09/10/2010

Bart De Wever aime les phrases assassines


bart2.1269937672.jpgDernière en date pour justifier la rupture unilatérale des négociations, les francophones feraient  des « pas de nains de jardin ».  On peut lui retourner la question : Quels pas (à fortiori de géant) a fait la NVA pour tenter de trouver un accord ?  A la NVA, on se préoccupe  davantage de renforcer sa mainmise sur une opinion flamande captive que d’envisager une quelconque concession.


Cerise sur le gâteau, avec le MR, la NVA  est sans doute en train de trouver un allié encore plus conciliant que le trio francophone actuel (PS, ECOLO, CDH) pour faire payer la crise à la population. Et cela s’explique, si Bart De Wever a déclaré que le VOKA (le patronat flamand) était son patron, Didier Reynders n’en pense pas moins de l’UWE (Union Wallonne des Entreprises).  N’oublions pas que les discussions (pas anecdotiques) sur le communautaire cachent l’arbre de l’austérité annoncée (22 milliards d’euros d ‘économie annoncés pour le Belgique) et qui déjà a frappé durement la population dans de nombreux pays en Europe (Grèce, Espagne, Portugal, France,...).

Pour le Parti Communiste Wallonie-Bruxelles, le clivage politique (sur le communautaire mais également sur des choix socio-économiques) entre Nord, Centre et Sud du pays est réel.  On ne pourra dégager de solution sans prendre en compte cette réalité.  En 2007, les partis francophones ont feint la cécité et cela a ouvert un boulevard au discours populiste et flamingant de la NVA.

Plusieurs sondages montrent que dans l’opinion flamande demeure une aspiration forte (même si elle est plus faible qu’en Wallonie et à Bruxelles) à maintenir une véritable Belgique fédérale dans laquelle la solidarité entre régions garde tout son sens.   C’est également dans cette perspective que s’inscrit notre parti.  Nous souhaitons le maintien d’une réelle solidarité et refusons toute mise en concurrence des travailleurs des diverses régions.  Malheureusement, dans le même temps, l’électeur flamand a très majoritairement donné le pouvoir à des partis (indépendantistes ou confédéralistes) qui proposent de casser la solidarité nationale en touchant à la sécurité sociale et aux lois de financement.  De récents sondages montrent que des élections anticipées ne feraient que renforcer ce vote.

En conséquence, afin de sortir de cette impasse, le PC Wallonie-Bruxelles reste persuadé que la solution passe par une simplification des structures de l’Etat belge qui permette à la fois : de diminuer les niveaux de pouvoir et de satisfaire la demande de plus d’autonomie présente à des degrés divers dans chaque région.

Pour les communistes, le fédéralisme est d’abord un progrès de la démocratie, dont la réalisation implique un contact plus direct et plus vivant entre les pouvoirs de décisions et les masses. Concrètement, nous sommes favorables à une structure fédérale à trois niveaux : le pouvoir central, le pouvoir régional et le pouvoir communal.  Dans le but de simplifier les institutions, nous soutenons la disparition des Provinces qui sont des structures étroitement liées au pouvoir unitariste. Nous proposons également la suppression des Communautés.  Nous prônons le transfert des pouvoirs actuels concernés vers les régions et les communes avec les moyens afférents, la mise en place d’organes de coopération et des  cofinancements pour les matières communes, essentiellement culturelles et éducatives, entre Bruxelles et la Wallonie. Nous sommes pour un lien fort entre Bruxelles et la Wallonie. Nous souhaitons permettre aux régions de prendre plus d’importance comme entité politique, comme lieu de vie démocratique, de ré-identification culturelle et aussi de résistance à l’aggravation des inégalités économiques.

Pour les communistes, les avancées institutionnelles doivent être associées à des réformes de structures anticapitalistes économiques et sociales qui seules  peuvent limiter le pouvoir des monopoles et avancer vers le socialisme par le chemin de la démocratie. C’est pourquoi nous prônons la mise sous statut public d’une série de secteurs économiques stratégiques pour le bien commun (électricité, gaz, grandes banques privées, principaux holdings,...) et leur gestion au niveau régional lorsque cela est possible. Nous sommes également favorables à la création de sociétés publiques d’investissement régionales ayant le pouvoir de prendre des initiatives industrielles, disposant de bureaux de planification bien outillés et de moyens financiers suffisants et fonctionnant avec la participation et sous le contrôle des syndicats. Bien évidemment si nous prônons une gestion à l’échelle régionale c’est dans une dynamique de collaboration et non une concurrence entre les régions.

Nous appelons à refuser toute réforme institutionnelle qui affaiblirait les travailleurs face au patronat. Pour nous, une analyse de classe de la situation politique belge garde tout son sens.  Nous refusons ainsi que cela semble proposé, l’instauration d’allocations familiales différenciées au Nord, au Centre et au Sud du pays. Nous prônons le maintien d’une sécurité sociale fédérale.  Nous sommes également opposés à toute réforme sur l’impôt des sociétés mettant en concurrence les régions.  Enfin, nous nous opposons à toute réforme de l’impôt des personnes physiques (IPP) ayant pour conséquence d’appauvrir les Wallons et les Bruxellois.

En conclusion, nous disons donc : Fédéralisme : oui. Séparatisme : non. Vive la solidarité des travailleurs !

Le Bureau politique

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