23/05/2012

Fume, c'est du grec...

paul hermant,l'étincelle,fume du grecLa chronique de Paul Hermant

Vous connaissez celle du petit cheval roumain que son propriétaire, trop pauvre, n’arrivait plus à nourrir ? C’est pourquoi il avait décidé de lui donner chaque jour un peu moins à manger. Et je vous asssure, ça a marché : tous les jours un petit peu moins de foin. Ce qui est juste dommage c’est que le jour où il avait appris à ne plus manger du tout, le petit cheval est mort.


C’est vraiment bête, non ?


La chronique de Paul Hermant

Et je ne sais pas pourquoi, mais cette histoire me fait penser à la situation grecque. Enfin si, je pense le savoir… On le voit bien, n’est-ce pas, qu’on leur apprend à manger tous les jours un peu moins, aux Grecs… Le salaire minimum diminué de 22% pour tout le monde et de 32 pour les moins de 25 ans, des fonctionnaires versés dans une réserve de 15.000 personnes appelées à ne toucher que 60% de leur salaire, les médicaments beaucoup moins remboursés, les investissements plubics amputés, des biens d’Etat privatisés…

C’est l’équarrisage pour tous et même aussi un peu pour l’armée, tenue jusqu’ici à l’écart de ces remèdes de cheval.

Le professeur Brugada ne fait pas partie de la Troika qui, à Athènes, s’occupe de sonder les reins de la société grecque.

Non, lui, il s’occupe de sonder les cœurs, il est cardiologue à Jette, et il se demande, on l’apprenait ce matin, s’il est bien raisonnable de continuer à financer des gens décidément irrévérencieux et déviants qui, par exemple, continueraient de fumer après un pontage coronarien…

“Pourquoi encore investir dans des personnes qui se rendent malades ? " se questionnait l’auteur de l’article qui, sur le site de la RTBF, résumait la position du cardiologue.

Et c’est étrange comme cela résonne, comme cela fait un écho bizarre… Sans doute les Grecs ont-ils trop fumé, c’est certain. Les Allemands leur ont suffisamment reproché cette gabegie, eux qui savent apparrement comment vivre avec 400 euros par mois, au prix où sont les cigarettes…

Alors, pourquoi, je vous le demande continuer à investir dans des pays qui se sont rendus malades ? On veut bien encore les opérer, les Grecs, mais à leurs frais et avec leur argent. Et c’est d’ailleurs ce que l’on fait.

La Grèce ouvre ainsi le bal des patients déviants et irrévérencieux qui ont démérité, qui ont failli et que l’on met en quarantaine pour éviter la faillite. Prenez garde que demain, sur votre châlit de douleur, on ne vous prenne pour un Etat grec, aurait dit le petit cheval roumain… Allez, belle soirée et puis aussi bonne chance.
 
Paul Hermant

15:18 Écrit par PC Charleroi dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul hermant, l'étincelle, fume du grec |  Facebook |

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