03/03/2011

Congrès du Parti de la gauche européenne : Le temps est à l'action de masse et aux alternatives

parlement européen,paris,parti de la gauche européenneEcrit par Délégation PGE    

La gauche, si elle est « de gauche », doit répondre au défi de civilisation qu’a lancé le capitalisme aux peuples. Ceux-ci ont un urgent besoin d’alternatives fortes à la régression sociale et démocratique, bien plus que de  l’alternance politique sans âme.  Il s’agit donc de proposer une perspective politique aux mobilisations sociales qui se multiplient sur tout le continent et peuvent constituer autant de leviers pour le changement. Sur quelles bases, en visant quels objectifs, pour un futur incertain mais dès demain ? Des objectifs à la portée du mouvement social dans sa diversité ?  Voilà autant de questions que le Parti de la Gauche Européenne se pose et qu’il a mises en débat lors de son troisième congrès qui vient de se tenir à Paris du 2 au 5 décembre.  


Un congrès de mobilisation en une période où l’Europe a un besoin vital d’une gauche forte, capable de proposer une riposte mobilisatrice  à l’ultralibéralisme et au capitalisme qui dictent leur ligne de conduite aux gouvernement et plongent l’Europe dans une crise sans précédent. Il s’agissait donc d’élaborer une plate-forme de résistance et d’action contre le « tout aux marchés ». 

Les partis membres  ont élaboré et voté à l’unanimité une « feuille de route  pour une Europe sociale.  Ce faisant, ils ont débattu d’ « actions communes pour la résistance et l'alternative en Europe » ; « Dans la grande majorité des pays européens, s'appliquent des programmes de réduction des dépenses publiques, de superaustérité, de libéralisation des services publics et du marché du travail. Pour généraliser ces politiques, les pays, avec la complicité totale des gouvernements, sont placés sous tutelle par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et d'autres institutions comme le FMI » ; il s’agit donc de  construire une « autre Europe »  qui « défend les états sociaux », «  démocratique »,  qui « s'ouvre au monde qui résiste à la globalisation capitaliste » et « dit non à la guerre et la militarisation ».

A  l’issue du congrès, qui a réuni les 27 partis membres, communistes, socialistes et écologistes, et 11 formations observatrices, représentant 24 pays, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a été élu à la présidence en remplacement de  l'Allemand Lothar Bisky. Il sera assisté de quatre vice-présidences, celles de Alexis Tsipras (Président de Synaspismos, Grèce), de Marisa Matias (membre du Parlement européen, Bloc de gauche, Portugal), de Grigori Petrenco (membre du bureau exécutif du Parti communiste de Moldavie) et celle de Maite Mola (responsable des relations internationale au Parti communiste espagnol). Diether Dehm (Die Linke, Allemagne) a été élu trésorier du PGE.

Le nouveau président du PGE a indiqué qu’il consacrera son mandat à faire du PGE un « parti visible pour le combat commun » car « le temps est venu de passer à une nouvelle étape, celle de l’action pour changer la donne politique en Europe ».  Le PGE entend bien être plus militant. Selon les congressistes, le renforcement de la collégialité et du caractère collectif de la direction (qui compte désormais quatre vice-présidences) répond au besoin affirmé de « travailler avec toutes les régions d’Europe » et de favoriser « l’implication des adhérents « ; de faire du parti une organisation dirigée « vers l’action de masse ».  La règle du consensus reste de mise entre partis membres qui conservent leur pleine souveraineté. « Chaque parti a droit à la parole », a ainsi rappelé Pierre Laurent, non pour « bloquer la machine » mais pour avancer « vers ce qui nous unit le plus ».

Une bonne part des travaux  a porté sur la nécessité de lancer une initiative  militante susceptible de proposer une perspective politique aux luttes sociales qui se multiplient sur le continent. Et  de mettre ainsi en cause le poids des marchés financiers sur les Etats et les peuples. 

D’où la décision d’organiser une campagne contre le déferlement de plans de régression sociale. Concrètement, les partis membres vont tenter de recueillir au moins un million de signatures aux quatre coins de l’Europe pour refuser les politiques d’austérité. Cette initiative a été présentée par l’ancien président du groupe de la Gauche unitaire européenne au Parlement européen, Francis Wurtz. Il s’agit, pour les militants du PGE, d’être les premiers à user de la possibilité, ouverte par le traité de Lisbonne, de lancer une puissante initiative citoyenne. Les membres du PGE  entendent ainsi contraindre la Commission européenne à un débat public. L’occasion pour le PGE de faire connaître ses propositions et de mener l’offensive contre l’Europe des marchés. Mais attention : utiliser une possibilité du traité de Lisbonne « ne veut pas dire pour autant approuver ce texte », a insisté Francis Wurtz.

La pétition réclamera la création d’un « fonds européen pour le développement social » POUR financer des investissements publics qui « créent des emplois, développent la formation, la recherche, les infrastructures utiles » et qui protègent l’environnement. Le contraire, donc, du fonds de stabilisation financière, créé pour saigner, avec des cures d’austérité, les pays dont le déficit public est trop élevé. Sur la question du financement de ce fonds, tout le monde s’accorde sur une taxation des transactions financières. « Mais cela n’est pas suffisant », a prévenu  Francis Wurtz. D’où l’idée d’utiliser autrement la Banque centrale européenne (BCE), comme le proposent la Confédération des travailleurs allemands (DGB) et certaines forces du PGE. L’hypothèse d’utiliser le pouvoir de créer de la monnaie par la BCE pour financer les investissements publics sera examinée par un groupe d’experts.

De nombreux congressistes voient là une initiative enthousiasmante pour que le PGE aille « enfin sur le terrain. » Six grands meetings ou plus devraient être organisés dans différentes villes européennes. Dès la mi-janvier, les instances exécutives du PGE se mettront au travail pour préciser les contours de cette campagne.

 Au cours du congrès, différentes motions ont été adoptées sur de nombreux sujets d’actualité. Ces documents, comme la « feuille de route » seront disponibles sur le site du PGE à l’adresse suivante : http://www.european-left.org 

 

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