26/02/2011

Congrès du Parti de la gauche européenne (3-5 Décembre 2010) : Assemblée des femmes

pge,féminisme,avortement,contraceptionLe troisième Congrès de la Gauche européenne qui s’est tenu à Paris ces 3, 4, 5 décembre 2010, était aussi l’occasion pour l’Assemblée des femmes de la Gauche européenne de se réunir dans le double objectif de, consolider leur réseau et faire plus ample connaissance, et deuxièmement proposer lors du Congrès une feuille de route pour les années à venir.

Le groupe des femmes a  été accueilli par la Fédération Val-de-Marne du PCF (Dirigé par une femme, Laurence COHEN, également responsable du groupe femmes du PCF) pour un premier groupe de travail, qui grâce à une dizaine de témoignages, nous a permis de faire différents constats, alarmants et consternants concernant  la situation des femmes en Europe.


Quels sont ces constats ?

La situation de crise économique, politique et sociale qui touche les pays d’Europe aujourd’hui, accentuent les inégalités, menacent les droits acquis par les femmes. Elles sont souvent les premières victimes de cette crise.

Dans la sphère professionnelle, où l’égalité des femmes et des hommes souffrait déjà d’un manque de réelles politiques d’égalité, souffre encore plus aujourd’hui avec de nouvelles inégalités au travail qui apparaissent, malgré l’existence de lois garantissant l’égalité, lois très souvent bafouées.

Les politiques néolibérales ont engendré une féminisation de la pauvreté. En France, par exemple,  les femmes représentent 50 % de la population pauvre. Cette pauvreté les amène dans un terrible cercle vicieux qu’il est très difficile de surmonter : perte de l’autonomie,  dépendance matérielle vis-à-vis de leur conjoint, augmentation de la violence conjugale (crainte de quitter son conjoint par peur de se retrouver seule),  pressions morales et psychologiques, etc., autant de facteurs  menaçant les libertés et droits acquis.

Leur précarité est généralement aggravée  pour les mères d’enfant en bas âge et pour les femmes en manque de qualification professionnelle. L’activité professionnelle des femmes est souvent conditionnée par la possibilité de trouver des places d’accueil pour leurs enfants, elles sont alors souvent dans l’obligation de privilégier du travail à temps partiel. Les moins  qualifiées, ne se voient proposer également des emplois à temps partiels ou très précaires.

Dans l’Union européenne, le taux d’activité des femmes est de 71 %. 33% des femmes actives occupent un emploi à temps partiel et l’écart moyen des salaires est de 17 %.

En France, 80% des travailleurs à temps partiels sont des femmes et elles gagnent, en moyenne, 25 % en moins que les hommes. 80% de la population qui gagne le revenu minimum sont des femmes !

Même topo en Finlande, où il y a un net recul des droits des femmes : domination des hommes dans les certains secteurs les plus financés (industriel, technique, etc.) et confinement des femmes dans les domaines de la santé et l’éducation, secteurs de plus en plus précaires. Ce sont les femmes qui touchent les salaires les plus bas.

Un autre constat, est la précarisation des personnes âgées, qui sont généralement abandonnées et dont l’Etat ne s’occupe plus ;

La Grèce, touchée de plein fouet par la crise, où les pensions ont été réduites de 100 euros du jour au lendemain, où il y a une privatisation accrue des secteurs de l’éducation et de la santé, et où la seule loi du marché libre existe, n’est pas en reste. Les femmes sont les premières à subir les conséquences : Les femmes enceintes sont licenciées, les syndicalistes ont été poursuivies et directement renvoyées, 15% de la population au chômage sont des femmes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et malheureusement beaucoup d’autres témoignages, portugais, danois, espagnol, polonais, etc. vont dans la même direction !

Cette situation est aggravée par la remise en cause, par les intégrismes religieux et les politiques libérales,  du droit des femmes à choisir de disposer de leurs corps, du droit à l’avortement libre et gratuit, du droit à la contraception.

En France,  où le droit à l’avortement existe pourtant, par manque de financement étatique, les centres IVG sont les premiers touchés par les restrictions budgétaires et se voient, alors, dans l’obligation de fermer.  Le seul recours pour les femmes désirant avorter est l’étranger !

En Pologne, sous la pression de l’Eglise catholique le droit à l’avortement pourtant déjà restreint et limité aux cas de viols et incestes, n’est pas respecté ! Pour résoudre le problème de la féminisation de la pauvreté (60% de la population pauvre est féminine), l’Etat leur propose la stérilisation !

En Italie, la « clause de conscience » permet aux pharmaciens de refuser de délivrer la pilule contraceptive.

Bien d’autres cas pourraient être encore cités et nous montrer qu’une forte régression menace l’Europe actuelle dans les acquis (ou plus exactement conquêtes) pour lutter contre les  discriminations en fonction du sexe, de l’identité, du genre.

Tous ces témoignages nous ont  heureusement aussi montré qu’il y a une prise de conscience, une volonté des femmes de refuser cette impuissance et que se développent un peu partout dans l’Union, des associations de femmes luttant pour leurs droits et acquis sociaux.

Le groupe « femmes » de la Gauche européenne au Parlement a fait diverses propositions, par exemple :

•Un projet de directive européenne sur l’allongement du congé de maternité, rémunéré, à 20 semaines et celui de paternité à 2 semaines.
•L’interdiction de licenciement de femmes enceintes
•L’interdiction du travail de nuit et à la prestation d’heures supplémentaires à 20 semaines de l’accouchement.
•La garantie de retrouver un travail équivalent au terme du congé de maternité.
•La mise en place de quotas pour les Etats.

Le groupe parlementaire doit maintenant faire pression pour que ces propositions puissent aboutir à des directives et lois.

Diverses initiatives de solidarités ont également été menées. Au Portugal, la violence conjugale est reconnue maintenant comme un crime.  Egalement au Portugal, une grande campagne pour l’avortement a été développée et un observatoire sur les conditions des femmes a été mis en place par une association de femmes féministes.

Lors du deuxième groupe de travail de cette assemblée des femmes, nous avons travaillé sur une feuille de route et des propositions d’actions à présenter au Congrès.

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