18/06/2011

Guerre des classes

guerre des classes,agences de notation,banquesUne terrible guerre de classes est à l’œuvre en Europe. En application du «pacte pour l’Euro» adopté en mars par le Conseil européen sous la pression de Merkel et Sarkozy, des plans d’ajustement structurels tels que ceux appliqués aux pays en voie de développement sont d’ores et déjà imposés à plusieurs Etats membres de l’Union. Dans la ligne de mire, comme de coutume : les services publics, les pensions, les salaires… Les budgets nationaux sont désormais placés sous tutelle européenne, privant les Etats de toute possibilité d’engager des politiques socio-économiques alternatives. Et dès lors, de toute souveraineté. Cela, sans le moindre débat.


C’est dire que la Belgique n’est pas à l’abri. En application du pacte de l’argent, la Commission européenne s’en est prise une nouvelle fois  au système belge d’indexation. La FEB et les partis de droite, flamands et francophones, ont aussitôt pris le relais en énumérant leurs exigences. Au menu et sans surprise, modération salariale, manipulation de l’index, diminution des « charges » des entreprises… Les agences de notations maintiennent la pression sur le pays.

Aux dernières nouvelles, il faudrait trouver 22 milliards d’euros d’ici 2015 pour répondre aux exigences européennes. Or, si notre pays n’a toujours pas de gouvernement, ni le formateur Di Rupo, ni aucun de ses interlocuteurs ne met en cause le trio infernal UE, BCE, FMI aujourd’hui à la manœuvre, pas plus que la logique destructrice des diktats libéraux. La  crise provoquée par les jeux spéculatifs des banques, bien loin de conduire les Etats à socialiser la finance au service des peuples, est utilisée comme un puissant levier pour mettre à bas des avancées sociales et démocratiques déjà largement mises à mal. La rigueur se retrouve sur le dos des contribuables.

Dans le même temps, aux quatre coins de l’Europe, des voix s'élèvent massivement pour exiger une réelle démocratie, la justice sociale, des salaires et pensions décents, une protection sociale garantie. 

En Belgique, le risque est réel qu’un front des droites profite du vide actuel pour porter ses coups. Le MR vient à nouveau de se dire prêt à tous les sales coups, et pour ce faire de s’acoquiner avec les ultras du Nord du pays… Bart De Wever en tête. « Le programme de gouvernement devra être libéral »,  exige son président. Cela, au moment où la loi des marchés exerce ses ravages à travers le continent.

Le mouvement social doit prendre la mesure de ce danger et investir sans tarder le champ politique. Pour défendre et élargir les droits sociaux, mettre les richesses au service de la collectivité. Pour s’affranchir du traité de Lisbonne.
 

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