09/10/2011

Manuel BARROSO passe du lyrisme…aux aveux

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Le Président de la Commission européenne, M. Barroso, n'a pas la réputation d'être un grand poète.  Il s'est pourtant essayé au lyrisme, le 28 septembre dernier, au Parlement de Strasbourg, en prononçant son désormais rituel "Discours sur l'Etat de l'Union".  J'ai ainsi compté pas moins de sept références à la dernière des valeurs auxquelles on pense en ce moment à propos de l'Union européenne: la fierté!  "La fierté d'être Européen, ce n'est pas seulement notre grande culture, notre grande civilisation, tout ce que nous avons créé dans le monde" s'est écrié ce champion de l'Europe des marchands et de la finance, avec la modestie d'une grenouille voulant se faire aussi grosse que le bœuf.  "Ce n'est pas seulement la fierté du passé.  C'est la fierté de notre avenir" a-t-il poursuivi.  "C'est cette confiance-là qu'il nous faut récréer entre nous."


Pourquoi, subitement, cet exercice un peu laborieux de méthode Coué?  C'est qu'en haut lieu, on est à présent conscient de la  profondeur de la "crise de confiance", reconnaît M. Barroso, "tant à l'égard de nos dirigeants en général, de l'Europe elle-même, que de notre capacité à trouver des solutions."  On peut le dire, en effet!  "Nos concitoyens (sic) nous observent et se demandent: sommes-nous vraiment une Union?" confesse même le président de la Commission, en tirant de ce sévère constat la conclusion qu'il faut "un renouveau européen".  Diable!  La grâce aurait-elle touché l'exécutif bruxellois?  Trois fois hélas, la suite fut plus prosaïque et moins inattendue dans sa bouche.  D'abord, il s'est félicité du soutien majoritaire des parlementaires européens à son projet de réforme du pacte de stabilité, renforçant la "discipline" budgétaire et étendant la "surveillance" aux politiques économiques des gouvernements.  Ensuite, il a annoncé que "nous devons aller plus loin" dans le sens d'une "intégration" permettant de "réaliser pleinement les objectifs convenus à Maastricht" - une intégration que "pas seulement les fédéralistes réclament, mais aussi les marchés."  C'est donc cela, le "renouveau"!
           
Sans attendre, M. Barroso situe les urgences notamment dans "une véritable libéralisation des services en Europe" ainsi que dans "les réformes à mettre en œuvre sur nos marchés du travail, dans nos finances publiques et nos régimes de retraite" - réformes dont il ne doute pas qu'elles "appellent des efforts considérables de chaque composante de la société".  Et n'allez pas dire que la Commission est indifférente au fait qu' "un jeune sur cinq ne trouve pas de travail".  La preuve: M. Barroso "appelle nos entreprises (à) leur offrir des stages ou des possibilités d'apprentissage"...

           
C'est dans ce contexte, à l'évidence explosif, que M. Barroso, après Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, s'est senti obligé de lâcher du lest sur une revendication emblématique de la gauche (pourtant réputée "utopique", car, nous répétait-on depuis une bonne décennie, "totalement irréalisable autrement qu'à l'échelle du monde") en se disant "très fier (encore) d'annoncer que la Commission a (ce jour même) adopté une proposition...de taxe sur les transactions financières."  Voilà un aveu involontaire de taille: dans le contexte actuel, des idées alternatives, dès lors qu'elles sont massivement portées par les citoyens et les mouvements sociaux, peuvent devenir incontournables.  Une leçon à méditer!  Nelson Mandela (que M. Barroso s'est sur un autre sujet, aventuré à citer) a décidément raison: "It always seems impossible, until it is done.  Let's do it".[1]

 
[1] Cela parait toujours impossible jusqu'à ce que cela se réalise.  Alors, faisons-le!

Francis Wurtz, ancien député européen du PCF et ancien président du Parti de la Gauche Européenne

Commentaires

et pour enchaîner, j'adore, Milquet, Laurette...les huit partis s'aiment, se RESPECTENT, et se sont même embrassés, on se fout de nous, ce n'est pas ça qu'on leur demande

Écrit par : Christiane | 09/10/2011

Donc le parti communiste existe encore???????

Écrit par : Christiane | 09/10/2011

Donc, mes commentaires ont disparu subito presto, c'est ça la dictature de Poutine!!!!!!c'est rigolo...le parti communisme existe encore?????Salut! demeure chaste et pure!!!!Demain, Faust en direct de la Bastille, c'est bon pour votre culture, mon petit!!!!!

Écrit par : Christiane | 09/10/2011

Excuses, ils sont revenus bonne soirée

Écrit par : Christiane | 09/10/2011

Oui, il n'a jamais cessé de fonctionner. Il intéresse à nouveau les jeunes générations. Tant mieux. sachez que nous n'avons rien de commun avec Poutine.Quyant à la Bastille, elle est à prendre sans Laurette, Elio, Charles et Cie
Bien à vous

Écrit par : Nouvelles | 09/10/2011

Merci pour votre gentillesse, Laurette, Charles, etc....je suis bien d'accord avec vous...Ce qui me met hors de moi, c'est cette Lorette de Lasne, qui est toujours envers et contre tout HILARE, le ridicule ne tue pas, je le lui ai écrit...c'est insupportable

Écrit par : Christiane | 09/10/2011

Ils n'appartiennent pas à notre monde mais rira bien qui rira le dernier cart la révolte croît

Écrit par : Nouvelles | 09/10/2011

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