17/10/2010

Mgr Léonard veut-il noyer le poisson ?

wi2007-20.jpgTrop peu, trop tard. La première réaction publique du primat de l’église de Belgique à la suite de la publication de l’effarant rapport Adriaenssens n’est pas, loin de là, à la mesure des « révélations » faites. Des révélations qui, à vrai dire, n’auront étonné que les naïfs, sinon par le nombre des témoignages enfin  délivrés de la chape de plomb que l’église officielle à, de tous temps, fait peser sur les épaules des victimes. On ne pouvait pas ignorer, en effet, à commencer par la hiérarchie catholique, la cascade de faits de pédophilies commis par des ecclésiastiques, en Belgique et ailleurs. Le rapport précise d’ailleurs que d’autres faits du même type se produisent encore aujourd’hui.


Face à la presse, Mgr Léonard n’a apporté aucune réponse claire à toutes celles et ceux, croyants et non croyants, qui attendent au moins quatre choses : que toute la lumière soit faite sur ces forfaits, des mesures efficaces pour qu’ils ne se reproduisent plus, des  sanctions légales et des indemnisations à la hauteur des dommages subis pour les victimes et leur entourage – treize suicides ont déjà été recensés. Toutes et tous pouvaient enfin espérer que les hautes autorités de  l’église belge ne tentent pas de minimiser les faits. De noyer le poisson.

Or, le fait est que Mgr Lénonard s’est bien gardé d’être net et précis sur toutes ces exigences et le « mea culpa » de l’église belge pèse de bien peu de poids à côté de tant d’existences fracassées. Sa réponse tient, en effet, en quelques mots : « disponibilité pour les victimes », tirer « les leçons des erreurs du passé », une éventuelle « nouvelle structure de collaboration avec la Justice », « accompagnement psychologique des victimes »… Il faudra bien plus que cela pour « guérir (les victimes) les souffrances qu’elles ont dû endurer ». Et d’abord que les responsables des religieux pédophiles cessent de tenter de banaliser le crime en répétant que ce qui se passe dans l’église, « cela fait partie de la société ».

Des faits ont été commis, ils sont avérés. Il appartient maintenant à la Justice des hommes d’en prendre la mesure et de les sanctionner dans le respect de la loi. De clarifier ainsi une fois pour toutes les rapports entre l’église et l’Etat. D’en finir avec l’omerta. Ce qui ne dispense pas les autorités catholiques de mettre de l’ordre dans leurs rangs.

Ecrit par Bureau Politique    
13-09-2010  

 

14:45 Écrit par PC Charleroi dans Actualité, social | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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