03/10/2011

Du cas grec à l’échelle européenne : l’offensive néoliberale doit être mise à l’échec

 

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On assiste aujourd’hui à un petit jeu de chantage du peuple grec par les leaders européens et par le Fonds Monétaire International. Ce jeu, s’il n’était pas si pénible pour la société grecque, serait la risée de tout le monde. Ce petit jeu consiste à terroriser l’opinion pulbique grecque en faisant parler (des médias, des ministres, des fonctionnaires européens) d’une eventuelle faillite de la Grèce dans les jours qui viennent. Le but est facile à comprendre : faire accepter au peuple grec des politiques qui sont en train de bouleverser et de faire disparaître des acquis sociaux emblématiques, arrachés au prix fort à travers des luttes politiques et sociales.


C’ est ainsi que les salaires et les pensions sont diminuées, diverses prestations sociales sont disparues du jour au lendemain, touchant divers secteurs, allant des services de santé jusqu’ aux théâtres nationaux, le droit au travail est basculé pour ce qui est des fonctionnaires qui sont confrontés au chômage technique avant d’être renvoyés, au bout d’un an... Toute la société grecque est en train de souffrir en raison des injonctions de la ‘Troika’, qui prescrit plus d’austérité pour mieux organiser le pillage des richesses nationales, à travers des privatisations et de la destruction des droits sociaux. Toutes ces mesures radicales, qui n’ont rien à voir avec le programme électoral du Parti Socialiste, au pouvoir depuis octobre 2009, sont en train de gâcher l’ avenir de jeunes générations, qui d’ailleurs sont laminées par un chômage galopant de l’ordre de 43.3% pour la tranche d’âge de 15 à 24 ans.

L’ offensive néolibérale prend toute son ampleur contre la société grecque sous couvert de ce chantage. On vient d’ assister à ce jeu de massacre ces derniers jours, marqués mercredi dernier par la téléconférence de Mme Merkel et de M. Sarkozy au sujet de la Grèce. Les deux leaders, dans un climat des rumeurs concernant la faillite grecque, sont tombés d’accord sur le fait que la Grèce doit remplir au plus vite ses obligations envers ses partenaires européens, sous peine de se voir faire faillite.

En même temps, la Grèce devient un état carrément sous tutelle puisque c’est désormais la France et l’Allemagne qui vont piloter de près la réconstruction de l’Etat grec, sous la forme d’une commission (task force) dirigée par l’allemand Horst Reichenbach, ex vice-president de la BERD. Officielement sa mission est de superviser les projets d'investissements de fonds européens en empêchant les gabegies et, peut-être aussi, pour tenir un rôle de conseil dans la mise en oeuvre des réformes structurelles necessaires, dont l'administration fiscale. En clair cela signifie que le pays est en train de perdre (pour combien de temps ?) une partie cruciale de sa souveraineté nationale. Autre fait révélateur de cette perte de souveraineté flagrante : la commission de privatisation chargée de procéder a des cessions d'actifs pour réduire la dette a dû concéder deux postes au sein de son conseil d'administration à un membre de la zone euro et un représentant de la Commission européenne...
 
Tout cela signifie que l’actuel modèle de la construction européenne est doublement raté : tant au niveau de la réponse à la crise actuelle (une crise de croissance et pas seulement de dette) qu’à celui de structures (anti)démocratiques.

Le PGE dès le premier moment a souligné de double aspect de la crise (économique et démocratique), en répetant que l’heure est à la solidarité et à la refondation de l’ Union Européenne. Et il a appelé toutes les forces à la résistance : les syndicats, les mouvements sociaux, les intellectuels, les partis de la Gauche, avec pour but de construire une alternative à gauche qui donne des perspectives politiques à toutes ces luttes.

La doctrine néoliberale veut utiliser en tant que cobaye la société grecque pour faire passer ses valeurs de spéculation et de profit aux dépens des peuples de toute l’Europe et pas seulement du sud.

Nous sommes contre les politiques d’austérité et contre leur institutionnalisation (la règle d’or). On demande des audits publics et citoyens. On exige un allongement des échéances de remboursement, des facilités de paiements et l’ émission d’ « eurobonds ». On propose de changer le rôle et les missions de la BCE : dans l’urgence, elle devrait absorber une part des dettes publiques nationales. Elle doit aussi utiliser son pouvoir de création monétaire pour financer des projets créateurs d’emploi décents (dans l’industrie, la recherche, les nouveaux modes de production) et des services publics nationaux et européens. La maîtrise publique et démocratique des banques et du secteur financier est un outil pour imposer le contrôle populaire de l’économie. Nous nous battons pour une redistribution radicale des richesses, un système fiscal juste dans les pays membres et en Europe et des mesures pour éviter le dumping.

Les actuels leaders de l’Union Européenne, qui s’ avèrent être très en-dessous de ce que les sociétés attendaient de leur part, vont devoir comprendre que leurs desseins néolibéraux d’austérité, qui ne font qu’aggraver la crise et la récession, vont en réalité être le motif de la résistance des citoyens face à ces plans de déstruction sociale.

Les Indignés, les Indignados, les Aganaktismenoi sur la place de la Bastille, de Puerta del Sol ou de Syntagma, ne font que commencer leur lutte. Le PGE est à leurs côtés pour les écouter, les soutenir et les encourager. L’ enjeu est de taille : à travers les pays du sud européen, et en premier lieu la Grèce, c’est tout l’avenir de l’Europe qui est en train d’être joué : l’Union Européenne sera démocratique, solidaire et sociale ou elle ne sera plus !

 

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