20/12/2012

Loi anticommuniste en Moldavie

moldavie-carte.pngDepuis le 1er octobre, l’utilisation de symboles communistes comme la faucille et le marteau sont interdits. Le PC moldave, première force d’opposition, dénonce le scandale.

Les libéraux enterrent la faucille et le marteau, les communistes déterrent la hache de guerre. Une véritable guerre des symboles fait rage en Moldavie, cette ancienne république soviétique. Depuis le 1er octobre, la loi adoptée le 12 juillet, condamnant les « crimes du régime totalitaire communiste » en Moldavie et l’utilisation de symboles communistes à des fins de propagande politique, est entrée en vigueur.


Elle a été votée au Parlement moldave par la coalition des partis de droite au pouvoir. Les députés du Parti des communistes de la république de Moldavie (PCRM) avaient préféré quitter l’Hémicycle en signe de protestation. Avec 42 % des voix obtenues lors des dernières élections législatives, le PC moldave est non seulement la première force d’opposition du pays mais aussi le premier parti. Vladimir Voronine, le chef du PCRM, a été président de la Moldavie de 2001 à 2009.

« Cette loi est en réalité une manœuvre pour éliminer de la vie politique le Parti des communistes moldaves », nous affirme le député communiste Grigore Petrenco, de passage à Paris, avant de dénoncer, avant-hier, cette situation au Conseil de l’Europe. À Strasbourg, il a demandé aux représentants de cette institution, créée pour défendre les droits de l’homme sur le continent, d’agir sans tarder. « On peut aimer ou ne pas aimer le communisme, mais on ne doit pas supprimer les activités politiques d’un parti », a-t-il déclaré. Il a d’ores et déjà obtenu le soutien de la Russie qui a dénoncé un « sacrilège ».

Le PC moldave a déposé un recours devant la Cour constitutionnelle mais celui-ci a peu de chances d’aboutir car cette loi n’interdit pas l’existence du Parti communiste. Celui-ci devra « simplement » renoncer à la faucille et au marteau sous peine de s’exposer à des sanctions et de ne pas pouvoir participer aux prochaines élections législatives. Le problème est que le PC moldave recourt massivement à ces symboles « pour attirer les votes des retraités et des nostalgiques des temps anciens », fait remarquer l’Observatoire Balkans et Caucase.

Conséquence de l’application de cette loi, une polémique sur les monuments et les statues de la période soviétique est en train d’enfler. Faut-il les démonter, les regrouper dans un musée, comme l’a suggéré le Parti libéral-démocrate, ou bien les conserver en mémoire de la lutte contre le fascisme ? Une statue de Lénine a déjà été enlevée dans la ville de Riscani. Mais comment détruire ces vestiges si les marteaux sont désormais interdits ?

Damien Roustel (Extrait de l’Humanité)

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La Garde de Fer est de retour.

 

Vitali Kolun, maire de la ville d’Orhei, en Moldavie a légalisé ce 17 décembre 2012 un monument en forme de croix (triple croix ou "grille") symbole de la GARDE DE FER, l’organisation légionnaire fasciste roumaine des années 1930-1940.

 

Cette organisation a organisé des assassinats politiques et pogromes de Juifs. L'antisémitisme de son fondateur Codreanu était particulièrement virulent. 

 


 

L’insigne de la Garde de fer a été adopté par l’organisation unioniste « Nouvelle Droite », qui entend symboliser de la sorte la volonté de réunir la Moldavie à la Roumanie. La « Nouvelle Droite » arbore habituellement la croix celtique.

 

 

Cet événement – la floraison des croix fascistes roumaines en Moldavie – intervient alors que le parlement moldave vient d’interdire les symboles communistes.

 

 

 

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