21/07/2011

Charleroi : une ville pour les citoyens ou pour les promoteurs ? (suite 3)

11004-charleroivuebuissetv4.jpgEt les citoyens ?

On aurait pu s’attendre à beaucoup mieux de la part de l’auteur de projet, d’autant qu’à l’issue de la présentation de la première mouture, bon nombre d’observations et remarques formulées par les différents acteurs locaux n’ont trouvé aucune suite ou réponse dans le projet actuel. L’issue de l’enquête sera donc déterminante pour le dessein du bas de la ville.

Entrée côté place Buisset


Pour en revenir au problème de fond, selon les spécialistes en gestion / management des villes, alors que 37% de la population carolorégienne ne fait pas ses courses en équipement de la personne à Charleroi, qu’il y encore de la place pour l’équipement de la maison, et autres spécialités, Jean-Luc Calonger, Carolo et professeur d’université en géomarketing estime dans une étude commandée par la ville à 40.000m² la surface de nouveaux commerces que la ville serait capable d’absorber. Une capacité qui tient compte du pouvoir d’achat moyen des Carolos et des habitants de la région.

Le miroir aux alouettes serait aussi de croire les promoteurs qui affirment qu’avoir une grosse offre commerciale sur Charleroi permettrait d’élargir la zone de chalandise à Bruxelles, voire Lille, Maubeuge… Illusoire car c’est sans compter les projets commerciaux en chantier ou en gestation à La Louvière, à Farciennes, à Namur, à Nivelles, à Waterloo,...

En terme d’emplois, s’il y aura bien des créations, il s’agira surtout de transferts car ce qui se créera d’un côté se perdra de l’autre. Il ne suffit en effet pas d’augmenter l’offre commerciale pour maintenir ou augmenter le pouvoir d’achat de la population.

Dénués de moyens financiers, il pourrait être tentant pour les gestionnaires des villes de succomber aux com
pensations des promoteurs qui en s’adressant à des régions riches, comme Waterloo, sont quasi assurés, eux, de réaliser de juteuses affaires commerciales ou immobilières par l’achat de foncier à bas prix dans les zones économiquement faibles, surtout s’ils agitent chez certains décideurs politiques le bilan des réalisations à présenter à l’occasion de futures élections.

L’adage dit que « gouverner c’est prévoir ». Ne revient-il donc pas aux responsables politiques des villes et des
communes d’élaborer leur schéma de structure, de penser en terme de développement durable les transformations à opérer à court, à moyen et à long terme plutôt que de subir des OPA et de devoir tenter de contrôler des projets mégalos.

C’est cela qui dans un passé récent a manqué à Charleroi et nous contraint aujourd’hui à la plus grande vigilance si nous voulons réussir et être acteurs du redéploiement de notre ville. La mise à l’enquête publique et l’obligation d’études d’incidences faite aux concepteurs de projets, tel « Rive Gauche », démontre à souhait qu’il est possible pour une cité et pour ses habitants de s’opposer aux diktats des promoteurs et de l’administration, de créer le rapport de force pour se modeler, se choisir la ville dans laquelle ils voudront vivre demain.

Jacques COUPEZ, secrétaire fédéral.

Commentaires

100% d'accord.

Charleroi ville "A VENDRE". suite à des décennies de mauvaise gouvernance (pour être poli) qui ont rendu la ville exsangue. Les citoyens et commercants doivent maintenant payés la note.

Écrit par : Pluto9 | 06/08/2011

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