01/10/2013

A propos du règlement sur la mendicité et discussions

l'étincelle dampremy,malika el bourezgui,mendiants,charleroiNous ne remettons pas en cause le fait que la mendicité puisse causer un éventuel préjudice aux commerçants ou à l’image de notre ville.  Ce que nous dénonçons, c’est l’aberration de ce projet de règlement sur la mendicité qui se focalise sur les conséquences et pas les causes ainsi que son inapplication ne fut-ce que par la surcharge de travail qu’il va occasionner aux services de police déjà déforcés face à leurs missions premières.


De nouveau, vous recommencez l’aberration de février 2009.

Votre nouvelle proposition de règlement sur la mendicité soulève toujours des problèmes juridiques et politiques.

En effet, quel est le sens de sanctionner des mendiants d'une amende si par définition, le mendiant n'a pas de quoi assurer sa subsistance sinon au jour le jour ?

Quel est le sens de saisir l’argent de la mendicité pour le restituer ensuite ?

Dans les procédures de saisie, en général, la loi prévoit de ne pas saisir au-delà du minimum vital pour vivre. Alors comment juridiquement justifier la saisie de quelques monnaies chez un mendiant d’une extrême précarité qui n’a même pas le minimum pour survivre ?

Ce projet de règlement ne porte-t-il pas atteinte à la liberté de circulation sur le motif de l’extrême précarité finalement ?

Pour les forces de police, comment appréhender un mendiant passif et pacifique, les mains dans les poches, espérant la charité ? De quoi doit-il être accusé ? De l’image pas belle et angoissante qu’il nous renvoie de l’échec de nos politiques, de nos sociétés ? 

Quel est le sens d’une arrestation administrative pour certains mendiants qui sont sans foyer ni refuge même en période de grand froid, gel, fortes pluies ou chaleur ?

Vous déclarez que le but n’est nullement de sanctionner la mendicité mais plutôt de punir ceux qui exploitent la mendicité d’autrui.  Je ne vois rien dans votre projet de règlement qui s’attaque vraiment à la mendicité organisée et l’exploitation des plus démunis.

Bien au contraire, le risque est que ce soit justement les réseaux de mendicité organisée et structurée qui s’adaptent le mieux à ce nouveau règlement compte tenu de leur facilité de mobilité et d’adaptation.

Regardons ce qui se passe ailleurs.  A Genève, la mendicité a été interdite et considérée comme infraction pénale.  Depuis, l’expérience de Genève, comme d’autres villes,  a montré que l’interdiction de la mendicité ne sert à rien. La mendicité n’a pas diminué mais son interdiction entraîne des coûts considérables pour les contribuables, tant en termes de personnel de police que de frais administratifs et judiciaires.

Bien sûr, il faut aussi entendre les préoccupations de certains citoyens par rapport aux dérives d’une certaine mendicité et tenter de trouver des solutions les plus justes possible.  Alors au lieu d’ajouter un règlement spécifique à la mendicité, disproportionné et stigmatisant pour cette population, ne serait-il pas plus acceptable d’amender le règlement de Police qui régit déjà la vie en collectivité en y précisant ou insérant quelques règles en matière de mendicité, comme par exemple :

L’interdiction de demander l'aumône de manière insistante, intimidante, de gêner, voire d’agresser les passants ainsi que de troubler l’ordre et la tranquillité publique ou entraver la circulation et les carrefours.

L’interdiction d’utiliser la présence d’enfants ou de personnes handicapées pour faciliter la mendicité.

L’interdiction de mendicité à proximité de tout distributeur d’argent, d’horodateur ou autre distributeur de billet de transport.

Au-delà de ces mesures, il est impératif également d’investir davantage dans l’humain et dans des politiques sociales plus adaptées.  Notre ville a besoin, par exemple, d’un renfort d’éducateurs de rue pour recréer du lien social dans le respect des règles de vie commune et de cohabitation, ainsi que de plans d’accompagnement adaptés aux nouvelles réalités complexes de la grande précarité.

Aujourd’hui, votre majorité communale PS, MR et CDH crient aux loups et veut déplacer les plus pauvres alors que vos partis ont adhéré à la réforme socio-économique qui a conduit et conduira encore des milliers d’individus à l’exclusion du chômage et à l’extrême pauvreté. Réforme socio-économique qui va encore sortir ses pleins effets dans les années à venir tandis que les CPAS ne sont plus en capacité de répondre à la pauvreté croissante.

Vraiment, ne vous précipitez pas et prenez le temps de la réflexion pour trouver des solutions plus justes et obtenir l’adhésion la plus large.

Malika El Bourezgui, conseillère communale ECOLO, membre du Parti communiste

Voici la réponse du Collège communal de Charleroi

 

« Notre intention n'a jamais été de stigmatiser, ni d'interdire la mendicité, ni de chasser qui que ce soit; notre intention a toujours été de mettre tous les moyens possibles et imaginables en œuvre pour lutter contre la pauvreté », devait répliquer le bourgmestre Paul Magnette. « Et Charleroi- son budget le montre tous les ans- y consacre- plus qu'aucune autre ville, des moyens considérables ». Alors pourquoi revoir ce règlement mendicité? « Ce n'est pas quelque chose que nous faisons de gaieté de cœur, mais quand la pauvreté s'enracine dans des quartiers très déterminés, à la fois cela pose problème en matière de coexistence et contrecarre les possibilités d'émancipation. Nous avons cherché à trouver des règles qui soient à la fois claires, simples et compréhensibles et praticables pour tout le monde. Au vu de ce qui se fait ailleurs, il nous est apparu que celui-ci était le moins mauvais, le moins mal adapté à la situation sociale et géographique de Charleroi. Nous évaluerons ces règles parce que nous n'avons pas d'œillères ni d'obstination. S'il devait faire apparaître des problèmes ingérables, nous pourrons le faire évoluer, » conclut le maïeur.

Ne pas chasser qui que ce soit, mais au contraire favoriser le mieux vivre-ensemble, c'est bien un des objectifs de ce nouveau règlement selon l'échevine Véronique Salvi, qui a présidé au travail en amont. Effectué avec les acteurs de terrain réunis au sein du Comité d'accompagnement- une première en Wallonie- dont elle a félicité l'investissement. « Comme je m'y suis engagée, ce comité aura à nouveau une réunion durant le mois de septembre et ensuite mensuellement de façon à voir comment ce règlement évoluera. S'il doit être adapté, il le sera. » Le travail de ce comité viendrait en parallèle avec celui du CPAS où, là aussi, on le sait, on a promis un renforcement des mesures sur le terrain de l'accompagnement social notamment. « Un table ronde sera lancée le 18 septembre; nous sommes bien conscients au CPAS qu'il doit y avoir une augmentation du nombre de SDF pouvant bénéficier d'un projet individualisé d'intégration sociale, et donc, du même coup, du RIS isolé plus favorable financièrement » conclut pour sa part le président Eric Massin. Le projet de règlement a été approuvé majorité contre opposition et il sortira donc ses effets au 1er octobre prochain.

 

 

 

 

 

Commentaires

Il faut faire attention aux mendiants escrocs.

Comme ceux qui rôdent près des feux rouges.

Où les amputés dans une chaise roulante et dessus d'une marche en pierre.


Tout ces gens sont des exploités!

Écrit par : Ludovic | 18/11/2013

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