01/03/2011

Congrès du Parti de la gauche européenne : Les Belges au congrès

congrès,parti de la gauche européenne,pcwb,parisEcrit par Délégation PGE    

Notre délégation était composée de 8 personnes (Nathalie Rozza du Centre, Vincent Martin et Vasantha Fagard de Bruxelles, Pierre Eyben et Melina Sarmanidis de Liège, Nicole Cahen de Huy, Maurice Magis et Robert Tangre de Charleroi).

Le congrès a renouvelé ses instances. Notre parti sera représenté au conseil des présidents par notre camarade  Maurice Magis. Nicole Cahen et Pierre Eyben siègeront dans le Bureau exécutif.  Nicole Cahen et Maurice Magis ont pris la parole  durant l’assemblée plénière.  Retrouvez ici des extraits leurs interventions.


Le congrès a renouvelé ses instances. Notre parti sera représenté au conseil des présidents par notre camarade  Maurice Magis. Nicole Cahen et Pierre Eyben siègeront dans le Bureau exécutif.  Nicole Cahen et Maurice Magis ont pris la parole  durant l’assemblée plénière.  Retrouvez ici des extraits leurs interventions.

Constatant que « L’Europe est en pleine tempête économique et financière, que la crainte d’une contagion à la zone euro tout entière est de plus en plus évoquée », Maurice Magis a notamment évoqué  la situation en Belgique. « Celle-ci est-elle à l’abri ? Elle ne l’est certainement pas d’attaques spéculatives, vu la hauteur de sa dette et de l’état de ses comptes publics plombés par les faiblesses structurelles de son économie et les cadeaux de tous ordres aux grandes entreprises et aux plus nantis. Sans même parler de l’impasse politique actuelle et des incertitudes pour l’avenir qui y sont liées. »

« Il n’y a pas de danger, a toutefois assuré le secrétaire fédéral au Budget, Melchior Wathelet. Qui a expliqué que la Belgique respecte ‘totalement l’effort qui nous est imposé par l’Europe’ et reste crédible pour les marchés (…) Mais quel sera le prix de l’assujettissement du pays à la Banque centrale européenne et à la haute finance transnationale ? La situation politique ne fait pas qu’entretenir les doutes sur la gouvernabilité du pays. Elle aiguise les arguments des partisans d’une cure d’austérité sans précédent. Qu’un banquier belge a ramassé comme suit :  ‘Ce qui pose problème ? La dette publique, le coût du vieillissement, le dysfonctionnement du marché du travail…’. Les recettes ? ‘On voit de nombreux pays augmenter leurs taux de TVA, relever l’âge de la retraite, diminuer l’emploi dans le secteur public. Cela fait mal, mais il faut passer par là.’ » 

Les entités fédérées, les Régions, et singulièrement la Wallonie, n’échapperont pas à la moulinette, a insisté Maurice Magis. Les citoyens doivent savoir que « d’importantes coupes sombres » s’annoncent et que « tous les gouvernements » du pays devront s’y atteler, a résumé le socialiste flamand Frank Vandenbroucke. Comme s’il y avait là une fatalité. »

« Entre les critères européens qui, au nom de la lutte contre la crise, visent à imposer une cure d’hyperaustérité, et la nécessité d’aboutir coûte que coûte à un accord de gouvernement lourd de menaces pour les outils de solidarité sociale, on voit ainsi se tendre un piège fatal pour les salariés et les allocataires sociaux. Cela, au moment où doit se négocier un nouvel accord interprofessionnel entre les syndicats et le patronat. »

« Ce n’est évidemment donc pas un hasard si les organisations patronales du nord comme du sud du pays poussent à la formation d’un gouvernement associant l’ultra libéral et nationaliste flamand De Wever  et les socialistes francophones. Ils espèrent ainsi la mise en place d’une sorte de consensus social facilitant de nouvelles coupes dans les conquêtes du mouvement ouvrier. Au nom de l’Europe, des déficits de l’Etat, d’une régionalisation mal menée, des menaces des spéculateurs, de l’urgence du moment ou de tout cela à la foi… Bref, il y aurait là une manière de donner un accent belge à l’application au sein de l’Union européenne de la philosophie du Fonds monétaire international et de ses plans d’ajustement structurel (…) Et notre pays participerait ainsi à la guerre idéologique lancée par le capital financier contre les acquis démocratiques. »

« Pas plus qu’ailleurs, les organisations syndicales ne sont prêtes à accepter l’inacceptable. Pas plus qu’ailleurs, les travailleurs belges ne souhaitent payer une crise qui ruine les solidarités et, dans la foulée, l’idée européenne elle-même. Sortir de la crise par le haut impose de s’émanciper de la lourde tutelle des marchés financiers. Et le temps presse car nos adversaires fortifient leurs positions fragilisant le champ démocratique et rendant ainsi la riposte plus ardue. »  Maurice Magis a passé en revue les récentes offensives tendant à rendre les ripostes populaires inopérantes. « Ainsi en est-il  de cette volonté de soumettre les projets de budgets nationaux aux instances européennes non-élues avec à la clé un système de sanctions pour les pays qui violeraient les règles budgétaires absurdes édictées par les traités européens. Plus récemment, Mme Merkel a imposé à ses partenaires une révision du traité de Lisbonne, pourtant réputé intouchable, et visant à soumettre à des conditions draconiennes le recours des Etats au Fonds européen de stabilité financière. Le FMI, on le sait, est étroitement associé à l’opération. FMI, dont Dominique Strauss-Kahn, le directeur général, propose de ‘créer une autorité budgétaire centralisée avec une indépendance politique comparable à celle de la Banque centrale européenne’. Histoire de mettre toujours plus l’Union européenne capitaliste et technocratique à l’abri des interventions populaires. » Notre camarade a encore rapidement évoqué la relance du « conseil économique transatlantique » censé aboutir  d’ici quelques années à un seul marché unique euro-nord-américain, fatal sans doute pour les législations et réglementations qui entravent l’activité multinationales, tant dans le domaine social que sanitaire, éducatif ou environnemental, en matière de droit du travail ou de services publics.

« Il s’agit de refuser des médications qui seraient pires que la maladie, a-t-il conclu. Le Parti communiste Wallonie-Bruxelles  dénonce les scandaleux projets qui visent à  financer le sauvetage du système financier par les victimes, le plus modestes, de ce système. Il s’agirait, au contraire, de mettre la grande finance à contribution, par exemple en taxant les mouvements de capitaux. Ce sont de telles réorientations que réclament les luttes qui se multiplient aux quatre coins du continent. Cela d’autant plus qu’aucun banquier, aucun spéculateur, aucun trafiquant n'a été mis en cause par les responsables politiques. Du moins, aucune conclusion n’a-t-elle été tirée de leurs responsabilités dans la situation actuelle. Avec cette dangereuse conséquence que les Etats, la  ‘puissance’ publique perdent toute légitimité, surtout quand ils imposent des trains de mesures antisociales unanimement reconnues comme injustes. »

« Les mobilisations dans les pays européens sont impressionnantes. Mais, comme le relève la  ‘feuille de route pour une Europe sociale’ proposée par le congrès du Parti de la Gauche Européenne, nous sommes face à ‘un risque grave d’étranglement de la démocratie’, d’accentuation de la crise de légitimité de l’Union européenne, ‘un risque croissant pour un ‘vivre ensemble’ pacifique des peuples’. Reste donc l’essentiel si l’on ne veut pas que, proliférant sur les ruines de la démocratie,  les courants populistes et xénophobes n’apparaissent toujours  plus comme le seul recours possible. La gauche européenne doit plus que jamais relever le défi de l’alternative politique. Une alternative à construire sans a priori, sans sectarisme, avec tous les acteurs sociaux, associatifs, syndicaux, cela dans chaque pays et à l’échelle de l’UE. »

Ensuite, notre camarade Nicole Cahen est intervenue déclarant "Ce n’est pas un scoop que de rappeler que le système dans lequel nous vivons est mu par une soif de profit  toujours plus grande. Les puissants de ce monde tentent de nous faire croire que cette dynamique est bonne pour nous tous.  Elle ne l’est pas. La croissance économique est aujourd’hui, et à la vérité depuis de nombreuses années, déconnectée du bien être des populations.  Un seul chiffre :  Un tiers à peine de la croissance du PIB au niveau européen retourne sous une forme où une autre aux travailleurs.  Le reste va au capital. Conséquence, la part des salaires dans la richesse produite ne cesse de diminuer. Par ailleurs, ce véritable dogme de la croissance que les élites médiatiques et politiques nous vendent, avec un certain succès, a des conséquences environnementales importantes. Le système actuel ruine dans une même dynamique la planète et ses hôtes. Le capitalisme n’est pas un concept abstrait, c’est cela, cette spoliation progressive de nos deux seules sources de richesse.

Face à ce rouleau compresseur idéologique, le gauche européenne dans son ensemble doit œuvrer pour permettre un véritable travail de décolonisation des imaginaires.  Imaginaire sur la société à construire.  Imaginaire sur nos droits.  Imaginaire aussi sur notre capacité à inverser la logique en marche.

Oui nous avons le droit à une société où l’on ne travaille plus lorsque l’on a soixante ans.  Oui, nous avons le droit à une société où le temps de travail diminue substantiellement, de façon légale et non subie, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire.  Oui, ainsi que cela est stipulé à l’article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail».  Non au chantage à l’emploi. Oui nous avons encore le droit de dire comme Ernesto Guevara « Soyons réalistes, réclamons l’impossible ». Nous devons marteler ce message « Un autre monde et une autre Europe sont possibles », un monde et une Europe fraternels, justes, émancipateurs, bref socialistes."

Elle a ensuite fait une série de propositions au nom du parti "Concrètement.  En terme d’inégalités sociales, nous estimons que la gauche européenne pourrait joindre à ses thèses une proposition qui, nous en sommes convaincus, trouvera un écho populaire important : c’est celle d’un salaire maximum, salaire qui serait par ailleurs  lié au revenu minimum. Il n’est pas acceptable que certains dirigeants gagnent 100 fois, 500 fois le salaire de leurs employés.", "En terme de rupture avec les logiques productivistes, nous estimons qu’il est temps pour la gauche européenne de mettre en débat les indicateurs économiques propres à la logique capitaliste tel le PIB et plus globalement de questionner le mythe de la croissance capitaliste. Nous sommes favorables à une initiative de la Gauche Européenne sur cette question.", "Enfin, il nous semblerait utile de mettre en débat une proposition importante, une proposition en résonnance avec notre opposition aux politiques libre-échangistes, cette proposition est la relocalisation de l’économie.  Fruit d’une course à la production à bas coût, les délocalisations se poursuivent.  Le savoir faire local est détruit, chez nous, comme au Sud. Les émissions de CO2 liées au transport de marchandises continuent de croître.  Prendre des mesures favorisant résolument la relocalisation de l’activité économique permettrait de contrer la logique de mise en concurrence mondiale des travailleurs qui se traduit par un dumping social permanent et par une hégémonie des multinationales. Cela permettrait également de s’attaquer concrètement à la réduction des émissions de CO2."

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