18/06/2013

« Taboo » contre l’extrême droite

zouzou.jpgThomas LEODET

Zoé a raconté son histoire à un petit groupe d’étudiants carolos.

CHARLEROI - Samedi, un petit groupe d’étudiants est venu au centre Taboo pour écouter Zoé Blusztejn, qui leur a raconté son itinéraire d’enfant juif caché.


Pour Zoé Blusztejn, la guerre éclata comme un orage, de façon inattendue. Du haut de ses huit ans, la fillette gâtée par ses parents ayant fui la Pologne antisémite dix ans plus tôt contemple béatement par un matin les bris de vitres de sa maison.

Elle est loin de se douter qu’à 300 mètres de chez elle, une bombe vient d’anéantir une famille, et croit aisément ses aînés voulant lui masquer la triste vérité. Ce sera le début d’un long périple qui la mènera aux quatre coins du pays tandis que sa famille tout entière allait être victime des rafles multiples. «Un jour, mes parents m’ont envoyé à l’école et m’ont mis l’étoile jaune sur mon vêtement. Je revois encore l’institutrice chuchoter quelques mots à l’oreille de la directrice qui me l’a immédiatement enlevée, présageant le pire. Je l’ai portée en tout et pour tout vingt minutes dans ma vie», expose l’octogénaire à des étudiants venus l’écouter samedi dernier lors de son passage au centre Taboo.

Cachée de couvents en maisons particulières, Zoé conserve des souvenirs précis de cette enfance bouleversée, même si elle revendique aujourd’hui n’avoir jamais souffert. «Le jour de mes dix ans, une grande fête avait été organisée et je m’étonnais de voir énormément d’adultes. Plus tard, j’ai appris que cette fête était prétexte à une réunion de résistants dont mes parents faisaient partie», ajoute Zoé dite Zouzou.

C’est sur dénonciation qu’un jour de mai 1944, elle allait être définitivement séparée de son père, emmené à Malines puis à Auschwitz.

La crise, terreau du fascisme

Aujourd’hui domiciliée à La Louvière, Zoé est une militante communiste convaincue qui n’oubliera jamais les douleurs provoquées par la montée du nazisme. Si elle raconte volontiers ce douloureux chapitre de sa vie, c’est avant tout pour éviter qu’un tel désastre ne se reproduise. «La crise de 1929 a engendré les mouvements fascistes que l’on a connus avec Hitler et Mussolini notamment. Il ne faut pas que les nouvelles générations tombent dans le même piège alors que de nouvelles vagues extrémistes se propagent dans différents pays», dit Zoé.

Antoine Thioux, coordinateur de Taboo, confirme ce point d’attention en organisant un cycle thématique de mise en garde contre l’extrême-droite : «La rencontre avec Zoé s’inscrit dans ce cadre. Nous continuons à être victime de menaces et de dégradations de nos murs par des groupes d’extrême-droite dont certains faisaient partie des listes électorales. Heureusement, ces partis, même s’ils sont représentés dans nos régions, manquent de vrais leaders actuellement», dit le coordinateur.

La jeunesse, quant à elle, aura été marquée par cet après-midi du souvenir

 

14:38 Écrit par PC Charleroi dans Amour, antifascisme, histoire, PCWB | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour,

Article dans l'air du temps et classique à la fois!

De toute manière en 2013 le terme "extrême droite " ne veut plus rien dire car il est tellement mis à toute les sauces.

Écrit par : Ludovic | 16/11/2013

Un peu d'indulgence SVP pour cette vieille dame d'origine juive qui est allée de son passé aux jeunes du Centre Taboo

Écrit par : webmaster | 16/11/2013

Mon mail me dit qu'il y a un nouveau commentaire mais où est-t-il?

Écrit par : Ludovic | 16/11/2013

Ha c'était un bug de mon ordi.

Je lis beaucoup d'articles et à force je m'aperçois que ça tourne souvent en rond et on accuse toujours les mêmes pendant que d'autres font leur nid tranquillement.

Il est toujours bien de parler du passé mais souvent les contextes diffères.

J'ai lu que Zoé est antifas et pourtant les antifas ne bougent que si il y a presse à la porte.

Écrit par : Ludovic | 16/11/2013

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