15/01/2011

Résister !

fmi1.jpgVoici 50 ans, les travailleurs belges entamaient une grève historique. Aujourd’hui encore, l’heure est à la résistance et à l’action.

Le Parti communiste Wallonie-Bruxelles exprime sa totale solidarité avec la mobilisation organisée par les syndicats belges et européens contre « la politique de rigueur aveugle menée dans toute l'Europe ». Il est aux côtés de toutes celles et ceux qui, aux quatre coins de l’Europe, se lèvent et disent « assez ! ».


La grande finance sans frontières a déclaré la guerre au monde du travail. Elle est partie à l’assaut des conquêtes sociales et démocratiques et sort toutes ses armes. Alors que les comptes publics sont handicapés par les cadeaux divers aux plus fortunés et aux grandes  banques et sociétés, les agences de notation menacent la Belgique de dégrader sa note. Le doigt sur la couture du pantalon, les partis dits « de gouvernement » s’affairent : comment, malgré l’impasse politique, répondre aux ordres des marchés financiers ?

En jouant du chantage, les agences appellent moins la constitution d’un gouvernement que des mesures d’austérité sans précédent : réforme du marché du travail, de la sécurité sociale, de la santé... A tel point que le gouvernement d’affaires courantes –Leterme et Reynders en tête- se  mettent en ordre de bataille pour prendre les dites mesures. Le FMI vient à son tour de donner le ton : il faudrait repousser l’âge de la retraite, diminuer les allocations de chômage, en finir avec l’indexation automatique des salaires… Au moment où doit se négocier un nouvel accord interprofessionnel, les instances internationales montrent, sans surprise, qu’elles ont choisi le camp du patronat. Les Régions n’échapperaient pas à la moulinette.

Entre les critères  sciemment dictés par l’Union européenne qui, au nom de la lutte contre la crise, visent à imposer une cure d’hyper austérité lourde de menaces pour les outils de solidarité sociale, et la nécessité qu’il y aurait d’aboutir coûte que coûte à un accord de gouvernement, on voit ainsi se tendre un piège fatal pour les salariés et les allocataires sociaux belges.

Sortir de la crise par le haut impose de s’émanciper de la lourde tutelle des marchés financiers. Les choix politiques de la Belgique ne peuvent se décider dans les agences de notation ou des instances supranationales ultralibérales.

Cette situation appelle des réponses économiques fortes, d’effet radical et immédiat. Mais elle appelle aussi des réponses politiques quand la « puissance » publique n’est plus une puissance au service des gens et que la chose politique est dévalorisée. Quand, dans la foulée, la démocratie apparaît de plus en plus comme une enveloppe vide de contenu.

Les mobilisations dans les pays européens sont impressionnantes. On peut parier qu’elles iront en se renforçant. L’idée qu’il est inconcevable de sauvegarder et améliorer le niveau de vie des peuples tant que les casseurs  des acquis sociaux pourront perpétrer leurs forfaits, ce constat fait son chemin. Reste donc l’essentiel. La gauche doit plus que jamais relever le défi de l’alternative politique. Une alternative à construire avec tous les acteurs sociaux, associatifs, syndicaux, cela dans chaque pays et à l’échelle de l’UE.

Le Bureau politique 
 

Les commentaires sont fermés.