02/05/2011

« Autonomisation et privatisation de La Poste belge : conséquences pour nos populations. »

photo 128.jpgRobert Tangre, conseiller communal Front des Gauches-Courcelles (ex-UCPW) interpellait le conseil communal sur ce sujet touchant tous nos concitoyens et plus largement tous les Belges lors du Conseil communal de ce lundi 28 mars. Nous reproduisons ci-dessous son intervention.

La privatisation des services postaux en Belgique, comme celle de nombreuses autres entreprises publiques (Belgacom, SNCB, BIAC, Belgocontrol,…) est une opération de longue haleine faite de paliers et entamée il y a plus d’une vingtaine d'années, en mars 1991, lorsque le gouvernement fédéral a fait passer la loi sur les entreprises publiques autonomes et les sociétés anonymes de droit public


Le capital de ces entreprises demeurait alors totalement ou majoritairement public, mais leur gestion était calquée sur celle du privé et échappait pour l’essentiel à toute tutelle publique ; la force publique s’attachant principalement à établir un contrat de gestion concernant les missions de service public.

Alors que deux autres acheteurs s’étaient manifestés, le gouvernement a opté pour un consortium formé par Post Danmark et CVC Capital Partners. Ce dernier est un groupe financier qui possède actuellement une quarantaine d’entreprises – allant des appâts pour la pêche, aux réfrigérateurs en passant par les services IT et la cordonnerie –, dont dépendent plus de 300.000 employés. Tout cela avant le rachat d’actions par Fortis

Après l’autonomisation est venue la privatisation.

En ce 28 mars 2011, tirons les résultats visibles de cette privatisation.

- Environ 10.000 emplois perdus au cours des années 1990.
- Des centaines de boîtes aux lettres disparues ;
- Rien qu’en 2007, pas moins de 277 bureaux ont été fermés.  Pour 2008, la direction de l’entreprise a annoncé et entamé la fermeture de 200 bureaux supplémentaires, alors même qu’une enquête d’Eurostat pointe le manque de bureaux en Belgique. A terme, c’est la moitié des bureaux de poste du pays – environ 650 - qui seront sacrifiés si rien ne change.
- A la place des bureaux de poste fermés, La Poste propose des « Points Poste » ouverts dans des magasins, gares et autres antennes administratives communales. Ils sont gérés par du personnel non-postier, sous statut de travailleur indépendant. En ce qui nous concerne, rappelons successivement les fermetures des bureaux postaux de Gouy, Trazegnies, La Motte puis Souvret. Il reste un bureau central pour desservir un peu plus de 30 000 habitants.
- Augmentation du coût du timbre passant en peu de temps de 44 centimes à 61 à ce jour (34 % d’augmentation) !
- Dès ces dernières années, une autre évolution toute aussi brutale et cependant moins visible a été enclenchée également : les pertes d’emplois. En 2007, à titre d’exemple, pas moins de 1.450 emplois ETP (équivalents temps plein) ont été perdus.
- Par ailleurs, la qualité de l’emploi ne cesse de se détériorer. Des postiers distributeurs au statut précaire sont embauchés avec des contrats de "réactivation" d’une durée de six mois, renouvelables trois fois maximum. La Poste a également recours de plus en plus aux travailleurs intérimaires.
- Parallèlement, les plans visant à un durcissement des méthodes de comptage et des normes afin d’augmenter le rythme de travail se sont succédés (les tristement célèbres plans Géoroute 2 et 3).
- Enfin pour terminer, le tri ne se fait plus à Courcelles mais à Fleurus

Vous me direz, nous savons. Je vais toutefois vous expliquer quelques conséquences immédiates vécues par nos populations.


- Outre le fait que nombreux soient nos concitoyens à ne plus voir le facteur pour leur délivrer timbres ou menus services, ils doivent aller loin pour obtenir le service demandé  parce que les points poste n’ont pas eu beaucoup de succès.

- Aujourd’hui, le paquet de courrier trié à Fleurus par des personnes ignorant la géographie des lieux à parcourir, pressées par le temps comporte de très nombreuses erreurs avant d’être remis aux distributeurs.
- Ceux-ci ne connaissent pas leurs « clients » (Ah le vocabulaire mercantile) !
- Les erreurs de distribution se multiplient. Voici des preuves : Monsieur X reçoit un rappel de la commune pour le paiement de sa taxe sur les déchets et se sent meurtri. Madame Y doit payer un supplément pour non paiement dans les temps impartis de sa facture Belgacom Pourtant, ces personnes comme nombre de Courcellois ne sont pas de mauvais payeurs.
- Lors du dépôt d’un recommandé, le distributeur dispose de 30 secondes pour vous le remettre. Quand vous ouvrez la porte, vous ne voyez plus personne mais un avis dans votre boîte postale. A vous de vous rendre au bureau le plus proche.
- Plus grave, un fait qui vient de se dérouler rue de Miaucourt : une mallette remplie de courrier à distribuer dans les rues de Miaucourt, de la Piscine, la cité Guéméné est découverte derrière le muret d’une habitation dont le propriétaire est absent. Un voisin s’en inquiète après 4 jours de présence de la mallette. Il prévient le bureau de Courcelles qui, pressé vient rechercher le tout 2 jours plus tard.

Je crois que tout comme moi, vous trouverez ces faits inacceptables et je ne peux douter que vous accepterez la motion que je vous ferai parvenir au plus tard vendredi par mail par l’intermédiaire de Monsieur le Secrétaire communal, motion à faire parvenir aux divers responsables de Bpost et aux autorités politiques responsables de la mise en œuvre de ces dérives.


Le Comité du Front des Gauches-Courcelles

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