25/09/2011

L'affaire du bouton

coucelles annick pollart,front des gauches-courcelles

 

Lors du conseil communal de ce jeudi 8 septembre 2011, l'affaire du bouton plus communément connue sous le nom "affaire Pollart" fut à nouveau évoquée et cette fois, les interpellations des groupes ECOLO et CDH furent à nouveau inscrites à l'ordre du jour du Conseil communal mais cette fois en séance publique.

Le Front des Gauches-Courcelles ne pouvait pas rester silencieux. C'est notre conseiller communal, Robert Tangre qui refléta notre point du vue pour la sortie du bac à sable.



Nous reproduisons intégralement ci-après cette déclaration.


Cliquez sur l'image pour agrandir. Après les interpellations de mes deux collègues, je souhaite faire une déclaration du Front des Gauches-Courcelles. Comme je l’ai souligné dans mon intervention à propos du court PV relatant le conseil du 29 août dernier, je souhaite rappeler que le fait que je sois resté en séance découle de l’approche de notre groupe politique sur la problématique elle-même.

Si le PV avait été analytique et il aurait dû l’être dans le cas présent, je n’ai pas suivi mes collègues des autres partis car rien ne lie automatiquement les partis politiques de l’opposition. Ceci dit, je suis resté pantois devant l’éclatement de la majorité.

Cela ne m’a toutefois pas empêché d’appuyer la demande de mes collègues Ecolo et CDH qui souhaitaient le transfert de leurs deux interpellations en séance publique car vu l’absence excusée de Madame Pollart, il aurait suffi à la majorité de déclarer qu’un conseil communal se réunirait dès son retour pour entendre sa version des faits. Le conseil aurait alors pu se poursuivre sans un coup de sang défini au préalable par les collègues qui quittèrent la séance.

Je ne peux comprendre la grossière erreur commise par la majorité, laissant le bourgmestre faisant fonction – et je le plaignais en silence- se servir de l’article1221-21 du code de démocratie locale - qui prévoit le huis-clos pour les débats sur des personnes privées. Or, ici en l’occurrence, un échevin, un bourgmestre ne sont pas des personnes privées, il peut leur être demandé des comptes publiquement et ce d’autant plus que l’affaire avait été communiquée à la grande presse par un vent favorable provenant de vos rangs mêmes. J’ai considéré cela comme un appel à la curée. Madame Pollart avait été jugée par la presse, la police et sa sanction aurait même été prononcée par le procureur du roi. Ne sommes-nous plus dans un état de droit ? La séparation des pouvoirs n’existerait-elle plus comme la présomption d’innocence ?

Dans un passé encore assez récent, d’autres élus parmi vous avaient été interrogés publiquement sur leur gestion passée et plus particulièrement sur celle des finances communales. Certains l’auraient-ils oublié ?

De même, si à Charleroi, on avait tenu le même point de vue, jamais il n’aurait été débattu publiquement des responsabilités des uns ou des autres élus.

Je suis également resté en séance, non pas pour vous faire plaisir mais tout simplement pour me permettre de débattre des deux points pour lesquels je vous interpellais, points que j'estimais plus importants pour notre groupe que l’affaire du bouton car il portait sur des matières environnementales ou de sécurité publique.

Votre communiqué en réponse à la sortie de mes collègues m’a placé dans la liste envoyée à la presse et vous avez eu l’outrecuidance de faire croire aux Courcellois que la sortie avait fait perdre quelque 486 000 euros de subventions à notre commune et par conséquence d’y associer le Front des Gauches-Courcelles.

A ce propos, ne vous rendez-vous pas compte du ridicule de votre argumentation car vous nous faites voter le 29 août des travaux déclarés urgents pour le dépôt obligatoire du dossier le 1 er septembre. Et comme d’habitude, vous nous placez devant des choix invoquant l’urgence même lorsque celle-ci n’est pas nécessaire. Lorsque vous prendrez  le temps et la peine de déposer un dossier de demande de subventions en y associant la minorité, votre ouverture permettra le débat et non la simple ratification de votre seule choix et volonté. Notre groupe considère cela comme un mépris des élus que nous sommes.

Le conseil se termina vu l’absence  de quorum nécessaire pour sa continuation et un PV de carence fut rédigé. Votre communiqué visait les conseillers de la minorité mais ne notifiait pas la sortie de deux membres de votre majorité.

Sans leur sortie, le conseil réduit aurait pu se poursuivre. Votre majorité est profondément divisée. Le pacte majoritaire a été rompu. Si le fait s’était passé il y a quelques mois d’ici comme à Ans avec l’affaire Daerden, nous aurions pu demander le vote d’une motion de défiance.

En 2006, vous avez fait un choix : celui de l’actuelle majorité alors qu’il existait une alternative politique. Vous n’en avez pas voulu car vous pensiez que le nouvel allié du PS serait très complaisant après l’exclusion d’un faiseur de voix. Vous payez aujourd’hui chèrement ce calcul, car, à Courcelles, on joue aux échecs et on le fera jusqu’en 2012, le roi éliminant la dame. Echec et mat. Pour être clair, le citoyen courcellois  - comme beaucoup de citoyens de ce pays - , en ont assez de payer le prix des alliances contre nature.

Un mot encore sur vos errements : comment comprendre que Courcelles, troisième commune de l’agglomération carolégienne, n’est représentée qu’au niveau de la province ? Aucun candidat de trois partis représentés en cette instance n’a été placé en ordre utile pour représenter au plus haut niveau notre commune. Pas d’élus régionaux ou fédéraux pour faire la chasse aux subventions notamment européennes comme ce fut le cas à l’époque des Glinne et Glineur !  Cela voudrait-il dire qu’il existe un manque de considération des instances de vos partis respectifs au niveau des représentants politiques que vous êtes? 

Si vous aviez eu du poids, il y a longtemps que le nœud de passage qu’est la place du Trieu aurait été réaménagé pour le plus grand bien de l’image de notre cité, en profitant comme d’autres communes de la manne d’argent offerte généreusement au Hainaut dans le cadre de l’objectif 1. Voyez une commune comme Châtelet, du même gabarit que la nôtre, et qui elle, a bénéficié de ces subsides européens dans un plan global de réaménagement de son centre ville. Et il y a longtemps que la présentation de plans de réaménagement depuis des décennies n’aurait plus servi de simple outil de propagande électorale. Là se trouve votre (ir)responsabilité et les Courcellois en sont conscients.

Pauvre Courcelles, elle ne vous mérite pas.

Le Front des Gauches-Courcelles

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