25/11/2010

Rive Gauche, Foruminvest et les autres.

500_0_KEEP_RATIO_SCALE_CENTER_FFFFFF.jpgQu’il s’agisse du chantier de fermeture de la boucle du métro (Rue du Pont Neuf, Pont de la Résistance, Esplanade de la gare), des projets Phénix censés reprofiler le tissu urbain, (quartiers de la Place Albert, des Finances, Rue de Marchiennes, du Moulin, Place de la Digue, quartier du Rivage, Rue de la Montagne…), des aménagements des quais de Sambre avec la création de la « Porte des Arts » (site de l’ancienne Banque Nationale, des projets de centre commerciaux comme « Rive Gauche » (Rue du Collège, Place Albert...),de Foruminvest (Esplanade du Palais des Expositions), de l’extension de Ville 2 ( de 12.000 à 18.000m²), depuis 2 ans le cœur de ville de Charleroi avec sa « Ville Basse » est en proie aux chantiers et aux projets devant lui assurer une mue qui forgera le paysage et la qualité de vie attendue pour traverser le 21ème siècle.


A y regarder de plus près, deux projets (Rive Gauche et Foruminvest), tout en prétendant développer la mixité en ville (logements, bureaux, services, horeca, loisirs…) se livrent une bataille pour attirer des enseignes autour de leurs épures et créer de nouvelles surfaces commerciales au nom de la « redynamisation de la ville ».

Les chiffres vont jusqu’à 90.000m² à créer, alors que bon nombre de cellules du centre-ville sont déjà fermées ou dédiées aux solderies tandis que le commerce se porte mal !

Face à cela, pour les promoteurs, le jeu consiste à « offrir » » des équipements, des infrastructures aux villes (nouveau palais des expos , centre de congrès, parkings en sous-sol, stade, campus, crèche,…) et à se payer en maximisant l’offre commerciale.

Que les commerces marchent ou ne marchent pas, après, ce n’est plus leur problème car dans chaque cas, on construit, on vend et on se retire avec le profit tout en laissant au temps les risques de voir de nouvelles friches surgir au cœur des villes : les friches commerciales .On se croirait dans une partie de monopoly ou j’achète, je vends, je gagne !

A Charleroi, dans la lutte qui oppose les deux groupes financiers, la Ville a tranché et assurera son développement autour du pôle Rive Gauche et de surfaces commerciales revues nettement à la baisse. Combien ? On n’en sait encore trop rien aujourd’hui car l’auteur de projet garde le silence sur la seconde mouture de ses esquisses qu’il devrait représenter dans les deux, trois mois à venir, mais on devrait se situer bien en deçà des 27.500m² initiaux. A noter que le premier projet, jugé incompatible avec le bon aménagement des lieux, a été remballé sous la pression et les remarques des citoyens, de leurs organisations, des commerçants et in fine des décideurs politiques.

Evincé pour 10 ans, Foruminvest ne s’en laisse pas conter et attaque la ville.(minimum 40.000m² de commerces envisagés)

Selon les spécialistes en gestion /management, alors que 37% de la population carolo ne fait pas ses courses en équipement de la personne à Charleroi, qu’il y encore de la place pour l’équipement de la maison, et autres spécialités, Jean-Luc Calonger, Carolo et professeur d’université en géomarketing estime dans une étude commandée par la ville à 40.000m² la surface de nouveaux commerces que la ville serait capable d’absorber. Une capacité qui tient compte du pouvoir d’achat moyen des Carolos qui bien avant le début de la crise était en baisse.

Le miroir aux alouettes serait aussi de croire les promoteurs qui affirment qu’avoir une grosse offre commerciale sur Charleroi permettrait d’élargir la zone de chalandise à Bruxelles, voire Lille, Maubeuge… Illusoire car c’est sans compter les projets commerciaux en chantier ou en gestation à La Louvière, à Farciennes, à Namur, à Nivelles, à Waterloo,

En termes d’emplois, s’il y aura bien création il s’agira surtout de transferts car ce qui se créera d’un côté se perdra de l’autre. Il ne suffit en effet pas d’augmenter l’offre commerciale pour maintenir ou augmenter le pouvoir d’achat de la population.

Dénués de moyens financiers, il pourrait être tentant pour les gestionnaires des villes de succomber aux compensations des promoteurs qui en s’adressant aux régions riches ou économiquement faibles voire sinistrées sont quasi assurés de réaliser de juteuses affaires surtout s’ils agitent chez certains politiques le bilan des réalisations à présenter à de futures élections.

L’adage dit que « Gouverner c’est prévoir ». Ne revient-il donc pas aux responsables politiques des villes et des communes d’élaborer leur schéma de structure, de penser en terme de développement durable, les transformations à opérer à court, à moyen et à long terme plutôt de subir des OPA ou tenter de contrôler des projets mégalos.

C’est cela qui dans un passé récent a manqué à Charleroi et nous contraint aujourd’hui à la plus grande vigilance si nous voulons réussir et être acteurs du redéploiement de notre ville. L’obligation faite aux concepteurs du projet Rive Gauche de revoir leur copie démontre à souhait qu’il est possible pour une cité, pour ses habitants de se modeler, de se choisir la ville dans laquelle ils voudront vivre demain.

La Fédération de Charleroi du Parti communiste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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