27/02/2013

Italie:"Les communistes au plus bas depuis 1945 : une alliance tactique qui ne paie pas"

l'etincelle,pdci,refondation communiste,italieFace à ce tableau désolant d'une vie politique italienne en pleine décrépitude, la nécessité d'un Parti communiste italien fort se fait sentir plus que jamais.

Hélas, le choix réalisé par les deux partis communistes italiens (PdCI et Refondation communiste), celui d'un effacement tactique, parrainé stratégiquement par le Parti de la gauche européenne (PGE) ne s'est pas avéré payant électoralement.


Les communistes italiens avaient fait le pari, pour revenir au Parlement, de s'effacer derrière une liste unitaire, avec les Verts et le parti centriste « Italie des Valeurs » du juge Antonio di Pietro, une liste menée par le juge anti-mafia (l'Eva Joly italien), l'intègre Antonio Ingroia.

Après le fiasco de la tentative liquidatrice de l'équipe dirigeante Bertinotti-Vendola en 2008, avec la Gauche arc-en-ciel qui avait ramené les communistes italiens de 9 à 3% et les avaient exclu du Parlement, les communistes tombent encore plus bas.

Avec 2,2% à la Chambre des députés et 1,8% au Sénat pour la « Révolution civile » d'Ingroia, les communistes ne reviendront pas au Parlement. Ils entraînent avec eux le parti centriste « Italie des Valeurs » qui avait réalisé 4,5% des voix en 2008 et obtenu 29 députés.

Partant d'un potentiel de près de 9% en 2008, la liste de la « Révolution civile » d'Ingroia tombe à 2% sur les deux chambres, loin des prévisions des sondages plafonnant pourtant à 4-5%.

Ingroia et les dirigeants de Refondation communistes ont tout de suite dénoncé le blackout médiatique dont a été victime la liste et ont surtout regretté que le PD n'ait pas pris en compte les propositions d'alliance de la coalition, préférant traiter avec Monti : « Bersani a préféré le choix suicidaire de l'alliance avec Monti plutôt que l'alliance avec nous : pourtant nous lui avions proposé mais il n'a jamais répondu », s'est lamenté Ingroia.

Paolo Ferrero, secrétaire de Refondation communiste, a ajouté : « On est resté piégé entre le vote utile de Bersani et le résultat de Grillo : nous avons proposé le dialogue au PD mais la porte est restée fermée ».

Nous avions en février dernier exposé nos doutes sur les choix d'alliances électorales des communistes italiens, nos camarades du PdCI avaient désiré défendre une alliance qu'ils percevaient indispensable pour sauver une représentation parlementaire.

Les choix tactiques hésitant de nos camarades ont suscité le débat en Italie. Après de nouveau revers électoral, ils continueront sans nul doute à faire débat de l'autre côté des Alpes. Les communistes italiens sont les seuls à juger de leurs orientations stratégiques et tactiques.

En tout cas, en Italie comme ailleurs, plus que jamais le peuple a besoin d'un Parti communiste à la hauteur de notre temps pour mener la lutte contre les politiques au service du capital, contre ceux qui les mettent en œuvre à « gauche » et ceux qui tentent de récupérer la colère populaire pour la conduire vers de dangereuses impasses.

 

Commentaires

Cet échec sans appel doit être comparé avec les récents succès de partis n'ayant pas rejeté leur étiquette propre pour se présenter aux électeurs. Nous pensons aux camarades tchèques, ukrainiens, moldaves, autrichiens (à Lidzt) dont l'Etincelle a publié les résultats électoraux remrquables. Je ne suis pas convaincu non plus que la décision du PCF d'abandonner le symbole de la faucille et du marteau, sous prétexte de modernisme, soit judicieuse. Je ne vois pas bien ce que l'on gagne à mettre son drapeau en poche

Écrit par : hauwaert | 27/02/2013

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