11/02/2012

Face aux marchés financiers et pour sortir de la crise en Europe, unir la gauche, renforcer les luttes, reconquérir le pouvoir des peuples

 non.jpgAvec les décisions du sommet européen du 9 décembre 2011, avec l'austérité généralisée et la mise sous tutelle des pays membres, l'UE entre dans une nouvelle phase de crise. Les européens ont déjà trop souffert de la crise du capitalisme financiarisé et des impasses de la construction ultralibérale dans lesquelles les traités enferment l'UE. Au service des marchés et sur la base du consensus néolibéral, les dirigeants de l'UE et des gouvernements nationaux continuent à imposer l'austérité pour faire payer aux peuples la crise du système bancaire et financier. En attaquant les droits sociaux, en réduisant les dépenses publiques, en privatisant et en refusant de changer le rôle de la Banque centrale européenne, ils ont fait exploser le chômage de masse et la précarité, augmenté la pauvreté en particulier chez les jeunes et les femmes.


Toutes ces mesures néolibérales étaient inscrites le traité de Lisbonne, approuvé par les libéraux, les conservateurs et les sociaux-démocrates européens. Le poids des dettes publiques s’accroît et l'existence même de la zone euro et de l'UE est mise en question. En Grèce et en Italie, des gouvernements d' « union nationale » composés de la droite et des sociaux démocrates, et incluant même l'extrême droite dans le cas de la Grèce, sont investis sans passage devant les urnes.

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent aller plus vite et plus fort dans leurs politiques au service du capital. Dès le 1er mars, ils veulent imposer un changement déguisé des traités européens, sous la forme d'un « accord international pour une union économique renforcée». Ce texte instaure une centralisation autoritaire des choix politiques au niveau européen, avec la mise sous tutelle des budgets nationaux et la constitutionnalisation d'une « règle d'or » renforcée, une automatisation des plans d'austérité et des sanctions. Il pourrait être adopté sans aucune consultation des peuples. C'est une grave attaque aux souverainetés populaires, les droits des travailleurs et les services publics. Le duo « Merkozy » veut obliger l'UE et ses pays membres à renoncer pour des années au progrès social et se priver des outils permettant une sortie de crise durable.

Le Parti de la gauche européenne rejette ce projet de traité et se prononce pour la tenue de référendums et de consultations populaires dans tous les pays de l'UE.

Par cette dérive antidémocratique et antisociale, ils encouragent les égoïsmes et les peurs, creusant ainsi des sillons pour les forces d'extrême droite, populistes, réactionnaires qui menacent la démocratie et le monde du travail. Ce n'est pas un hasard si d'anciens banquiers sont nommés à des postes clé des gouvernements, si en Hongrie, le mot « République» disparaît du nom officiel du pays, sous l'impulsion du populiste Viktor Orban et si tout indique une montée de ces forces dans de nombreux pays européens.


Le PGE et les partis qui le composent ont été de toutes ces luttes et ont pris clairement position contre cette Europe de l'austérité et la dictature des marchés. Nous avons soutenu et participé aux luttes syndicales dans tous les secteurs d'activité et aux grèves générales, au mouvement des indignés qui ont développé des pratiques sociale alternatives, de participation, de transparence et de solidarité. Nous avons appelé à la construction de fronts de résistances à l'austérité et contribué fortement à la sanction électorale des gouvernements ayant appliqué les politiques d'austérité. Dans certains pays, les partis du PGE subissent la répression et/ou des tentatives « légales » de dissolution fondées sur les amalgames historiquement faux de l'idéologie anticommuniste.

Malgré les obstacles nous avons travaillé des propositions concrètes pour sortir durablement de la crise et changer l'orientation de la construction européenne. Elles suivent trois grands principes partagés bien au delà des forces du PGE.


Pour nous, il n’y aura pas de sortie de crise sans :


- Refuser de l'austérité, promouvoir le développement social et la solidarité des peuples : La création d'emplois et le développement d'outils productifs respectant des critères de qualité en matière de droits sociaux et de protection de l'environnement doivent être une priorité. Les salaires, le niveau de protection sociale et l'ensemble des standards sociaux doivent converger vers le haut.


Les dettes souveraines doivent être restructurées radicalement et des mesures de justice fiscale s'imposent pour que les revenus du patrimoine et du capital contribuent à la défense, au développement et au financement des services publics.


- Soumettre la finance au contrôle démocratique : Les peuples doivent pouvoir réaliser des audits sur les dettes souveraines et définir celles qui doivent être annulées. La BCE doit prêter aux Etats à des taux faibles, pour libérer les investissements publics des marchés financiers. Les peuples doivent avoir la maîtrise du crédit et de la création monétaire, il faut donc un contrôle démocratique des banques, un changement des missions et statuts de la BCE et la création de pôles publics bancaires.


- Sauver et développer la démocratie en Europe : c’est par l’intervention populaire dans toutes ses formes (droit de vote, débat public, référendum, initiative citoyenne européenne) et les parlements nationaux et le parlement européen que doivent être prises toutes les grandes décisions qui engagent l’avenir de l’Europe.


En 2012, de nouvelles étapes sont à franchir. Il nous faut ouvrir des perspectives nouvelles, montrer qu'une Europe, refondée sur des bases sociales, démocratiques et écologiques, est possible. Dans les résistances populaires et dans les propositions des organisations politiques de gauche, syndicales et associatives, dans les réflexions de nombreux intellectuels, les fondements d'une alternative politique se dessinent. Les convergences peuvent s'affirmer à condition de prendre des initiatives qui leur permettent de se concrétiser. Voici venu le temps de mettre nos forces en commun pour riposter.


Nous nous engageons dès maintenant dans la bataille contre la ratification du projet d'accord international « Merkozy » dans chaque pays comme à l'échelle de toute l'Europe. Nous nous battrons pour la tenue de référendums ou de consultations populaires dans nos pays respectifs. Nous suggérons aux parlementaires de nos partis de proposer une résolution commune pour rejeter ce traité dans les parlements nationaux et européen. Nous encouragerons les parlementaires de nos différents pays à multiplier les propositions communes comme l'ont fait les députés de Die Linke au Bundestag et du Front de gauche à l'Assemblée nationale.

 

Nous voulons entamer un dialogue ouvert à toutes les forces politiques, sociales, syndicales, démocratiques, les intellectuels, militants associatifs ; toutes celles et ceux qui résistent à l'austérité et cherchent d'autres solutions à la crise. Quand les dirigeants européens tenteront de faire adopter l' « accord Merkozy », nous proposons d'organiser un « sommet européen alternatif » pour sortir de la crise les 30 et 31 mars prochains.


Nous voulons créer les conditions d'une irruption des citoyens dans les choix politiques européen, leur rendre leurs libertés politiques et leur souveraineté. Nous continuerons à soutenir et participer aux luttes. Comme le PGE l'a décidé lors de son dernier congrès, nous déposerons en mars une proposition d'initiative citoyenne européenne dont le libellé serait le suivant. L'objectif de l'initiative : « combattre l'austérité et les marchés financiers, réorienter l'argent vers le progrès social, permettre aux citoyens de faire entendre leurs propositions par la démocratie ». Et sa demande précise : « un fonds européen de développement social, solidaire et écologique, ou une banque publique européenne exclusivement destinée à faciliter les investissements publics en faveur du développement social et écologique, la promotion des services publics». La présidence du PGE rencontrera les forces européennes qui pourraient coorganiser l'initiative et proposera une liste des premiers soutiens, qui déposeront la demande auprès de la commission européenne. Cette demande sera rendue publique en mars. La collecte des signatures sera lancée par une initiative publique et se déroulera entre mai 2012 et mai 2013.


Plus que jamais, « l'union fait la force » et le PGE prendra ses responsabilités pour qu'enfin, l'Union européenne soit celle des peuples, un acteur pour la paix, la démocratie et la justice sociale dans le monde.


Le Bureau exécutif du Parti de la Gauche Européenne

15:51 Écrit par PC Charleroi dans Actualité, économie, PGE | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Au risque de déplaire... Lettre ouverte. Nous, "simples" citoyens, nous n'en avons jamais voulu de "votre" Union Européenne et de sa clique d'oligarques (européens, nationaux ou locaux), qui ne connaissent pas les réalités de terrain. L'Union Européenne n'est que le fils batard d'une réflexion économique, monétaire, en concurrence des Etats-Unis qui ont répandu le dollard "partout". Maintenant que l'enfant-sangsue est né, on doit se le coller jusqu'à en vomir. Le citoyen "de base", dont je fais partie, n'a que faire des palabres de quelques privilégiés qui ne nous conaissent pas, qui pensent savoir ce dont nous avons besoin et qui le décident entre-eux. On est loin de la démocratie: le peuple n'a plus le pouvoir, c'est un petit groupe d'individus qui le conserve quoi qu'il en coûte à la collectivité. Le "petit" citoyen se préoccupe d'avoir un logement, d'avoir de quoi se chauffer, de pouvoir entretenir l'hygiène sous son toit, de pouvoir se nourrir à sa faim, sans devoir s'endetter, sans devoir mener une chasse aux promos ou aux ristournes et sans devoir regarder en rayon ce qui est le moins cher possible, même si ce n'est vraiment pas bon en bouche. Avant "votre" Union Européenne, nous pouvions satisfaire ces besoins-là sans cette crainte redondante. Depuis cette Europe commerciale devenue incontournable, nous ne le pouvons plus: pour ceux qui ont encore la chance d'avoir un emploi, lorsque le salaire de notre travail nous est versé, il fond comme neige au soleil et au quinze du mois, il ne nous reste que nos angoisses pour tenir jusqu'au mois prochaile coup, pour espérer qu'il y aura assez de provisions jusqu'à la prochaine paie, pour prier que personne ne tombe malade ou que la lessiveuse ne tombe pas en panne. On est loin des soucis de compétitivité et de croissance économique que l'Union Européenne, les gouvernements nationaux et les gouvernements d'autres niveaux de pouvoir nous servent à chaque repas. Descendez de vos trônes, marchez dans les rues, frappez au porte des maisons dans les quartiers populaires et ouvrez grand les yeux!

Écrit par : DELAUNOIS Xavier | 13/02/2012

Erratum: à "tenir jusqu'au mois prochaile coup", il faut lire "tenir le coup".

Écrit par : DELAUNOIS Xavier | 13/02/2012

Combien sont justes tous tes arguments, Xavier.

Écrit par : Nouvelles | 13/02/2012

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