12/10/2010

Opel C4 : Il est temps de changer de modèle !

572px-Opel_logo_svg.pngCertains finiraient presque par trouver le processus banal. Une multinationale qui a réalisé les dernières années de plantureux bénéfices, dont les travailleurs ont accepté des hausses incessantes de productivité et qui a bénéficié de la part de l’Etat de nombreux subsides et déductions d’impôt, ferme froidement une entreprise pourtant bénéficiaire pour délocaliser sa production vers un pays à bas salaire et faire grossir encore ses profits. En 2009, Opel Belgium a réalisé 3,4 millions d'euros de bénéfices après que la division belge eut par ailleurs cédé 30 millions d'euros pour couvrir les pertes européennes d'Opel et cela, malgré une année difficile pour l'usine d'Anvers.


Comme d’habitude, les gouvernants versent des larmes de crocodiles et proposent déjà de se jeter aux pieds des patrons voyous ouvrant la manne céleste de l’argent publique en les priant de limiter la casse sociale.

Nous ne croyons plus à cette logique coûteuse et inefficace.  Les multinationales continueront de mettre en concurrence au niveau mondial les travailleurs.  L’heure est à la résistance, plus à la collaboration avec ces bandits en col blanc.

Outre le nécessaire combat immédiat pour que soit respectés les droits des travailleurs, un combat syndical international dont on aperçoit d’intéressants embryons avec notamment des actes de solidarité en Allemagne, il est urgent de changer de stratégie politique.

Au PC Wallonie-Bruxelles, nous proposons premièrement de mettre fin aux multiples avantages dont bénéficient aujourd’hui (sans effet positif significatif pour l’emploi) ces multinationales.  En premier lieu, nous disons « stop » aux intérêts notionnels qui coûtent à la collectivité des milliards d’euros par an pour un retour marginal (voir inexistant).

Deuxièmement, nous proposons de mettre en place des dispositifs permettant de favoriser l’emploi local.  Il faut taxer le transport afin que ne soient plus produits à l’autre bout de la planète les produits que nous consommons ici. Ceci est également un impératif écologique. Il faut également hausser significativement l’imposition sur les dividendes afin de stopper la course aux surprofits.

Au delà des effets d’aubaine dont joue avec intéressement le patronat, un mouvement de fond se prépare concernant le secteur automobile.  L’ère du pétrole bon marché touche tout doucement à sa fin.  Enferrées dans leurs raisonnements de profit à court terme, les entreprises du secteur se montrent incapables de procéder à une véritable transition. 

Si la priorité doit aller au développement du transport collectif public et à la mobilité douce, le transport individuel motorisé (la voiture) va se poursuivre. C’est pourquoi il faut refuser de perdre l’expertise existante.  Nous proposons dès lors d’utiliser l’argent public dégagé par les mesures exposées ci-dessus, afin d’initier sur base de l’expertise de nos travailleurs, de nouveaux projets industriels. Nous prônons la création de sociétés publiques d’investissement avec la participation et sous le contrôle des syndicats. Plusieurs universités belges sont impliquées dans des recherches sur la pile à hydrogène. Nos politiques manquent-ils à ce point d’ambition que pour imaginer de lancer demain une entreprise qui développerait des véhicules (voitures, bus, camions) mus à l’hydrogène ? Nous possédons également en Belgique une réelle expertise (et des PME innovantes) dans le secteur des moteurs électriques et dans celui des cellules photovoltaïques, toutes solutions d’avenir pour les véhicules de demain.

Pour appuyer ces projets, l’actualité montre crûment l’absence d’hommes et de femmes politiques portant un réel projet de transformation et ne se contentant pas de gérer la déglingue ultralibérale. Renforcer le PC, c’est renforcer la perspective de l’émergence d’une telle force politique à gauche du PS et d’ECOLO. 

Ecrit par Bureau Politique    
06-10-2010  

 

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