretagne aux Bruyères d'Ardèche... »

 

JEAN FERRAT. Cela commence très bucolique, c'est mon côté Jean des Sources.

 

Les censeurs n'ont pas été très sensibles à votre côté bucolique.

 

JEAN FERRAT. Il l'ont été sans doute mais ils auraient bien aimé que j'en reste là. La chanson a été vite interdite. J'étais d'une grande émission du dimanche après-midi avec Jean-Pierre Chabrol, Brel, Brassens etc. On échangeait des idées au micro. À un moment donné le chef de plateau est arrivé avec une ardoise où était écrit à la craie: « Ordre de la direction, que Jean Ferrat chante, mais qu'il ne parle plus. » Il y a eu un tollé général et toute l'équipe a été virée. Je n'ai plus fait de télévision pendant deux ans et demi.

 

Les chansons sont parfois dangereuse...

 
JEAN FERRAT. Certains doivent le penser

 

Par Pierre Eyben, porte-parole du Parti communiste

 

 

22:18 Écrit par PC Charleroi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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