18/12/2010

Assange, l’homme à abattre

2010-12-15T012221Z_01_NOOTR_RTRMDNP_2_India-535600-5-pic0.jpgQui est Julian Assange ? Pour beaucoup, le nouveau chevalier blanc de la liberté d’informer. Pour d’autres, un être nuisible qu’il s’agit d’écraser. Selon le fondateur du réseau Wikileaks lui-même, il occupe – ou n’occupe pas  - bien des rôles. « On me qualifie de pacifiste, je ne le suis pas. Parfois les Etats doivent entrer en guerre, et le fait est qu’il y a des guerres. Mais il n’y a rien de pire qu’un gouvernement qui mente à son peuple sur ces guerres, puis qui demande à ces mêmes citoyens de mettre leur vie et leurs impôts au service de ces mensonges. » Cela, au moins, est inattaquable.


 Mais aujourd’hui, Assange est en prison. Pour faits de mœurs, avérés ou pas. La procureure suédoise chargée de l’enquête affirme que les accusations de viol dont il est l’objet n’ont rien à voir avec Wikileaks. Mais Il faut bien constater la surprenante concomitance entre l’arrestation du trublion et les multiples appels à le faire taire. Assange est « une menace transnationale » a jugé la droite américaine. Certains ont mis sa tête à prix, au sens propre comme au sens figuré, tant « son pouvoir de nuisance est dévastateur. » Sans craindre de lourdes contradictions. Comme celle-ci : pourquoi la mise au jour des petits papiers de la diplomatie américaine serait-elle  « un danger pour nos soldats » américain  et la « sécurité nationale » des Etats-Unis si « on n’a rien appris de neuf » avec leur divulgation ?

Alors, où est le crime ? Assange est un  « ennemi public » pour bien des lieux de pouvoir. Il remue des eaux troubles. Il faut l’abattre, qu’il veuille la vérité ou pas et quelles que soient, au demeurant ses intentions profondes. Dans le même temps, le site français Médiapart est flingué par le pouvoir sarkozien parce que, avec d’autres, il dénonce les pratiques nauséabondes du pouvoir. Et sous toutes les latitudes, c’est une certaine utilisation d’Internet qui est condamnée au simple motif que cet outil ne peut être aussi facilement contrôlé que des lignes téléphoniques mises sous écoute ou des journaux soumis à la censure.

WikiLeaks a dévoilé certaines vérités pénibles à propos des guerres au Moyen-Orient et publié des révélations sur la corruption des grandes entreprises. Est-ce pire que les mensonges avérés de la diplomatie américaine pour justifier l’invasion de l’Irak ? Pire que le coût en vies humaines, réel celui-là, des croisades occidentales.  Et au fait, est-ce pire que les ordres donnés par Mme Clinton à son personnel diplomatique et révélés par Wikileaks pour espionner les cadres de l’Organisation des Nations unies ?    

Répétons-le : où est le crime ? Qui sont les criminels ?

Le Bureau politique
 

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