03/09/2010

Gouvernement fédéral : négociations en catimini

10-06-14-Bart%20De%20Wever-%20Di%20Rupo.jpgAprès la visite au roi, le refus de la démission du préformateur Elio Di Rupo et la conférence de presse de hier matin, on semble reparti pour un tour de piste.  Un jour cela va, un jour cela ne va pas. Les négociations gouvernementales semblent aller cahin-caha, de blocages en blocages. En catimini. Le préformateur Elio Di Rupo se donne des airs de capitaine courageux naviguant entre les écueils. Son vis-à-vis de la N-VA  Bart De Wever joue les «Monsieur Non », effectuant, ici et là, de (très) légères courbes rentrantes. Si, comme on dit, « Rien n’est acquis si tout ne l’est pas », il n’y a dès lors accord sur rien.


Effectivement, tout se tient et l’on sait que les questions dites institutionnelles ont de lourdes implications socio-économiques. Mais tout se passe comme si rien de tout cela ne concernait les citoyens. Les discussions calent sur BHV. Comme d’habitude. Et donc aussi sur le sort de la Région bruxelloise. Deux conceptions inconciliables s’affrontent. Deux Communautés ? Trois Régions, disposant de compétences et de moyens  à la mesure de leurs besoins ? Il faut choisir.

 Pour leur part, les communistes ont, de longue date, fait le choix régionaliste, alliant réformes de structures anticapitalistes et fédéralisme démocratique. C’est pourquoi nous militons pour des institutions plus efficaces et plus démocratiques, notamment par le dépassement des Communautés et la suppression des Provinces.

Il va de soi que nous sommes également d’ardents défenseurs des outils de solidarité fédéraux, au premier rang desquels la sécurité sociale, ce patrimoine historique des salariés, aujourd’hui menacée dans ses fondements même.

On paie aujourd’hui le prix de décennies d’arrangements intenables et de régression sociale. Au moins les enjeux – vitaux -apparaissent-ils au grand jour. Et assurément, ils ne sont pas simples.

Mais qui oserait parier que, si un accord partiel devait sortir des palabres actuelles, demain ou à la Noël, celui-ci ne préparerait pas de nouveaux soubresauts politiques ? Comment pourrait-il en aller autrement dès lors que tout, une fois de plus, se trame dans de discrets caucus, à l’abri de toute intervention populaire ?

Encore s’agira-t-il aussi de passer à l’ordre du jour économique et social. Au budget. Et déjà, chacun semble s’entendre sur la nécessité de planifier de lourdes mesures d’austérité pour rentrer dans les « normes » d’airain de l’Europe ultralibérale.  

Au total, la chanson est connue : « c’est le résultat des urnes ». Mais outre que les résultats des législatives ont surtout témoigné d’un approfondissement du fossé entre les citoyens et la politique et d’un dévoiement du débat public, ils ne peuvent certainement pas être considérés comme un blanc seing à la poursuite l’assujettissement aux marchés financiers.

 Alors que la crise systémique du capitalisme ne cesse de propager ses effets au détriment des peuples, nos dirigeants semblent avoir oublié toute velléité de ne fut-ce que le réformer. A fortiori  d’en contester la toute-puissance.

A cet égard, l’euromanifestation du 29 septembre prochain pourrait avoir aussi des accents nationaux.

Le Bureau politique
 

18:03 Écrit par PC Charleroi dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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