02/04/2012

Jean-Luc Mélenchon au Palais des Sports de Lille le 27 mars 2012

Le PC de Charleroi avait affrété un autocar pour assister au meeting de Jean-Luc Mélenchon. Ce fut un beau moment. Partis de Charleroi vers 16 h et après avoir embarqué les camarades de Courcelles, de La Louvière et Soignies, l'autocar nous dépose devant le Palais des Sports de Lille juste avant l'ouverture des portes. Les organisateurs du meeting ont été obligés de changer quatre fois de lieu d'accueil, tant les estimations du nombre de participants augmentaient en permanence. Le monde s'engouffre dans la gande salle, tandis que les drapeaux rouges balayent l'espace


Ceux qui sont présents en ont eu pour leur espoir. Et pour la rage qu'ils souhaitaient visiblement exprimer. Le candidat du Front de gauche est encore parvenu à faire bouillonner plus de 15.000 personnes massées dans le Grand Palais. Une foule compacte avait été plus ou moins bloquée dehors. Ce qui a fait dire aux organisateurs qu'en tout «23.000 personnes» ont applaudi le candidat de la gauche radicale qui a le vent de «la révolution citoyenne en poupe ».

Dès notre arrivée dans la salle, le service d'ordre
réquisitionnent les délégations belges afin de former la haie d'honneur et accueillir le candidat du front de gauche. L'animatrice, en attendant l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon, procède aux remerciements et nottament la présence des délégations belges dont la FGTB et à notre grande stupeur le Parti du Travail de Belgique. Que vient faire le PTB ici ? Depuis quand, ces maoïstes se revendiquent-t- ils de la laïcité ?

Puis, portés par une vague militante. Martine Billard, députée du Front de gauche du
Nord -Pas-de-Calais et Pierre Laurent, secrétaire Général du Parti Communiste Français suivi de celui que tout le monde attend entrent dans la salle. Ils sont accueillis par un tonnerre de cris et de chants !

Très en forme malgré ses nombreux meetings, puisant son énergie dans son auditoire au fil
de la soirée et d'un discours d'une heure vingt, Jean-Luc Mélenchon, avec gourmandise, n'a pas résisté à la tentation lancer ce qui devient le refrain de sa campagne: «We are very dangerous!». Une référence à l'article du Guardian dans lequel François Hollande, le candidat PS, a assuré que les communistes ne représentent presque plus rien en France, qu'ils ne sont pas dangereux. Dans cette région du Nord qui reste très rouge, le succès était assuré. Mélenchon savait que l'attente était forte aussi, dans ce bassin industriel, d'un discours vigoureux sur l'emploi. Dénonçant ceux qui sont «bouffis de certitudes», qui disent que «rien n'est possible», il a pris par la main les «travailleurs exténués, surexploités» et réconforté la foule plutôt jeune et très réactive: «Ils vous traitent d'assistés mais il n'y a pas d'assistés, il n'y a que des solidaires! Les assistés, ce sont les riches!» «Le peuple est si usé que ça ne peut plus durer», a tonné le candidat, fier d'avoir «déplacé le centre de gravité de ce qui se discute dans cette élection». En réponse, les hurlements d'une foule remontée à bloc.

«Ce que nous voulons, c'est la révolution». Adroit dans l'art de maîtriser son auditoire, il est
parvenu à le faire taire pour quelques explications sur le Parti socialiste. Présumant des réactions des médias -«On va dire que Mélenchon tape sur Hollande, ah ils aiment ça, les bisbilles!»- il a commencé par taper sur «les faiseurs de ragots, les petits qui “chicayatent, caquettent, dindonnent” dans leur coin», en ciblant directement le socialiste Jérôme Cahuzac. Adresse au PS, donc: «Notre ambition, ce ne sont pas les sièges, nous les aurons de toute façon, ce que nous voulons, c'est la révolution». «Ne venez pas nous chercher avec vos histoires, les a-t-il prévenus, soyez respectueux avec la masse du Front de gauche, elle n'est pas à vendre.»

Jean-Luc Mélenchon a ensuite adressé sa critique à François Hollande qui «dit: “le
programme, c'est à prendre ou à laisser”? Très bien, on laisse!». Mélenchon est profondément agacé qu'Hollande refuse de répondre à sa demande de débat, réitérée, depuis des mois. «Je suis devant et j'impose à tous les autres d'en passer par mes *conditions!», l'a-t-il imité

En marge, avant de qualifier Marine Le Pen de «bête malfaisante» face à son auditoire,
Jean-Luc Mélenchon est revenu sur les tueries de Toulouse et s'est réjoui de «la magnifique démonstration de lucidité de notre peuple, pas intéressé par la guerre civile lancée par l'extrême droite». «On a vécu une période extrêmement dangereuse, a-t-il jugé, où tout dérapage était possible.» Et selon lui, «l'échec» de Marine Le Pen «va se traduire dans les urnes». Prochaine démonstration de force à Toulouse le 5 avril, sur la place du Capitole et pour finir Marseille.

Nous sommes rentrés tard la nuit, le coeur gonflé d'espoir de voir enfin disparaître ces
inégalités et injustices imposées à la planète entière par une poignée de possédants. Le cri d'un jeune militant résonnera encore longtemps dans mon esprit. En réponse à Jean- Luc Mélenchon qui s'inquiéte de notre inconfort, il répond « ça fait cinq ans que nous sommes dans l'inconfort, nous pouvons encore attendre un peu, non ! »

Freddy Guidé

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