15/07/2012

Adieu à un homme de gauche sincère.

marcel.jpgMarcel BEYNAERTS, ancien conseiller courcellois (1976-1982) est décédé. Un hommage officiel lui a été rendu par Axel SŒUR, Bourgmestre, lors de l’assemblée du conseil de ce 12 juillet.

Le 14 juillet, c’est notre camarade Robert Tangre, conseiller communal FdG-C qui a été invité à lui rendre hommage lors de la cérémonie des funérailles organisée au temple protestant de Courcelles.


Chère Jacqueline, chers enfants,
Mesdames, Messieurs,


Merci de m’avoir permis de rendre un dernier hommage à Marcel, votre époux et papa, à Marcel, mon ami, mon compagnon de luttes.

Les souvenirs me reviennent, se précipitent. Il y a 32 ans environ, j’ai fait la connaissance de Marcel en tant qu’instituteur de votre fils aîné. Comme Marcel se préoccupait beaucoup de son éducation, de ses études, nous avons commencé cette relation professionnelle qui s’est transformée au cours des mois par une connaissance réciproque et qui s’est renforcée et élargie au fur et à mesure des ans.

Jacqueline et toi m’avez accordé par la suite à nouveau votre confiance lorsque vous avez inscrit vos enfants au groupe de jeunes que j’animais, la défunte Union des Pionniers de Belgique dont les trois grands axes pédagogiques portaient sur la lutte contre le racisme et la xénophobie, la lutte pour l’entente entre les peuples et la paix et enfin déjà la défense de l’environnement. Vous avez participé à l’époque à tous les moments festifs importants que nous organisions. Que de souvenirs joyeux, agréables.

La connaissance réciproque et notre volonté individuelle d’ouverture allaient nous permettre par la suite de nous engager dans des combats communs.

Nos engagements sociaux et surtout syndicaux nous rapprochaient malgré notre appartenance à des syndicaux qui, parfois, s’affrontaient. Le délégué de la CGSP enseignement de Courcelles dialoguait avec le délégué principal de la CNE de la centrale électrique d’Amercoeur. Nos buts étaient communs puisque nous avions à cœur tous deux de nous investir pour aider et défendre tous les travailleurs qu’ils soient manuels ou intellectuels.

Nous nous sommes aussi engagés en parfaite entente dans la solidarité internationale. Nous étions solidaires du Chili et des réfugiés qui fuyaient la dictature du sinistre général Pinochet. Rappelle-toi, Marcel, nous étions tous deux sur le podium lors de l’inauguration du monument Allende en compagnie du regretté Ernest Glinne. Rassemblant toutes les bonnes volontés courcelloises, nous avons fait le porte à porte pour récolter des fonds pour accueillir dans notre commune deux familles d’exilés.

Je me rappelle avec plaisir nos longues discussions autour d’un bon verre de bière lorsque nous refaisions le monde à partir de nos engagements respectifs. La lecture du Drapeau Rouge que je t’apportais les samedis après-midi nous offrait beaucoup de possibilités de débats.

Nous avons aussi parlé de philosophie, de religion, c’était le croyant sincère qui dialoguait avec le non croyant. Et comme me le disait un autre ami avec lequel j’ai beaucoup parlé, le curé de Jumet, Jean Beugnies, il n’y avait pas de différence entre nous car une croyance nous rassemblait: la croyance en l’homme, la défense de ses droits les plus élémentaires, l’esprit de justice sociale et tous les deux nous n’avions qu’un ennemi : la capital financier.

Cette croyance et cette ouverture se sont développées ensuite d’une autre manière la lutte pour défendre les intérêts de nos concitoyens courcellois en nous alliant dans une liste commune regroupant le parti communiste, des socialistes indépendants et le groupe politique des travailleurs chrétiens dont Marcel était membre. Basé sur un programme commun la relation entre les quatre élus de l’époque se fit dans la confiance réciproque totale. Je me permets de rappeler l’excellente relation qui te liait, Marcel, à Georges Glineur, ancien député communiste de Charleroi.

En 1982, le GPTC s’étant dissout entretemps, les membres avaient rejoint en nombre les divers partis ou mouvements régionalistes. Tu ne l’as pas accepté et tu t’es senti trompé, Marcel. Comme tu ne représentais plus alors que ta seule personne, ta conscience ne t’a pas permis de vouloir te représenter à l’élection de 1982. Toutefois, tu n’as cessé de nous apporter ton aide, tes conseils, d’avancer des propositions.

Lorsqu’en 1988, j’ai remplacé notre camarade Glineur, tu m’as beaucoup encouragé durant les 24 années écoulées. La création récente du Front des Gauches qui a remplacé l’Union Communale Progressiste et Wallonne pour la prochaine élection t’a réjoui car une nouvelle étape était franchie comme tu l’avais toujours souhaité par la création d’un parti politique local clairement situé à gauche où chacun entre en laissant de côté son éventuelle étiquette politique personnelle. Tu n’auras pas la possibilité cette fois de nous conseiller à nouveau mais je sais que là où tu te trouves toi, le vrai chrétien, tu penseras à nous.

Tu fus un homme bon, vrai, sincère, honnête, un homme de dialogue et d’ouverture. Je remercie à nouveau ta famille de m’avoir permis de te rendre cet hommage dans ce lieu peu coutumier pour moi où tu as vécu d’intenses moments de fraternité sincère et désintéressée.

Merci aussi à vous, Monsieur le pasteur, pour m’y avoir autorisé.

Au revoir ami Marcel, au revoir mon camarade,

Commentaires

Merci à toi Robert, d'avoir parlé ainsi de Papa. Il était bon et il nous manque atrocement, à maman, à Eliott mon fils, et bien sûr à moi! J'ai perdu mon Papa, mon père, mon ami, celui qui me remettait dans le droit chemin quand j'avais tendance à m'égarer... Il était un Papy exemplaire, et aimait jouer avec Eliott, il lui manque tellement fort!
Il s'est battu jusqu'au bout, malheureusement la mort a gagné... j'en suis tellement triste, je pense que ce n'était pas son heure, il avait encore beaucoup à vivre avec nous :-(

Merci à vous, de vous souvenir de lui...

Écrit par : Beynaerts Cathy | 25/07/2012

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