30/10/2010

Quand les eurodéputés PS et ECOLO votent contre la retraite par répartition

pensions.jpgLe PC Wallonie-Bruxelles tient à dénoncer avec fermeté l’adoption par la majorité du Parlement européen d’une longue résolution intitulée « Crise financière, économique et sociale : recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre ». Il trouve inadmissible que les groupes sociaux-démocrates et Verts aient appuyé ce texte.



Au point 77 de ce document, on peut notamment lire que le Parlement Européen « considère que le financement des pensions ne peut être entièrement laissé au secteur public, mais doit reposer sur des systèmes à trois piliers, comprenant des régimes de retraite publics, professionnels et privés, dûment garantis par une réglementation et une surveillance spécifique destinée à protéger les investisseurs ; considère en outre que les retraites devront être réformées à l’échelle européenne pour contribuer à financer la solidarité intergénérationnelle ; considère que l’allongement de la durée de vie soulève des questions transversales en termes d’organisation de la société qui n’ont pas été anticipées ».

L’ensemble du rapport est du même acabit et constitue ni plus ni moins qu’une apologie du pacte de stabilité, exigeant des mesures plus contraignantes encore, assorties de sanctions aux états membres et prônant l’obligation de réduire les déficits publics (omettant bien évidemment de stipuler que c’est une crise du secteur bancaire et financier privé qui a, pour une bonne part, engendré ceux-ci)

En emboîtant le pas de la propagande sarkozienne sur l’allongement de l’espérance de vie, et en signant ce texte alors même que les mobilisations syndicales et populaires se succèdent en France et en Europe pour s’opposer à la casse des droits et acquis sociaux et à la privatisation des retraites, les eurodéputés verts et sociaux-démocrates (parmi lesquels on retrouve les députés européens belges Lamberts et Durand d’ECOLO ainsi que les Tarabella, De Keyser et Daerden du PS ont choisi le camp de la droite.

Le PC Wallonie Bruxelles rappelle qu'en moyenne un travailleur belge produit aujourd'hui 50% de richesse en plus qu'il y a 30 ans ! Que sur 1,5% de croissance de la richesse produite en moyenne chaque année, seul un tiers retourne vers les travailleurs le reste allant dans la poche des détenteurs de capitaux. Qu’en conséquence, la part de la richesse produite retournant aux travailleurs est passée de 66% à moins de 50%.

Une vraie politique de gauche consisterait à puiser dans cette manne d’argent « capitalisé » qui alimente la spéculation, et pas dans la poche des travailleurs, pour financer une retraite publique de qualité. A titre d’exemple, en Belgique, le coût du vieillissement représente, à l'horizon 2030, 3,4% du PIB, soit un montant inférieur au coût cumulé de la politique de réduction des cotisations patronales à la sécurité sociale (plus de 2 % du PIB en 2009) et de la réforme fiscale (1,6% du PIB).

Nous proposons par ailleurs la suppression des avantages fiscaux et parafiscaux considérables (plus de 2 milliards d'euros par an en Belgique) dont bénéficient les systèmes de pension par capitalisation (2ème et 3ème piliers) et un refinancement du 1er pilier.

A l’heure où apparaissent chez nous des signes de solidarité avec le mouvement de grève des travailleurs français contre la réforme des retraites impulsée par Sarkozy, l’attitude des parlementaires écolos et socialistes constituent un camouflet pour les travailleurs et augure les menaces sociales qui se cachent encore derrière les laborieuses tractations gouvernementales.

La plus grande vigilance s’impose !

Un communiqué du Comité Central du PC Wallonie-Bruxelles
Bruxelles, le 29 octobre 2010

 

 

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