12/01/2012

Notre camarade Jean EVALDRE est décédé.

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Photo signée D.R. extraite de la Nouvellle Gazette

 

Notre ami Jean Evaldre nous a quittés, ce mardi 10 janvier 2012, quelques semaines avant son 91e anniversaire. Jean était né à Gent le 26 mars 1921, d'un père francophone, ingénieur ULB, et d'une mère issue de la petite bourgeoise gantoise de langue française. Ses parents s'étant installés à Bruxelles, il est élève à l'Athénée d'Ixelles où il a notamment pour professeur Victor Larock qui le marque grandement. Il y fait aussi la connaissance de plusieurs jeunes engagés dans le combat antifasciste, dont plusieurs militants des Jeunes Gardes Socialistes Unifiés.


En 1938, il s'inscrit à la Faculté de Droit de l'ULB. Il y milite au sein des Étudiants Socialistes Unifiés (ESU) et participe à leurs activités et manifestations, notamment en faveur de l'Espagne républicaine.

En juin 1940, c'est dans la maison de ses parents (alors évacués en France) qu'il accueille ce que sa future compagne, Jurgita Smolski, appellera "la réunion pionnière de juin 1940" (1), durant laquelle les ESU décident de mener le combat clandestin contre l'occupant nazi. Jean Evaldre est donc de ceux qui, le 12 novembre 1940, autour de Jacques Leten, dirigeant principal des ESU, rédigent le premier tract clandestin de l'ULB. Puis, avec les autres responsables ESU, il contribue à la mise en place du Rassemblement Estudiantin de l'ULB, alors que l'ULB a été fermée par l'occupant nazi en 1941.


Jean aura la chance d'échapper à toute arrestation malgré son intense activité clandestine. À la Libération, il se retrouve militant du PCB (auquel il a adhéré le 1er mai 1941) et de la JGSU (vite rebaptisée Jeune Garde Populaire). Il doit cependant d'abord accomplir sa formation militaire, puis bénéficiant de la faculté accordée aux étudiants résistants de passer les examens sans avoir suivi les cours, il devient docteur en droit, au début 1946, en passant devant le Jury central. À la même époque, il épouse Yvette De Backer et entre comme fonctionnaire au ministère des Victimes de la Guerre, puis à celui des Travaux publics. La fin de la participation communiste au Gouvernement (1947) l'éloignera cependant de la fonction publique.


Il s'installe alors à Roux, où il ouvre un cabinet d'avocat, tout en continuant à militer au sein du PCB et de la Jeunesse populaire de Belgique (il est alors directeur de sa presse). Il mène ensuite une longue carrière au Barreau de Charleroi, notamment marquée par sa participation au Collectif d'avocats qui assume les demandes des épouses, mères et enfants des victimes de la catastrophe de Marcinelle(2). Il fut aussi un avocat spécialisé dans les affaires de curatelle et il passait encore de temps à autre au tribunal de commerce de Charleroi.


Après le décès de son épouse en 2004, il avait trouvé en Jurgita (Georgette) Smolski une compagne avec laquelle il pouvait partager autant de souvenirs que de passions communs, depuis leur passé à l'ULB, aux ESU, au PCB, à la Presse communiste. Nous avons ainsi eu le bonheur de les compter tous deux à plusieurs des colloques ou journées que nous organisions ou auxquels nous fûmes associés. Armé de son sourire et de sa gentillesse, il paraissait d'une éternelle jeunesse.


Que Jurgita Smolski, que tous les parents et amis de Jean Evaldre trouvent ici le témoignage de nos très sincères et amicales condoléances.


1Jurgita SMOLSKI, Engagés volontaires : dix U.L.Bistes dans notre mémoire, Bruxelles : éd. du CArCoB, 2010, p. 32-35.

2 Il est évidemment, avec son collègue François Collinet, l'un des personnages de la pièce de théâtre Bois du Cazier¸ oeuvre de Jean Louvet et Marie-Louise De Roeck (Carnières : éd. Lansman, 2006).

 

La famille et les proches ont la profonde tristesse de vous faire part du décès de

Monsieur Jean EVALDRE

Veuf de Madame Yvette DEBACKER

 

Né le 26 mars 1921 à Gand et décédé le 10 janvier 2012 à Charleroi.

 

Les funérailles civiles suivies de l’incinération au crématorium de Gilly auront lieu le 13 janvier 2012 à

15 heures 15.

Dans l’attente du service funèbre, le défunt repose en son domicile 6044 Roux, rue de Marchienne 73.

Le jour des funérailles, réunion en la maison mortuaire à 14 heures 45.

 

Le présent avis tient lieu de faire-part.

 

Vos condoléances sur www.funerailles-romain.be

S.C.R.L. Funérailles ROMAIN et Fils

Roux – Jumet – Souvret – Courcelles et environs

071/45.22.31

CArCoB asbl – Archives Communistes

Rue de la Caserne 33

B-1000 BRUXELLES

BELGIQUE

Tél. : 00-32-[0]2/513 61 99

Commentaires

Je viens d’apprendre par Carcob, la triste nouvelle du décès de Jean Evaldre.
Que Georgette, sa compagne des dernières années, que tous ses proches, camarades et amis acceptent, en cette douloureuse circonstance, mes profondes et fraternelles condoléances.
Les hasards de la vie ont fait que lui et moi ne nous sommes que fort rarement rencontrés personnellement, mais que j’ai très souvent eu à son propos des nouvelles par personnes interposées.
… Avec les lacunes que cela entraîne inévitablement. Ainsi, je ne savais rien de ses origines gantoises, et à peine plus de son actif passé, militant et résistant ulbiste avant, pendant et au lendemain de la guerre.
C’est après ma participation fort engagée à l’équipe dirigeante, résolument de gauche, des Étudiants socialistes d’après-Libération, puis mon passage aux Étudiants communistes et au PCB-KPB fin 1948, enfin mon entrée au Bureau de la Jeunesse populaire (JP) un an plus tard, que j’ai beaucoup entendu parler, - toujours de manière amicale et élogieuse – d’un certain « Tchoup » qui avait, côte à côte avec mon regretté ami Bob Wolstijn, présidé aux premiers pas de la JP d’après-guerre.
Entretemps le jeune juriste d’alors était parti pour Charleroi, dont jusqu’il y a peu je le croyais originaire. Puis pendant de longues années, j’ai recueilli de fréquents échos - entre autres par le « truchement » de Jacques Moins - de la manière entière dont il s’était investi dans la défense des exploité(e)s et des victimes du système. Il a alors suivi un chemin qui s’est bien souvent croisé avec celui de François Collinet, qui avait été quelque temps mon Secrétaire politique après mon passage aux Étudiants communistes, puis mon « correspondant ULB » lorsqu’au départ de la JP, j’avais été chargé de « coordonner » le mieux possible, les activités des cercles et clubs divers regroupant en ordre à vrai dire fort dispersé, les étudiants communistes et/ou « seulement » progressistes dans les Unifs et Hautes Écoles du Nord, du Sud et du Centre du pays.
C’est en repensant à tout cela que je garde (rai) la mémoire de celui qui vient de vous quitter, tout en regrettant de ne pas avoir pu connaître de plus près sa tant chaleureuse personnalité.
Bruxelles, le 13 janvier 2012.

Louis Van Geyt
Ancien président du PCB-KPB
Avenue des Liserons 3/8
1020 Bruxelles
lvgvgl@skynet.be

Écrit par : Van Geyt | 14/01/2012

Merci pour ce salut adressé à la mémoire de notre camarade Jean Evaldre, Louis.
Nous profitons de cette occasion pour t'adresser nos meilleurs souhaits pour 2012.
Pour l'Etincelle
Robert Tangre

Écrit par : Nouvelles | 15/01/2012

Mes meilleurs sentiments à la famille pour surmonter ce triste événement.

Écrit par : DELAUNOIS Xavier | 16/01/2012

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