28/06/2011

Note informative sur les récents évènements en Grèce

grèce,kke,synaspismos,places,papandreouAprès les entretiens consécutifs avec la troïka FMI-BEUC-EU, le gouvernement Papandreou a présenté le «Programme à moyen terme», une condition préalable pour recevoir la 5 ème partie des fonds concrétisant le nouvel accord de prêt pour la Grèce, qui est supposé sortir le pays des marchés financiers jusqu’en 2014, approximativement.

Le nouveau programme à moyen terme est socialement horrifiant : il constitue une escalade barbare de l’offensive néo-libérale qui a débuté en mai 2010 par la présentation du premier mémorandum. Tous les biens publics, y compris l’électricité, l’eau, les télécommunications, les infrastructures, etc… sont offerts au capital privé. L’Etat vendra même les parts stratégiques qu’il détient dans l’Organisation des Télécommunications de Grèce (OTE), la Corporation Publique de l’Energie (BEI) et toutes les autres entreprises d’intérêt public.


Plus encore, les salaires et les pensions dans le secteur public seront encore réduits et le but est de rejoindre les niveaux du secteur privé. Le niveau des taxes sera renforcé pour les petits et moyens revenus. De nouvelles taxes seront appliquées aux boissons alcoolisées, aux cigarettes et à d’autres biens qui couvrent les besoins de base. Les deux seules questions pour lesquelles le nouveau programme n’inclut rien sont la traque à la grosse fraude fiscale et au travail en noir (illégal et non assuré)…

Le gouvernement renforce son autoritarisme et continue à violer la Constitution: toutes les mesures mentionnées ci-dessus sont des mesures choquantes qui passeront par un ARTICLE UNIQUE dans une proposition de loi au Parlement National.

Cette scandaleuse décision du Cabinet a causé la réaction de 16 membres du Parlement du parti au pouvoir (PASOK), qui ont cosigné une lettre ouverte au gouvernement demandant:
a) une discussion détaillée sur les résultats de la politique gouvernementale, un après le premier mémorandum,
b) une présentation détaillée et une discussion des nouvelles mesures et les conséquences du «Programme à moyen terme» au sein du groupe parlementaire du PASOK et en séance plénière du Parlement
c) l’introduction du «Programme à moyen terme», non pas comme un article unique, mais comme une série d’articles soumis au vote.

La plupart des 16 Membres du parlement ont déjà déclaré qu’ils ne voteraient pas contre le nouveau programme, mais certains d’entre eux ont déclaré qu’ils n’étaient pas décidés à voter quelque chose qu’ils ne pourraient comprendre tout-à-fait et analyser. Souvenons-nous que, à présent, le PASOK détient une majorité parlementaire de 156 sur 300 mandats, après l’exclusion progressive de 4 membres du Parlement de leur groupe parlementaire, depuis les élections d’octobre 2009.

Les positions des forces d’opposition

L’opposition la plus importante, le centre-droit (Parti de la Nouvelle Démocratie) se prononce pour une renégociation du Mémorandum et rejette les mesures actuelles comme «Inadéquates et incapables de stimuler le développement». Il est d’accord avec le processus des privatisations et les coupes sombres, mais s’interroge sur la « méthodologie » que le gouvernement utilise. Depuis que le gouvernement a décidé de faire passer «Le Programme à moyen terme» à travers un seul article, ce parti a décidé de voter contre.

Le Secrétaire Général du Parti Communiste de Grèce (KKE), Aleka Papariga, a récemment lors d’une interview dans un journal important: «Bien que nous sommes en principe en faveur d’un détachement de la Grèce de l’UE, la solution de sortir de l’Eurozone et en revenir au drachme est destructive dans les circonstances actuelles. Mais nous ne prévoyons ni une sortie volontaire de la Grèce de l’Eurozone ou l’expulsion de la Grèce de l’Eurozone. Cela pourrait arriver à l’avenir, quand la crise sera encore plus profonde et que les plus puissants décident de rétrécir l’Eurozone et l’UE en général. A présent nous croyons qu’il est possible de voir un défaut contrôlé à l’intérieur de l’Eurozone. Si l’UE atteint le point d’expulser des états membres, cela voudrait dire qu’elle a atteint une profonde crise de non retour, plus tôt que nous ne nous y attendions.»

Le KKE a aussi été obligé de changer sa position sur le mouvement des citoyens sur les places, après l’effet massif de ce mouvement en Grèce: pendant les premiers jours des mobilisations, le KKE a officiellement dénoncé l’«indignados» grec comme un mouvement manipulé, désorienté et facilement contrôlé par la classe dirigeante et les monopoles. Ils ont même atteint le point de dénoncer le Parti communiste et la Gauche unie d’Espagne pour sa participation à l’occupation des places à Madrid et à Barcelone. Plus tard, quand le mouvement a grandi de façon spectaculaire, ils ont été obligé de dire que «l’indignation des gens doit devenir une lutte de classe clairement orientée passant par le renforcement du KKE.»

Le parti d’extrême droite (LAOS) propose la formation d’un gouvernement «œcuménique» constitué par toutes les forces politiques «volontaires» du pays. Cette proposition a été rejetée à la fois par le gouvernement et le Parti de la Nouvelle Démocratie, si bien que, actuellement, le président du LAOS a annoncé qu’ils retiraient leur appui aux plans du gouvernement (Ils ont voté en faveur du premier Mémorandum en mai 2010) et qu’ils envisageaient la possibilité de quitter el Parlement, menaçant du chantage à des élections extraordinaires. LAOS est entièrement contre le mouvement des places et considère ce mouvement comme «hostile à la démocratie» et «manipulé par la gauche radicale».

Le mouvement grec «indignatos»

Le dimanche 5 juin, le mouvement des places a pris une importance sans précédent en Grèce: plus de 300.000 personnes se sont rassemblées à Athènes, paralysant le centre de la ville pendant une journée entière et plus de 20.000 personnes ont manifesté à Thessalonique (la plus grande manifestation de ces 20 dernières années). Des milliers de citoyens se sont rassemblés dans les places centrales de plus 35 villes dans le pays. Les assemblées populaires des places ont approuvé une structure progressive de valeurs et de demandes, qui reflètent largement les demandes et idées de la gauche et des forces progressistes.

Place Syntagma, à Athènes, les gens ont formés des comités spécialisés allant de problèmes techniques (nettoyage et approvisionnement dans les camps, médias et communications, «peace keeping» et groupes médicaux, etc.) aux sujets politiques et sociaux (économie et crise de la dette, emploi et précarité, éducation, activisme culturel, environnement, etc.) Les assemblées populaires (organisées sur une base quotidienne) sont officiellement exprimées par la webside  http://www.real-democracy.gr

Les membres de Synaspismos et de notre jeunesse (Neolaia Synaspismou) ont rejoint le mouvement des places depuis le premier jour de mobilisation, le 25 mai. Depuis, notre coalition, SYRIZA, a été et est encore la seule force politique parlementaire qui ait déclaré publiquement appeler ses membres et sympathisants à rejoindre le mouvement et ses aspirations à la réelle démocratie directe et à la justice sociale. Ce qui a créé une escalade dans les attaques contre SYRIZA de la part des ministres du gouvernement.

Le gouvernement essaye maintenant de terroriser la population, en faisant ce chantage: ou vous acceptez le «Programme à moyen terme» ou le pays court à la faillite. Il a aussi raconté aux médias qu’il envisageait la possibilité d’organiser un référendum - chantage sur le dilemme «Un nouvel accord de prêts et de nouvelles mesures ou l’expulsion de la zone euro et le retour à la drachme». Il y a aussi le scénario d’une refonte du Gouvernement, par la substitution des ministres-clés par «des personnalités expérimentées non parlementaires bien connues».

Synaspismos et SYRIZA ont réagi à ce chantage du gouvernement, déclarant que Mr Papandreou avait violé la Constitution, n’avait pas la légitimité démocratique pour appliquer les nouvelles mesures et devrait dès lors aller vers des élections extraordinaires.

Département de la politique européenne de Synaspismos

Nouvelles à propos des grèves des travailleurs

Le mouvement des places semble être assez bien revitalisé par les syndicats grecs qui ont décidé de mobiliser en accord avec le programme suivant:

Mercredi 8 juin

- 4 heures de travail arrêt et mobilisation autour du Ministère de la Santé avec des employés des services sanitaires de l’Institut de sécurité Sociale (IKA).
- 3 heures d’arrêt de travail et mobilisation autour de le Haute Cour d’Athènes par les employés de justice.
- 5 heures d’arrêt de travail et mobilisation autour du Ministère de la santé par les employés aux laboratoires radiologiques.

Jeudi 9 juin

- 24 heures de grève des travailleurs des Entreprises d’Intérêt Public et des entreprises publique de privatisation.
- 24 heures de grève de la Fédération des Employés de Banques (OTOE).
- une demi-journée arrêt de travail pour tous les employés du secteur public d’Athènes et de Thessalonique.
- 7 heures d’arrêt de travail des conducteurs de bus publics et 3 heures d’arrêt de travail des travailleurs du métro d’Athènes.
- 3 heures d'arrêt de travail des employés de justice.
- 24 heures de grève et mobilisation des dockers au centre d’Athènes.

Vendredi 10 juin

- 24 heures de grève et mobilisation autour du Ministère de la Santé par les employés des services de santé.
- 3 heures d'arrêt de travail par les employés de justice.
- 24 heures de grève et mobilisation autour du Ministère de l’Emploi par les dockers.

Mercredi 15 juin

- 24 heures de grève générale dans les secteurs public et privé, à l’appel des deux Confédérations syndicales grecques (GSEE et ADEDY) et appuyée aussi par la Confédération Hellène des professionnels, artisans et des marchands (GSEVEE) et la Confédération Nationale du Commerce grec (ESEE).

Athènes, le 8 juin 2011.
(traduction : Jean – PCWB)

 

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