31/08/2010

Notre ville est-elle aux mains des dealers ?

Malika_El_Bourezgui.jpgPartout en Europe, les villes et cités sont confrontées au fléau des trafics de drogue qui ne cesse d’engendrer d’importantes nuisances tant sur le plan sécuritaire, sociale et de la santé. 

Charleroi n’échappe pas à cette réalité et le constat est qu’ils sont de  plus en plus nombreux, ceux et celles qui sont tentés par l’argent vite gagné qu’offre le business de la drogue pour améliorer leurs conditions de vie.    La plupart d’entre eux, sans formation et qualification, ont des difficultés  à s’intégrer professionnellement et socialement, ce qui les rend vulnérables.


Parmi tous les dealers et trafiquants, une catégorie minoritaire nous interpelle cependant. Il s’agit de noyaux de jeunes clandestins, en grande partie originaires du Maghreb, qui s’adonnent à ce business de façon agressive et plus visible que les autres.  Ce phénomène qui a débuté  à Marchienne et rue Turenne à Charleroi, s’est déplacé au quartier de la Broucheterre et alentours. 

Bien que cette délinquance ne soit pas comparable avec la violence des organisations mafieuses issues de l’étranger et notamment de l’Europe de l’Est par exemple, elle engendre d’importants troubles, des tensions ainsi qu’un réel sentiment d’insécurité auprès des habitants, des commerçants et des passants qui n’en peuvent plus et réclament des solutions rapidement.

Plusieurs de ces petits dealers sont venus à Charleroi parce qu’ils ont entendu dire que c’était facile d’y gagner de l’argent sans être trop inquiétés. 

A force de côtoyer des  stupéfiants et pour supporter l’insécurité de leur existence, beaucoup finissent par devenir consommateur, accentuant ainsi leur dépendance et leur précarité dans un cercle vicieux.  C’est là qu’ils deviennent plus nuisibles et incontrôlables.

On peut observer que certains développent des troubles psychiatriques notamment suite à des mélanges de stupéfiants, d’alcool, d’anxiolytiques et d’antidépresseurs.   Quelques-uns présentent même des comportements violents et instables. 

Face à cette situation dramatique sur le plan humain et social, beaucoup de questions se posent ?

- Comment ces groupes d’individus, pratiquement toujours les mêmes, continuent-ils à dealer et  nuire à leur entourage à la vue de tout le monde sans être sévèrement punis, voire isoler ou expulser ?

- Pourquoi ces perturbateurs ne peuvent-ils être identifiés sur base de photos ou d’empreinte digitale par exemple ?

- Est-il sain de laisser ce genre d’individu non identifié en liberté sans risque de renforcer le sentiment d’impunité ?

- Comment ces personnes sans papiers qui ne peuvent voyager arrivent à s’approvisionner sans difficulté en cocaïne, héroïne, cannabis et autres ? 

- Comment expliquez-vous que la drogue circule aussi facilement dans notre région et que les gros fournisseurs continuent à alimenter notre territoire ?

- Existe-t-il des collaborations avec les pays limitrophes comme les Pays-Bas pour lutter contre le fléau de la drogue ?

- Comment expliquez-vous que l’argent sale de la drogue est si facilement blanchi alors que c’est le nerf de la guerre auquel il faut s’attaquer pour espérer lutter efficacement contre ce fléau ? 

- Quels sont les moyens actuellement utilisés pour s’attaquer au blanchiment de cet argent ?

- Quelles stratégies comptez-vous développer  pour rendre la vie impossible aux dealers et débarrasser les quartiers de ce fléau considérant qu’il y a la petite face visible de l’Iceberg et la grande face cachée ?

- Quels moyens envisagez-vous également pour renforcer la prévention dans les quartiers ?

- Et finalement, comment notre ville peut-elle se préserver du développement d’une délinquance et d’une mafia internationale ?

Malheureusement, le comportement de ces quelques clandestins délinquants jette aussi l’opprobre sur la population d’origine maghrébine qui se sent humiliée et de nouveau stigmatisée.

Sachez Monsieur le Bourgmestre que comme tous les Carolos, l’ensemble des citoyens et travailleurs d’origine maghrébine respectueux de la société et de ses lois sont affligés par cette situation qu’ils déplorent et dénoncent fortement.  Ils ne supportent plus cette vision et l’image insultante qui leur est renvoyé et qui n’est absolument pas représentative.

Nous sommes solidaires de tout individu contraint à l’exil et l’émigration pour fuir la misère, la guerre ou l’aliénation mais absolument rien ne peut justifier des agissements délinquants et mafieux sur notre territoire.

Devant cet état de fait, il y va de la responsabilité de l’autorité locale de veiller à ce qu’à tous ses niveaux de compétences, le discernement soit de mise afin d’éviter tout amalgame et préjugés pouvant provoquer des tensions entre communautés.

Je tiens à préciser que depuis octobre 2009, l’asbl La Main dans la Main située dans le quartier de la Broucheterre, a sollicité l’intervention de plusieurs acteurs de terrain dont  la FGTB afin d’organiser une action citoyenne pour dénoncer  l’insécurité dans ce quartier.  De cette démarche a finalement émergé un groupe de travail appelé « jeunesse et mixité » composé de divers acteurs sociaux et de riverains.

Devant cette problématique spécifique, je pense qu’il serait souhaitable, dans l’intérêt général, que les autorités locales prennent contact avec la communauté maghrébine via ses relais et représentants afin de les associer à une réflexion générale sur les moyens d’action, de prévention et de sensibilisation à mener car

ils ont aussi un rôle social à jouer.

Je vous remercie de votre attention.

Malika El Bourezgui, élue communiste sur la liste ECOLO

20:45 Écrit par PC Charleroi dans Actualité, politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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