13/12/2010

Europe, Belgique : dans la moulinette des marchés

GreceFMI01.jpgL’Europe est en pleine tempête économique. Après la Grèce, l’Irlande a fait aveu de banqueroute. L’Union Européenne et le Fonds monétaire international sont désormais à la manœuvre. Près de cent milliards d’euros seront consacrés au « sauvetage » du secteur bancaire de l’ex-« tigre irlandais », celui-là même qui devait servir de modèle à toute l’Europe. Mais un plan d’austérité de 15 milliards est exigé en contrepartie des avances accordées. Le peuple irlandais est prié de payer le prix des errements de ses dirigeants  alors que ceux-ci se refusent à revoir à la hausse l’impôt réduit à 12,5% sur les bénéfices des entreprises. Or, ce sont de telles mesures de dumping  fiscal qui attirent les requins de la finance.


L’Europe est en pleine tempête économique. Après la Grèce, l’Irlande a fait aveu de banqueroute. L’Union Européenne et le Fonds monétaire international sont désormais à la leur tour mis sous pression par les spéculateurs, le Portugal et l’Espagne promettent des plans d’austérité toujours plus lourds pour tenter d’amadouer les marchés.

Ceux-ci n’ont cure de l’avenir des peuples. Il a suffi que Mme Merkel, la chancelière allemande, évoque une éventuelle participation du secteur financier privé à l’ « effort » général pour que les ayatollahs de l’ultralibéralisme poussent les hauts cris. Or, même le FMI redoute que l’assèchement des revenus des ménages et des dépenses publiques n’étouffe la croissance promise et creuse les déficits publics.

Le mal est là et la crainte d’une contagion à la zone euro tout entière est de plus en plus évoquée. La Belgique elle-même est-elle à l’abri ? Oui, a répété le secrétaire fédéral au Budget, Melchior Wathelet. La Belgique respecte « totalement l’effort qui nous est imposé par l’Europe » et reste crédible pour les marchés, a-t-il répondu en substance à la presse britannique qui voit dans la Belgique « le prochain pays à tomber ».

Mais quel est le prix de cet assujettissement à la Banque centrale européenne et à la haute finance transnationale ? La situation politique ne fait pas qu’entretenir les doutes sur la gouvernabilité du pays. Elle aiguise les arguments des partisans d’une cure d’austérité sans précédent. Qu’un banquier belge a ramassé comme suit : « Ce qui pose problème ? La dette publique, le coût du vieillissement, le dysfonctionnement du marché du travail… ». Les recettes ? « On voit de nombreux pays augmenter leurs taux de TVA, relever l’âge de la retraite, diminuer l’emploi dans le secteur public. Cela fait mal, mais il faut passer par là. »

Les entités fédérées n’échapperaient pas à la moulinette. Les partis qui négocient aujourd’hui la loi de financement semblent s’accorder, une fois encore, sur un transfert de compétences du fédéral aux entités fédérées sans que soient assurés les moyens financiers correspondants. Histoire d’imposer de nouveaux tours de vis par le biais de la réforme de l’Etat. Les citoyens doivent savoir que « d’importantes coupes sombres » s’annoncent et que « tous les gouvernements » du pays devront s’y atteler, a résumé Frank Vandenbroucke (SP.A). Comme s’il y avait là une fatalité. Hier 29 novembre, les partis francophones ont évoqué la nécessité de voir l’ensemble des entités du pays, y compris le fédéral, correctement financées. Comment ?

Il s’agit de refuser des médications qui seraient pires que la maladie. Le Parti communiste  Wallonie-Bruxelles  dénonce les scandaleux projets qui visent à  financer le sauvetage du système financier par les victimes, les plus modestes de ce système. Il invite le mouvement social à maintenir la pression sur les négociateurs et à refuser les faits accomplis.

Sortir par le haut de la crise impose de s’émanciper de la lourde tutelle des marchés financiers, de mettre fin à des jeux spéculatifs nourris par des fonds publics détournés des investissements d’intérêt général. Il s’agirait, au contraire, de mettre la grande finance à contribution, par exemple en taxant les mouvements de capitaux. Ce sont de telles réorientations que réclament les luttes qui se multiplient aux quatre coins du continent.

Le Bureau Politique   
 

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