06/05/2012

Le Front national belge est liquidé !

l'etincelle,le pe,fnAprès 27 ans d’existence, Marine Le Pen met fin à l’aventure frontiste en Belgique !

Ce jeudi 15 mars, la cour d'Appel de Liège a rendu son arrêt dans le procès intenté par la présidente du Front national français contre les derniers «frontistes nationaux» belges. C’est la fin du parcours du FN «canal historique» (fondé en 1985) et ses dissidences dans notre pays. L’extrême droite francophone - sur cette forme (garante d’un succès électoral) - est éliminée des prochaines élections. Une longue traversée du désert s’annonce à nouveau pour elle. Avec son atomisation en prime.


La cour d'Appel de Liège vient de confirmer, ce jeudi 15 mars, un jugement rendu en première instance contre Salvatore Nicotra, conseiller communal frontiste à Fleurus (Hainaut) et dirigeant de l'asbl «Front national belge» (FN), fondée en 1985 par le docteur Daniel Féret pour représenter officiellement en Belgique le courant politique mené alors, en France, par Jean-Marie Le Pen. L’action judiciaire contre la formation politique belge avait été enclenchée par la fille de ce dernier, présidente du FN français depuis le début 2011.


Atomisation de l'extrême droite


Il est désormais interdit aux frontistes belges, sous peine d’une astreinte de 10 000 euros par jour, d'utiliser le nom et le sigle (une flamme tricolore) du parti d'extrême droite français. Cela signifie que le label «FN» belge n'existera plus en Belgique.


Résultat immédiat : les derniers militants et partisans de ce front sont condamnés à la «groupusculisation», à l’atomisation ou à la disparition politique. Des irréductibles se sont déjà repliés sur une nouvelle formation, le parti Démocratie nationale (DN). Conduit notamment par l’ancien député fédéral Patrick Cocriamont (toujours conseiller communal à la ville de Charleroi), celui-ci affirme être le «seul vrai successeur du FN en Belgique». Ce qui est démenti par le désormais ex FN «canal historique» de Salvatore Nicotra qui devrait pour sa part prendre, dans les jours qui viennent une décision, à propos de la poursuite ou non de ses activités politiques. Même cas de figure pour la Fédération des nationalistes wallons (FNW) de l’ancien député FN Charles Petitjean, qui continue d’affirmer contre vents et marées son soutien à Marine Le Pen.


Dans l'ombre, il existe encore en activité divers autres groupes marginaux issus du frontisme, comme le Front démocratique belge (FDB), la Fédération des nationalistes populaires bruxellois (FNPB), la Nouvelle Wallonie Alternative (NWA, successeur folklorique de l'ex-FN «réunifié»), le Nouvel ordre wallon (NOW, petit groupe fantomatique agissant uniquement sur Facebook), la Nouvelle alliance francophone (NAF, mené par un conseiller communal de l’ex-FN dans le commune de Saint-Ghislain, en Province de Hainaut). Le groupuscule Nation n’a pour sa part été capable de recruter qu’un seul frontiste, provenant du clan du FN «réunifié». Ne regroupant qu’une vingtaine d’activistes, selon le dernier rapport de la Sûreté d’Etat, Nation s’était pourtant fortement impliqué dans le FN «réunifié».


Seul le mouvement Wallonie d’Abord, pseudopode de Force Nationale (FNationale, une scission du FN de Daniel Féret), pourrait survivre électoralement. Aux élections régionales de 2009 et législatives de 2010, ce mouvement régionaliste wallon d’extrême droite avait enregistré de relatifs bons résultats.

RésistanceS.be contre le FN

L’élimination du Front national en Belgique a notamment été rendue possible suite aux révélations faites par RésistanceS.be. Le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite a consacré en effet plusieurs enquêtes journalistiques, notamment sur les liens du FN «réunifié» belge avec le groupuscule Nation, d’orientation national-solidariste et lié en France à des mouvements d'extrême droite dissidents, concurrents et hostiles au Front national français en général, à sa présidente en particulier.

Des informations qui auraient sérieusement déplu à Marine Le Pen. Les articles de RésistanceS.be ont ensuite été utilisés par le FN français pour justifier sa rupture, au mois de janvier dernier, avec les frontistes belges du FN «réunifié».


Des voix à capter

Conséquence directe : aux prochaines élections (communales, régionales, législatives...), l'extrême droite frontiste ne pourra y être présente, ni à Bruxelles ni en Wallonie. Ce qui ne pourra que profiter à l’ensemble de la classe politique belge.

Quant aux idées de Marine Le Pen, elles semblent bénéficier d’un certain succès dans nos régions : 10 % des Bruxellois et 12 % des Wallons, s’ils en avaient la possibilité, voteraient pour la dirigeante d’extrême droite à l’élection présidentielle française. Les derniers sondages politiques confirment également la persistance d’un électorat favorable au FN.

Le frontisme national structurel est certes abattu, mais pas ses idées, ses slogans et sa relative assise électorale dans notre pays. Des voix sont donc à prendre. Mais qui tentera et arrivera à les capter ?

La suite prochainement sur RésistanceS.be.

Manuel ABRAMOWICZ

 

11:47 Écrit par PC Charleroi dans Actualité, antifascisme, politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : l'etincelle, le pe, fn |  Facebook |

Commentaires

la dangereuseté est que ne se dévelope un extreme droite fort dans le futur ,si une personne d'envergure de marine le pen arivait en wallonie vu la problematique de l'imigration clandestine dans les grande ville comme charleroi liege mons et bruxelle

Écrit par : BEELEN | 06/05/2012

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